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Un service de soutien psychologique pour les francophones du Nunavut

Une vue d'Iqaluit, au mois d'octobre.

Un nouveau service privé permet à des Franco-Nunavois de recourir virtuellement à des thérapies individuelles et de couple et d'avoir accès à des services d’accompagnement pour leurs enfants et leur famille.

Photo : CBC / Sara Frizzell

Les Franco-Nunavois ont maintenant accès à un service privé de soutien psychologique dans leur langue, soit une ressource virtuelle destinée à combler les besoins en santé mentale en français au territoire.

Ils peuvent désormais recourir à des thérapies individuelles et de couple et accéder à des services d’accompagnement pour leurs enfants et leur famille.

Ce service privé, accessible virtuellement depuis la fin du mois de mai, est fourni par la clinique québécoise Familio et le Centre de thérapie de Montréal.

Le Réseau santé en français au Nunavut (RESEFAN), qui est à l'origine de cette initiative, travaillait depuis 2018 sur le développement de services en santé mentale pour la communauté francophone.

Pour nous, c’était important, étant donné que ce sont des services qui n’existent pas à Iqaluit et dans le reste du territoire en français, affirme le directeur général de l’organisme, Jérémie Roberge.

Ressources limitées en français

À l’heure actuelle, Iqaluit ne compte qu’un seul psychologue, soit une thérapeute exerçant exclusivement en anglais. Pour être en mesure d’offrir des consultations psychologiques au Nunavut, en personne ou virtuellement, les professionnels doivent disposer d’une accréditation auprès du gouvernement du Nunavut.

En raison du nombre limité de travailleurs médicaux francophones, dit Jérémie Roberge, il est difficile d’avoir accès à des services de santé en français dans le territoire.

Des mois d'attente

Si quelqu’un se présente en état de crise à l’urgence ou à la clinique, bien souvent, la référence au département de santé mentale ne peut pas se faire [...] parce qu’il n’y a pas de capacité francophone, mentionne-t-il. En plus, les listes d’attente sont très longues. Après six mois, un an ou un an et demi d’attente, tu vas peut-être avoir un service, mais il ne sera pas en français s’il n’y a pas de capacité.

Si je veux parler à quelqu’un en français, c’est un coup de dés, affirme Nathalie-Isabelle Richard, une francophone établie à Iqaluit depuis 12 ans. Elle raconte avoir entamé des recherches il y a quelques années pour connaître les services de soutien psychologique en français. Ses démarches l’ont plutôt laissée bredouille.

Contrairement au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest, il n’existe pas de ligne d’écoute accessible en français au Nunavut.

Aujourd’hui, l’Hôpital général de Qikiqtani et le centre de santé d’Iqaluit disposent de quelques interprètes en français. Pour répondre à ce manque, une ressource de traduction par téléphone offre jusqu’à la fin du mois de juin des services d’interprétation simultanée lors de consultations médicales.

Le ministère de la Santé du Nunavut est aussi tenu, en vertu de la Loi sur les langues officielles, de traduire en français les informations qu’il transmet au public.

L'entrée principale de l'hôpital.

À l'Hôpital général Qikiqtani, un service de traduction simultanée au téléphone est disponible pour les personnes qui préfèrent parler en français ou en inuktitut.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Un premier pas

Nancy Pellerin, une francophone d’Iqaluit, dit que le service lancé par le RESEFAN est un pas dans la bonne direction, notamment pour les Franco-Nunavois dont la famille vit à l’extérieur du territoire.

À plus long terme, elle croit que l’idéal serait d’avoir accès à un psychologue francophone établi sur le territoire : Dans un sens, ça comble un besoin pour une partie de la population francophone, mais pas toute. Comme c’est privé, ce n’est pas tout le monde qui a accès à ces services.

Jérémie Roberge admet que le nouveau service n’est pas une solution miracle.

Ce n’est pas tout le monde ici qui a une couverture d’assurance, concède-t-il. Il croit toutefois que c’est un bon début : On crée un facilitant alors qu’il y a un immobilisme assez impressionnant de la part du département de santé mentale.

Des besoins pour tous les groupes linguistiques

Cécile Guérin est directrice générale du Conseil Saisis la vie, un organisme à but non lucratif de prévention du suicide. Elle affirme que les besoins en santé mentale sont omniprésents pour tous les groupes linguistiques du territoire. On a encore besoin de beaucoup de ressources financières de la part du gouvernement fédéral pour arriver là où on aimerait aller, indique-t-elle.

Elle aimerait notamment qu'il y ait plus de services pour les personnes victimes de traumatismes, pour les jeunes et pour les femmes victimes de violence.

Elle note cependant une grande différence entre les services offerts aux Nunavummiut aujourd’hui et ceux disponibles à son arrivée au Nunavut, il y a 16 ans. Je vois qu’il y a vraiment une collaboration qui s’est effectuée dans les dernières années entre le gouvernement, les organismes inuit et ceux qui travaillent en santé mentale, ce qui fait que tout le monde essaye d’aller dans la même direction, reconnaît-elle.

J’ai bon espoir qu’un jour on arrivera en haut de la montagne et [...] qu’il y aura beaucoup plus de ressources locales, conclut-elle.

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