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Des législateurs américains inquiets de la réglementation minière en C.-B.

L'eau boueuse remplie de débris d'une rivière se jette dans un lac.

Le déversement d'eaux usées en août 2014 de la mine du Mount Polley en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

Des législateurs des États de l'Alaska et de Washington renouvellent leurs appels à la Colombie-Britannique pour qu'elle renforce sa réglementation minière afin de protéger les cours d’eau transfrontaliers.

Vingt-cinq législateurs de l'État de Washington ont signé une lettre envoyée au premier ministre John Horgan en mars. Ils y écrivent qu'une brèche dans un des bassins de retenue des résidus d'une des nombreuses mines de la Colombie-Britannique se trouvant à moins de 100 kilomètres de leur frontière pourrait endommager les rivières et les pêcheries transfrontalières.

Huit législateurs de l'Alaska ont renchéri dans une missive envoyée au premier ministre en mai exprimant les profondes préoccupations de leurs électeurs concernant les effets potentiels des mines abandonnées, actives et futures sur les cours d’eau de part et d'autre de la frontière.

La Colombie-Britannique revoit ses politiques minières à la suite d'un audit de 2016. Celui-ci a révélé que la surveillance et les inspections des mines étaient inadéquates pour garantir que les exploitants miniers se conforment aux exigences, augmentant les risques environnementaux.

L'audit était en cours en 2014 lorsqu’un bassin de retenue des résidus de 40 mètres s'est rompu à la mine de cuivre et d'or du mont Polley dans l'intérieur de la Colombie-Britannique.

La catastrophe a provoqué le déversement de plus de 20 millions de mètres cubes d'eaux contaminées de résidus miniers dans des lacs et des cours d'eau environnants.

Washington veut des réponses

Dans une entrevue, le sénateur Jesse Salomon de l'État de Washington a expliqué que son gouvernement dépense des dizaines de millions de dollars pour réparer l'habitat du saumon sur son territoire. Il s'inquiète des risques qu'un accident minier en amont puisse tout détruire.

Dans sa lettre de suivi à John Horgan et au ministre des Mines, Bruce Ralston, le sénateur demande si la responsabilité de la remise en état s'étendrait en sol américain, en cas de catastrophe semblable à la mine de Copper Mountain, située près de la rivière Similkameen dans le sud de la province.

La mine de cuivre à ciel ouvert possède deux bassins de retenue des résidus de 150 mètres. La hauteur des murs de ces bassins a régulièrement été augmentée au cours des dernières années.

Leur propriétaire, Copper Mountain Mine Ltd., prévoit une expansion majeure pour augmenter la durée de vie et la capacité de stockage de la mine, selon un plan publié en ligne en avril.

Le directeur de l'exploitation de Copper Mountain, Don Strickland, affirme que l'inquiétude [des Américains] tient pour acquis que les murs du bassin de rétention de la mine ne sont pas sécuritaires.

Ce n'est pas basé sur les faits et les données démontrant que nous avons fait beaucoup de travail pour nous assurer que le bassin est sécuritaire, et la protection de ce bassin est très importante pour nous, dit-il.

Garanties insuffisantes

Le dernier rapport annuel de l'inspecteur en chef des mines de la Colombie-Britannique montre que la province détient une garantie ou une caution de près de 30 millions de dollars pour la mine de Copper Mountain, tandis que le coût de remise en état en cas de déversement est estimé à 14,8 millions de dollars.

Le nettoyage après la catastrophe de la mine de Mount Polley a coûté plus de 70 millions de dollars, selon Imperial Metals.

Le rapport de l'inspecteur estime qu'il y a un écart de 850 millions de dollars entre le montant des garanties détenu par la province et les coûts estimés de la remise en état pour une centaine de mines sur son territoire.

Le sénateur Salomon et ses collègues veulent l'assurance que les modifications apportées à la réglementation minière de la Colombie-Britannique obligeront les propriétaires des mines existantes et à venir à remettre dès le départ une garantie équivalente au coût total de la remise en état des cours d'eau transfrontaliers.

Le montant que les propriétaires de mines doivent remettre en garantie à la province est basé sur une évaluation des risques spécifiques à chaque site minier, écrit le ministère des Mines dans une déclaration. Ce montant inclut le coût nécessaire pour toute remise en état extraordinaire et pour la fermeture de la mine.

De plus, en tout temps, le directeur des permis peut augmenter ou diminuer le montant des garanties en fonction de changements aux risques que coure une mine, précise la déclaration.

Que la province détienne ou non une garantie pour une mine, son propriétaire est responsable de toute remise en état qui découle de son exploitation, écrit le ministre Bruce Ralston, dans sa lettre de réponse au sénateur Salomon et à ses collègues obtenue par La Presse canadienne.

Une caution est utilisée quand une société minière manque à ses obligations, écrit-il. Il ajoute que la Colombie-Britannique s'efforce de réduire l'écart entre le montant de garantie qu'elle détient pour une mine et le coût d'une possible remise en état pour cette mine en cas de catastrophe ou de sa fermeture. Il veut ainsi réduire ce que pourraient devoir payer ses contribuables quand la garantie n'est pas suffisante et limiter les possibles impacts négatifs sur l'environnement.

Les Alaskiens s'inquiètent pour le saumon

Dans le sud-est de l'Alaska, le représentant de l'État Dan Ortiz explique que la population de saumon sauvage est déjà sous pression et que ses électeurs s'inquiètent que malgré cela, la Colombie-Britannique continue de permettre la construction de nouveaux bassins de rétention de résidus miniers en amont de cours d'eau transfrontaliers.

Nous ne voulons pas dire que les Canadiens n'ont pas le droit d'exploiter leurs ressources, affirme Dan Ortiz. Nous espérons simplement que nos industries touristiques et de pêche soient protégées.

Il donne en exemple le cas du projet de mine KSM de Seabridge Gold Inc. Ce projet touche deux bassins versants fréquentés par le saumon près de la frontière de l'Alaska. Il propose la construction de quatre bassins de rétention dont les murs seraient de 168 à 239 mètres et qui auraient une capacité de 2,3 milliards de tonnes de résidus miniers. Ce projet a été subit les processus d'évaluation environnementale du fédéral et de la province en 2014 et a été approuvé.

Les Alaskiens demandent également le nettoyage du site de la mine de plomb et de cuivre Tulsequah Chief. Une fuite de drainage minier acide s'échappe dans les eaux voisines depuis le départ de son propriétaire Teck Cominco (aujourd'hui Teck Resources) en 1957 après 6 ans d'exploitation.

Dans un plan de fermeture et de remise en état de la mine publié par la Colombie-Britannique en avril dernier, le gouvernement fixe le coût de la fermeture à 48,7 millions de dollars. À cela s'ajoutent plus d'un million de dollars annuellement pour la surveillance et l'entretien du site.

Avec les informations de La Presse canadienne

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