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Les Communes blâment Air Canada pour les primes versées à des dirigeants

Xavier Barsalou-Duval parle debout à la Chambre des communes.

Xavier Barsalou-Duval, ici en février dernier à la Chambre des communes, a déposé la motion blâmant Air Canada.

Photo : Radio-Canada / Justin Tang

Radio-Canada

La Chambre des communes a condamné jeudi la décision de la haute direction d’Air Canada de s’attribuer des primes totalisant 20 millions de dollars, dont la moitié a été déjà versée.

La Chambre des communes a adopté une motion déposée par le porte-parole du Bloc québécois en matière de transports, Xavier Barsalou-Duval, demandant expressément que [la] Chambre dénonce la décision de la haute direction d’Air Canada de s’attribuer des primes de 20 millions de dollars alors que la compagnie a reçu près de six milliards de dollars en aide publique.

Le Bloc québécois a exhorté par ailleurs le premier ministre Justin Trudeau à exiger le remboursement et à bloquer l'aide de près de six milliards accordée à Air Canada d'ici là, pouvait-on lire sur le compte Twitter du député bloquiste.

Rappelons que sur la somme de 20 millions de dollars en primes que le conseil d'administration d'Air Canada a approuvée, la moitié a déjà été octroyée à des gestionnaires admissibles de l'entreprise.

L'annonce, cette semaine, de l'existence de primes de motivation et d'options d’achat d’actions spéciales (stock options) pour les gestionnaires d’Air Canada a suscité l’indignation des partis d’opposition à Ottawa, mais aussi de plusieurs syndicats.

Cette information, qui a été rendue publique lundi dans un rapport destiné aux actionnaires de la compagnie aérienne, n'a pas tardé à être dénoncée par le syndicat des agents de bord d’Air Canada. Le syndicat a alors rappelé la mise à pied en 2020 de plus de la moitié des 21 700 employés, sans subvention salariale fédérale, sans compter les pertes financières de cinq milliards de dollars.

Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a notamment exhorté mardi les dirigeants d'Air Canada à rembourser ces bonis ignobles et indécents, tandis que le chef du Parti conservateur Erin O'Toole a déclaré qu'il n'est pas approprié d'utiliser l'argent des contribuables pour les salaires des dirigeants dans le secteur privé.

Le député libéral Pablo Rodriguez a également demandé à la compagnie aérienne de rendre des comptes et de revenir sur sa décision.

Prudent, le ministère des Finances a renvoyé la balle à la compagnie aérienne en rappelant que le soutien apporté à Air Canada par le biais d’un prêt CUGE indique clairement les limites à la rémunération des dirigeants.

Le prêt fédéral dans la ligne de mire

Mercredi, Justin Trudeau a qualifié la situation d’inacceptable et a déclaré que les Canadiens étaient en droit de demander des explications solides à la plus grande compagnie aérienne au pays.

Le premier ministre s'est notamment dit choqué de voir que tandis qu'Air Canada était en train de négocier ses contrats avec nous, Air Canada donnait des bonis énormes aux cadres.

Pourtant, la ministre des Finances Chrystia Freeland a évité de se prononcer sur ce dossier pendant 24 heures après le dévoilement de la nouvelle. Ce n’est que devant l’insistance des médias qu’elle a fait part de sa déception, qualifiant la décision d'Air Canada d'inappropriée.

Je dis ça en tant qu'une des actionnaires principales de la compagnie, à la suite du plan de sauvetage du gouvernement, a-t-elle spécifié. Néanmoins, la ministre Freeland ne compte pas exiger de remboursement.

En avril, Ottawa a accordé plus de cinq milliards de dollars en prêts remboursables à Air Canada. Ce plan de sauvetage comprend des limites sur la rémunération des dirigeants à l'avenir. En effet, la limite sur les dividendes et les rachats d’actions entre en vigueur au moment où l’entente a été conclue, et ce, jusqu’à 12 mois après que le prêt eut été remboursé.

Air Canada a par ailleurs bénéficié de 656 millions de dollars en 2020 du programme de subventions salariales d'urgence du gouvernement fédéral, ce qui représente le montant le plus important divulgué publiquement par une entreprise.

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