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200 millions $ pour créer des places en garderies en milieu familial

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Un enfant qui tient des blocs Lego dans ses mains.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

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Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, annonce une série de mesures, totalisant près de 200 millions de dollars sur 5 ans afin de favoriser la création de places en garderies familiales.

Un montant forfaitaire de 3500 $ sera offert aux personnes qui veulent devenir responsables d’un service de garde en milieu familial (RSG). Elles devront s’engager à offrir le service pendant au moins un an.

Ce montant pourra notamment servir à l’achat d’équipements.

Le ministère de la Famille compte également offrir une subvention pouvant aller jusqu’à 6000 $ aux RSG qui offriront 9 places. Cette somme leur permettra, selon Mathieu Lacombe, de compenser les dépenses additionnelles, en particulier l’embauche d’une personne assistante.

Un montant forfaitaire annuel de 3000 $ sera aussi versé pendant les 2 prochaines années aux RSG ayant maintenu au moins 6 places subventionnées durant une année complète d’ouverture.

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Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe

Photo : Radio-Canada

Sommes cumulatives

Ces montants seront cumulatifs pour les RSG qui répondront à plusieurs critères.

C'est majeur. À la fin de l'année, c'est une augmentation de leurs revenus qui est très, très, très importante, affirme Mathieu Lacombe.

Le ministre dit se concentrer sur les garderies en milieu familial notamment parce que les nombreuses fermetures, dans les dernières années, ont grandement contribué à allonger la liste d’attente pour une place en garderie.

Pertes de places

Depuis 7 ans, le nombre de garderies en milieu familial est passé de 15 607 à 11 121 au Québec. Cela représente environ 4000 places de moins par année dans le réseau.

C'est comme si on avait l'équivalent d'un gros CPE par semaine qui ferme ses portes, depuis 364 semaines. C'est majeur et je vous dirais que c'est ce qui explique en très grande partie le bond qu'on a vu sur la liste d'attente, illustre Mathieu Lacombe.

Ratios modifiés

Certains allègements administratifs seront consentis aux responsables de services de garde en milieu familial.

Les enfants de neuf ans et moins de la propriétaire de la garderie ou de son assistante ne seront plus comptabilisés dans le ratio, s’ils sont présents uniquement durant de courtes périodes de la journée.

D’autres mesures seront aussi mises en place.

C'est un chantier qui est déjà commencé. Il y a une période de consultations qui est en cours. J'invite tous les partenaires à contribuer pour voir comment on peut redéfinir la relation entre les RSG et l'État québécois, mentionne Mathieu Lacombe.

Garderies non reconnues invitées

Le ministre de la Famille invite aussi les propriétaires de garderies familiales non reconnues à faire partie du réseau.

Revenez dans notre réseau. Revenez dans le réseau régi. Vous savez pour la plupart que vous faites du bon travail. Je sais que pour beaucoup, vous avez même une formation. Vous aurez droit au 3500 $ de démarrage, assure le ministre de la Famille.

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Des parents ont manifesté devant l'édifice de l'Assemblée nationale pour réclamer des places en garderie.

Photo : Radio-Canada

Insuffisant

Pour les parents qui sont en attente d’une place depuis des mois, voire parfois des années, c’est un pas dans la bonne direction, mais c’est loin d’être suffisant.

Des parents manifestaient jeudi matin devant l’édifice de l'Assemblée nationale, à l’invitation du mouvement #Ma place au travail.

Le besoin est criant, le besoin est maintenant, aussi. C'est beau, des annonces pour dans un an, deux ans, trois ans. On les prend toutes, mais c'est maintenant qu'on a besoin d'aide. Les parents contraints de rester à la maison ont aussi besoin d'aide financière, affirme une mère présente avec son fils à la manifestation, Alexandrine Cardin-Dubé.

Elle rappelle que les besoins sont grands et qu’ils ne touchent pas uniquement la garde en milieu familial.

Il y a plus de 51 000 parents qui attendent sur les listes d'attente pour avoir une place pour leur enfant. Il manque de places en garderie, en milieu familial et en CPE, lance Alexandrine Cardin-Dubé.

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Véronique Hivon, députée péquiste de Joliette

Photo : Radio-Canada

Des députés des partis d’opposition étaient aussi présents en appui aux parents. La porte-parole en matière de famille du Parti québécois, Véronique Hivon, salue l’annonce.

Elle croit toutefois qu’elle arrive tard et qu’il faudra davantage pour résorber le problème.

Le ministre a frappé le mur, faute d'actions, et là c'est comme si on voit les briques s'accumuler et le ministre regarde ça avec des petites mesures homéopathiques. Ça prend un plan plus costaud, des places concrètes et un rattrapage salarial massif pour les éducatrices, lance-t-elle.

Pénurie de personnel

La création de nouvelles places en milieu familial pourrait nécessiter l'embauche d’assistantes.

Or, des CPE un peu partout dans la province sont régulièrement en rupture de services, en raison de la pénurie de personnel.

C'est commencé dans notre région. Les directions sont nombreuses à avoir préparé des plans pour des bris éventuels. On a un service de remplacement. Elles nous appellent désespérées pour obtenir des remplacements, mais on n'est pas capables de répondre à la demande actuellement, illustre la directrice générale du Regroupement des centres de la petite enfance des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, Élise Paradis.

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ) a sondé ses 13 000 membres et 23 % des répondantes affirment que leur CPE a dû refuser des enfants en raison d’un manque de main-d'œuvre au moins une fois dans la dernière année.

Conditions peu attrayantes

Les conditions salariales sont peu attrayantes, disent plusieurs éducatrices, qui songent à changer de domaine. Les inscriptions à la formation collégiale sont aussi en baisse.

Un sondage du mouvement Valorisons ma profession, réalisé auprès de 3669 éducatrices québécoises, révèle que 47 % des éducatrices songent à changer de métier d’ici trois ans.

Des données du ministère de la Famille démontrent que le nombre d’inscriptions au programme de techniques d’éducation à l’enfance a diminué de 23 % entre 2016 et 2020.

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