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Les Premières Nations du traité no 6 tournent le dos au gouvernement Kenney

La Confédération des Premières Nations du Traité no 6 représente 50 communautés des Prairies.

Jason Kenney.

La Confédération des Premières Nations du Traité 6 a fait part de sa décision au Cabinet Kenney le 12 mai.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

La Confédération des Premières Nations du Traité no 6 a se rétire d'un protocole d'entente qu'elle avait signé avec le gouvernement conservateur uni de l’Alberta, évoquant des prises de décisions unilatérales.

La décision a été annoncée publiquement mercredi, après que le premier ministre Jason Kenney se fut prononcé sur les demandes de suppression de noms de personnages liés aux pensionnats autochtones des édifices publics, une pratique qu’il associe à la culture du bannissement.

« Juste au moment où nous pensions que nous vivions des actes de réconciliation, le premier ministre contredit tous les efforts visant une entente. »

— Une citation de  Extrait du communiqué de la Confédération des Premières Nations du Traité no 6

Propos insensibles, selon la Confédération

En se prononçant sur cette question, Jason Kenney a indiqué que le fait de bannir ces figures historiques ne répond pas à sa vision de la réconciliation.

Si nous voulons bannir chaque figure de notre histoire qui a eu des positions que nous jugeons maintenant répréhensibles, alors c'est essentiellement la majorité de notre histoire que nous effaçons, a-t-il déclaré mardi.

La diatribe du premier ministre était particulièrement insensible, surtout à la suite de la découverte d'un charnier à Kamloops, en Colombie-Britannique, a répliqué le grand chef de la Confédération du Traité 6, Vernon Watchmaker.

[Cela] confirme que les chefs du Traité no 6 ont pris la bonne décision de dissoudre le protocole d'entente conclu entre la Confédération des Premières Nations du Traité no 6 et le gouvernement de l'Alberta, a statué l’organisme.

Déception de la province

La province se dit déçue de la tournure des événements, mais affirme qu’elle continuera de travailler avec les toutes les Premières Nations, qu’il y ait ou non un protocole.

Cela a été une surprise lorsque la Confédération nous a informés, il y a des semaines, qu'elle se retirait unilatéralement de l'accord sans avertissement ni communication préalable, a déclaré la porte-parole du ministre des Relations avec les Autochtones, Adrienne South.

La Confédération représente 50 Premières Nations des Prairies. Le protocole a été signé en décembre dernier afin que les deux parties puissent travailler ensemble sur un éventail de préoccupations communes, notamment en lien avec la santé, les terres, les ressources et l'éducation.

Le gouvernement de l'Alberta a conclu cet accord de bonne foi, avec l'idée de travailler ensemble dans un esprit de respect et de partenariat pour faire avancer nos priorités sociales et économiques communes, a poursuivi Mme South.

« Nous continuerons de travailler avec le grand chef pour trouver une solution qui soit bonne pour nous tous. »

— Une citation de  Adrienne South, porte-parole du ministre des Relations avec les Autochtones

Au moment d’écrire ces lignes, Radio-Canada n’a pas pu confirmer avec le grand chef les détails des décisions jugées unilatérales.

Dans son communiqué, la Confédération dit toutefois qu'elle a été consternée lorsque Jason Kenney s’est prononcé avec la même logique sur le changement de nom de l'école calgarienne portant le nom d'Hector-Louis Langevin, un père de la confédération considéré comme un architecte du système des pensionnats.

Un retour en arrière, juge l’opposition

Le porte-parole de l'opposition néo-démocrate, Richard Feehan, a déclaré que les remarques et les actions de Jason Kenney ont retardé des années de travail acharné. Ils les jugent particulièrement nuisibles à la lumière de la découverte de Kamloops.

Il ressort clairement de la déclaration du grand chef que le gouvernement Kenney n'a pas collaboré avec les Premières Nations du Traité no 6 depuis un certain temps, a-t-il déclaré.

Jason Kenney a réitéré ces remarques mercredi dans un échange avec Richard Feehan durant la période des questions.

Nous pouvons tous nous unir pour condamner le grand mal moral du système des pensionnats autochtones, a-t-il déclaré. En même temps, je ne pense pas que reconnaître ce mal exige que nous supprimions de notre histoire un grand nombre des figures centrales de l'histoire canadienne.

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