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Le danger posé par le variant Delta

Des cas de ce variant plus contagieux ont été confirmés en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, notamment.

Rangée de tubes avec des cotons-tiges à l'intérieur.

Des cas du variant

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le variant B.1.617, détecté au départ en Inde, risque de devenir « prédominant » dans le Grand Toronto d'ici quatre semaines, selon le médecin hygiéniste de la région de Peel.

L'Organisation mondiale de la Santé l'a classé comme « préoccupant », entre autres parce qu'il est plus contagieux que le coronavirus traditionnel et pourrait aussi être plus virulent.

Le premier ministre ontarien Doug Ford a évoqué mercredi le risque de flambée de cas de COVID-19 liée à ce variant pour justifier sa décision de garder les écoles fermées jusqu'en septembre prochain.

Selon l'estimation du Groupe ontarien pour le consensus en matière de modélisation et de conseils scientifiques, le variant B.1.617 représente maintenant 23 % des nouveaux cas de COVID-19 en Ontario.

Le mathématicien Troy Day de l'Université Queen's, qui fait partie de ce groupe d'experts qui conseillent la province, raconte que le B.1.617 est en train de remplacer le variant B.1.1.7 (identifié à l'origine en Grande-Bretagne) qui a mené à la troisième vague en Ontario.

La situation actuelle est très similaire à celle qui prévalait plus tôt cette année avec le B.1.1.7. C'est une course contre la montre pour faire augmenter le taux de vaccination avant que le B.1.617 ne se répande trop. Il y a de l'espoir, néanmoins, parce que la vaccination est beaucoup plus avancée maintenant.

Une citation de :Troy Day, professeur à l'Université Queen's de Kingston

Le Dr Lawrence Loh, le médecin hygiéniste de la région de Peel en banlieue de Toronto, presse le gouvernement provincial d'offrir les deuxièmes doses le plus rapidement possible et de songer à distribuer plus de doses dans les points chauds comme sa région.

Même son de cloche de la part de la mairesse de Mississauga, Bonnie Crombie. La région de Peel reçoit seulement 9 % des doses dans la province, alors que nous avons plus de 20 % des infections en Ontario, dit-elle.

Le Dr Loh souligne qu'une simple dose de vaccin offre une protection de seulement 33 % environ contre le variant B.1.617, mais que deux doses semblent être efficaces, selon les données recueillies jusqu'à maintenant.

On voit la tempête qui s'en vient et on sait qu'elle va frapper la région de Peel au cours des prochaines semaines. Il faut agir rapidement avec les deuxièmes doses.

Une citation de :Dr Lawrence Loh, chef de la santé publique de la région de Peel

Nous avons la chance d'éviter une quatrième vague, ajoute le Dr Loh.

Il dit comprendre la décision du premier ministre Ford de garder les écoles fermées pour « limiter les interactions ». Il ajoute qu'il faut procéder avec « prudence », alors que M. Ford souhaite aller de l'avant avec le déconfinement des commerces avant la mi-juin.

Le Dr Lawrence Loh en point de presse.

Le Dr Lawrence Loh dit qu'il faut plus de deuxièmes doses de vaccin dans la région de Peel pour éviter une quatrième vague.

Photo : Radio-Canada / CBC News

Contrairement à bien d'autres experts, l'épidémiologiste et professeur à l'Université d'Ottawa Raywat Deonandan pense, tout comme le Dr Loh, que le gouvernement Ford a eu raison de ne pas rouvrir les écoles. Il ajoute que le déconfinement devrait être lié à des indicateurs comme la prévalence du variant delta, pas des dates arbitraires sur un calendrier.

Il y a trois risques actuellement : ne pas vacciner assez rapidement, déconfiner trop tôt et le B.1.617, dit-il. On peut éviter une quatrième vague si on fait preuve d'intelligence.

Plus de surveillance?

Selon les plus récentes données de Santé publique Ontario (qui remontent au 26 mai), seulement 322 cas du variant B.1.617 ont été confirmés dans la province. Plusieurs experts pensent toutefois que ce n'est que la pointe de l'iceberg.

Le virologue Hugues Loemba de l'Hôpital Montfort d'Ottawa aimerait voir une surveillance accrue des différentes souches du SARS-CoV-2.

Le variant indien va demeurer inquiétant tant que l’on n’aura pas atteint un niveau élevé d’immunité collective (plus de 75 % avec les deux doses), car juste avec 60 % d’adultes ayant eu une seule dose de vaccin, ce n’est pas suffisant.

Une citation de :Hugues Loemba, chercheur clinicien

Même son de cloche de la part de l'épidémiologiste David Fisman de l'Université de Toronto. On ne le voit pas, parce qu'on ne surveille pas sa progression, dit-il.

Son collègue Tim Sly, professeur en épidémiologie à l'Université Ryerson, se préoccupe particulièrement de la sous-lignée B.1.617.2 appelée Delta. Il semble qu'elle soit plus apte à échapper aux anticorps des vaccins, dit-il. Ça montre l'importance de la deuxième dose pour se protéger contre ce variant.

Le variant B.1.617 n'est pas détectable aussi facilement que le B.1.1.7 par exemple. Les laboratoires doivent recourir au séquençage génomique, un processus plus complexe et plus long. Ce ne sont pas tous les échantillons de tests positifs qui sont soumis à ces analyses en Ontario, mais un nombre limité choisi au hasard.

Santé publique Ontario défend néanmoins cette approche, affirmant qu'elle permet non seulement de surveiller la prévalence des variants déjà connus, mais aussi de détecter de nouveaux variants et suivre les variants émergents de façon plus proactive et rapide.

Pour sa part, l'épidémiologiste Raywat Deonandan affirme qu'il est toujours utile d'avoir plus d'information, mais on sait déjà que le B.1.167 est ici et qu'il se répand.

De son côté, le Québec a confirmé 28 cas du variant B.1.617 jusqu'à maintenant. La province fait le séquençage génomique des échantillons des tests de voyageurs et un séquençage aléatoire d'environ 20 % des souches actuellement, indique l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Depuis la semaine dernière, il y a une recherche active parmi tous les cas positifs du variant B.1.617 à l’aide du PCR à la recherche de la mutation L452R. La présence de cette mutation dans un échantillon est signalée à la santé publique en attendant le séquençage. Cette mutation n’est cependant pas spécifique à ce variant et jusqu’à maintenant aucun des échantillons positifs pour cette mutation (dans cet exercice de criblage) ne s’est avéré être un variant B.1.617, précise l'INSPQ.

L'Institut ajoute ceci : L’Inde a connu une augmentation importante des cas et décès liés attribués à la COVID-19 au printemps 2021. Toutefois, cette augmentation pourrait aussi bien être associée à l’émergence des variants de lignée B.1.617 qu’au relâchement trop rapide des mesures sanitaires entraînant une surcharge rapide du système de santé. En Angleterre, la transmissibilité du sous-type B.1.617.2 serait égale ou supérieure à celle du variant B.1.1.7. La virulence des infections associées au variant B.1.617.2 est en cours d’évaluation.

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