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Maison des aînés sans résidents avec déficiences : Lorraine Richard fait réagir

Une maquette.

Un aperçu de ce qu'auront l'air les futures Maisons des Aînés du gouvernement Legault (archives).

Photo : MSSS

Félix Lebel

Les propos de la députée péquiste Lorraine Richard, qui milite contre l’intégration des personnes vivant avec une déficience intellectuelle dans les futures Maisons des aînés, soulèvent des questionnements dans la communauté.

La députée de Duplessis affirme que la clientèle gériatrique n’est pas compatible avec celle des personnes qui vivent avec un handicap intellectuel.

Mme Richard a notamment dénoncé le fait que des personnes handicapées allaient partager des aires communes avec des personnes âgées dans la future Maison des aînés de Havre-Saint-Pierre.

Une idée « dépassée »

Le professeur en psychoéducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Martin Caouette, rejette le raisonnement de Mme Richard.

Le titulaire de la Chaire de recherche sur l’autodétermination et le handicap considère que les bénéfices pour les deux clientèles sont multiples et bien documentés.

Le fait de pouvoir interagir avec toutes sortes de personnes, comme on fait vous et moi au quotidien, ça donne la chance de vivre de nouvelles expériences et d’être stimulé. Sur le plan de la santé également, quand on pense à une personne qui est à une étape de la vie où il y a une perte d’autonomie, le fait d'interagir avec différentes personnes, ça va être nécessairement positif et sain, explique Martin Caouette.

Selon ce dernier, les types de soins offerts dans les milieux de vie de longue durée comme les Maisons des aînés peuvent répondre aux besoins des personnes vivant avec un handicap intellectuel et améliorer leur qualité de vie.

Ce genre de discrimination là, ça fait en sorte qu’on ne permet pas aux personnes d’avoir accès aux meilleurs services et de se développer.

Une citation de :Martin Caouette, professeur en psychoéducation à l’UQTR

La cohabitation entre ses deux clientèles soulève toutefois l’enjeu du manque de ressource en habitation adaptée selon lui.

Un constat que fait aussi la directrice de l’Association des handicapés adultes de la Côte-Nord, Stéphanie Jourdain, qui rejette l’idée de séparer à tout prix les clientèles.

C’est correct d’avoir réservé des places pour les personnes handicapées qui sont en manque de services, parce que des vides de services, il y en a , déclare-t-elle.

Des employés d'un CHSLD utilisent un lève-personne pour soulever un résident.

Les Maisons pour aînés peuvent répondre à un besoin en logements adaptés dans la région selon l'Association des handicapés adultes de la Côte-Nord (archives).

Photo : Radio-Canada

Mme Jourdain espère toutefois que les soins vont être adaptés selon les types de handicaps, qui peuvent varier considérablement.

Dans les résidences, on se rend compte que les besoins pour les personnes avec une déficience physique et intellectuelle ne sont pas les mêmes. Il y a des gens qui doivent être plus stimulés cognitivement et d’autres, qui au niveau physique, doivent bouger plus. Les services sont différents d’une personne à l’autre, soutien Stéphanie Jourdain.

Elle pense notamment aux victimes d’accidents de la route, qui vivent avec un traumatisme crânien.

Selon elle, même s’ils sont adultes, leur jeune âge doit être pris en considération dans le type d’accompagnement auquel ils auraient droit dans ces futurs milieux de vie.

Ces personnes-là commencent leur vie. Ils ne sont pas en fin de vie, et ont besoin d’être accompagnés, de vivre des choses comme les jeunes de leur âge. Oui, ils demandent beaucoup de soins de santé et c’est pour ça qu’ils sont dans ces établissements-là, par contre ils ont besoin d’une vie adaptée à leur âge .

Un panneau de stationnement pour personnes handicapées.

L’association représente les personnes handicapées qui vivent notamment avec une déficience intellectuelle, un spectre de l’autisme ou des traumatismes crâniens (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

En absence de solution, Mme Jourdain croit toutefois que la cohabitation est possible et qu’à plusieurs niveaux, les soins apportés sont similaires, indépendamment de la clientèle.

Pas de commentaires

Face aux réactions qu’ont suscitées ses récentes déclarations, Lorraine Richard ne se rétracte pas. Elle a réitéré, sur sa page Facebook, son appui à l’intégration des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société.

Dans son message, la députée ajoute que pour le bien de tous, nous devons veiller à offrir à chaque personne la place qui lui convient le mieux .

Lorraine Richard n’a pas souhaité répondre aux questions de Radio-Canada.

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