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Eileen Kramer, la danseuse de 106 ans qui monte encore sur scène

Une femme âgée, vêtue d'une robe mauve, danse sur scène.

Eileen Kramer sur scène en 2015 pour son spectacle « The Early Ones »

Photo : afp via getty images / SAEED KHAN

Radio-Canada

En 2013, à l’âge de 99 ans, l’artiste australienne Eileen Kramer a quitté New York pour retourner à Sydney. Depuis, elle a dansé dans trois spectacles, dans des vidéoclips et à l'occasion de deux festivals. Loin de s’accorder une paisible retraite, la centenaire est également autrice de livres.

Les 28 et 29 juin, celle qui est danseuse professionnelle depuis 80 ans se produira avec quatre autres danseurs et danseuses dans le cadre d’une œuvre mêlant scène et vidéo qui sera présentée à Sydney, en Australie, par la chorégraphe et réalisatrice Sue Healey.

Je ne suis pas vieille; je suis juste là depuis longtemps, a expliqué Eileen Kramer à BBC News, qui lui a consacré un article lundi.

Je ne me sens pas comme les gens disent qu’on doit se sentir quand on est vieux. Mon attitude par rapport à la création de choses est la même que quand j’étais enfant.

Si elle ne prend aucun médicament – mis à part des vitamines prescrites par son médecin –, Eileen Kramer utilise une marchette. Elle danse donc surtout avec le haut de son corps.

Elle aborde la vie avec élégance et un enthousiasme créatif. Elle est complètement en contrôle et fait constamment quelque chose de nouveau, raconte Sue Healey.

Danser devant la caméra

En 2017, Sue Healey a consacré un court métrage, intitulé Portrait of Eileen, à l’artiste centenaire.

Deux ans plus tôt, Eileen Kramer a dansé dans le vidéoclip d’une chanson de l’autrice-compositrice-interprète australienne Sarah Belkner. L’année précédente, elle avait fait de même dans un vidéoclip du chanteur Lacey Cole.

Eileen Kramer ne se contente pas de danser pour les autres : elle imagine aussi ses propres chorégraphies. En 2015, elle est montée sur scène pour interpréter l’une d’entre elles, The Early Ones.

L’artiste en était à la moitié de la création d’une nouvelle vidéo de danse quand le confinement est venu perturber ses plans.

Je ne pouvais pas sortir pour aller sur le tournage de la vidéo, alors j’ai écrit un livre à la place, a-t-elle dit. Et ce livre raconte l’histoire de la création de ce film.

La COVID-19 ne m’a pas du tout dérangée, a-t-elle ajouté. Je ne me suis sentie ni seule ni confinée; quand vous écrivez, cela vous tient compagnie.

Autrice et photographe

Eileen Kramer possède plusieurs cordes à son arc artistique. En 2008, à 93 ans, elle a publié son premier livre, Walkabout Dancer, dans lequel évoque son parcours. Dix ans plus tard, elle a raconté sa jeunesse dans le recueil Eileen, Stories from the Phillip Street Courtyard

Puis, à 104 ans, elle est devenue la personne la plus âgée à participer aux prix Archibald, le plus prestigieux concours de portraits photographiques en Australie.

De la musique à la danse

Il faut dire que l’art fait partie de la vie d’Eileen Kramer depuis qu’elle est jeune. À l’origine, elle a suivi des études de musique pour devenir chanteuse d’opéra.

C’est à la toute fin des années 1930 qu’elle est devenue danseuse et qu'elle a joint le ballet Bodenwieser. Pendant une décennie, elle est partie en tournée avec cette compagnie de danse moderne en Australie, puis en France, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et en Inde.

Dans les années 1950, elle s’est installée à Paris, où elle n’a pas hésité à poser nue pour les besoins de cours de dessin. En France, elle a également connu le légendaire Louis Armstrong.

Ensuite, elle a déménagé à New York, où elle a mis sa carrière sur pause pour s’occuper de son mari malade pendant près de 20 ans, jusqu’à sa mort. À l’âge de 99 ans, en manque de l’odeur des eucalyptus australiens, elle a donc décidé de quitter les États-Unis pour revenir sur sa terre natale.

Ayant été en compagnie de danseurs et de danseuses une bonne partie de ma vie, je ne me suis pas sentie seule.

Avec les informations de BBC News, et The Sydney Morning Herald

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