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Un baril de sable tombe du ciel à Lévis : Transports Canada enquête

Un baril bleu attaché à un parachute jaune et rouge écrasé dans un champ.

Le baril largué d'un avion au-dessus du secteur Pintendre, à Lévis, a atterri dans un champ entre un agriculteur qui était sur son tracteur et une piste cyclable achalandée.

Photo : Sébastien Grondin

Parachutisme Atmosphair a récemment largué un baril de sable dans le ciel de Lévis pour tester un parachute artisanal, sans en aviser tout le voisinage, a appris Radio-Canada. L’expérience n’a pas fonctionné et le cylindre de 318 kg s’est écrasé dans un champ, à quelques mètres d’une piste cyclable achalandée.

Ça aurait pu me tomber sur la tête, s’indigne Sébastien Grondin, propriétaire du champ en question, voisin de l’aérodrome situé dans le secteur Pintendre.

Il était sur son tracteur, en début d'après-midi, le 18 mai, lorsqu'il a vu des parachutistes atterrir sur ses terres, comme il en voit régulièrement.

Sauf qu’il était loin de se douter qu’en s’approchant, il découvrirait qu’ils avaient sauté avec un baril qui s'était enfoncé dans l’argile avec un parachute tout déchiré se souvient-il. Et quand je me suis reviré de bord, les gens passaient sur la piste cyclable. [...] C’était un bicycle après l'autre.

Quatre personnes regardent un baril attaché à un parachute qui s'est écrasé dans un champ.

Le baril largué d'un avion au-dessus du secteur Pintendre, à Lévis, a atterri dans un champ entre un agriculteur qui était dans son tracteur et une piste cyclable achalandée.

Photo : Sébastien Grondin

Le baril a atterri à une centaine de mètres de Sébastien Grondin et à une vingtaine de mètres d’une piste cyclable très achalandée. Ce dernier pesait 318 kg (701 lb), soit l’équivalent d’une motocyclette de type touring.

Le baril de sable s'est écrasé entre Sébastien Grondin, qui était sur son tracteur, et la piste cyclable.

Le baril de sable s'est écrasé entre Sébastien Grondin, qui était sur son tracteur, et la piste cyclable.

Photo : Radio-Canada

Sur place, le copropriétaire de Parachutisme Atmosphair se serait confondu en excuses en lui expliquant que c’était une expérience réalisée avec des gens de Concordia.

Sébastien Grondin est choqué de ne pas avoir été averti qu’on était pour larguer un baril du haut des airs au-dessus de chez lui, d'autant plus qu'il a appris que certains voisins étaient au courant.

Un homme, une femme et deux enfants marchent dans un champ.

Sébastien Grondin avec sa famille sur les terres de son entreprise, la Ferme Valsé du secteur Pintendre, à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Une voisine, Jeanne Asselin, confirme avoir reçu la visite d’un représentant de Parachutisme Atmosphair pour l’informer qu’un test de parachute allait être effectué en collaboration avec l’Université Concordia et que ça pourrait tomber sur sa terre. On ne lui aurait par contre jamais mentionné qu’on allait larguer un baril de cette envergure.

De son côté, Sébastien Grondin n'a pas l'intention d'en rester là. Le producteur laitier admet ne pas particulièrement apprécier que des parachutistes atterrissent sur ses terres et les abîment, mais il s'est résigné.

Par contre, il ne veut plus que l'on répète ce genre d'expérience complètement loufoque au-dessus de chez lui.

Un homme marche dans un champ.

Sébastien Grondin est producteur laitier à Lévis et il cultive les champs qui entourent l'aérodrome du secteur Pintendre.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Pas atterri dans le bon champ

Le copropriétaire de Parachutisme Atmosphair, Maxime Sénécal, affirme qu’il avait pris arrangement avec les deux agriculteurs possédant les terres où le parachute devait se poser, selon les calculs.

Il n’a pas atterri dans le bon champ, dit tout simplement M. Sénécal. Et le parachute ne semble pas avoir fonctionné.

Et si le baril était tombé sur quelqu’un? Comme malheureusement un parachutiste [...] pourrait se blesser ou blesser quelqu'un d'autre, répond-il. Dans ce cas-ci, la bonne nouvelle, c'est qu'on ne testait pas ça [le parachute] avec un humain.

Un homme debout devant un avion dans un champ.

Maxime Sénécal, copropriétaire de Parachutisme Atmosphair

Photo : Radio-Canada

Il y a des limites aussi à prévoir l'imprévisible.

Une citation de :Maxime Sénécal, copropriétaire de Parachutisme Atmosphair

Parachutisme Atmosphair a accepté de larguer le baril rempli de sable à partir de son avion à environ 915 mètres (3000 pieds) d’altitude à la demande d'une équipe d'étudiants de l’Université Concordia qui participent à une compétition internationale visant à lancer une fusée dans l’espace. L'expérience cherchait à tester le parachute qui doit ramener le missile sur Terre.

Maxime Sénécal parle d’une opération de largage de parachutisme comme on en fait depuis 28 ans. Selon lui, sa certification lui permet de larguer des objets d’un avion pourvu qu’ils soient attachés à un parachute.

Nous, on était tellement contents d'avoir la chance de mettre Lévis, Pintendre, sur la carte de l'aérospatiale au Canada, lance-t-il.

Transports Canada enquête

Informé de cette opération et préoccupé, Transports Canada confirme avoir ouvert une enquête pour faire la lumière sur les circonstances des événements.

Par courriel, la porte-parole de l’organisation précise que l’article 602.23 du Règlement de l’aviation canadien interdit à quiconque de mettre en danger des personnes ou des biens à la surface en laissant tomber un objet d’un aéronef en vol.

Une infraction à ce règlement peut mener à une amende de 5000 $ pour un particulier ou de 25 000 $ pour une société.

Révision des processus

À l’Université Concordia, c’est un événement qu’on ne prend pas à la légère. On est conscient qu'il y a eu un élément de chance que personne n’ait été blessé avec le résultat de cette expérience-là, mentionne le professeur agrégé en ingénierie aérospatiale, Charles Basenga Kiyanda.

Ce dernier explique que les étudiants avaient besoin d’une expertise qui dépassait les capacités de l’université et ont contacté une dizaine de centres de parachutisme. Atmosphair est la seule entreprise qui a donné suite à leur demande.

Charles Basenga Kiyanda, professeur agrégé en ingénierie aérospatiale à l'Université Concordia

Charles Basenga Kiyanda, professeur agrégé en ingénierie aérospatiale à l'Université Concordia

Photo : Radio-Canada

Les étudiants avaient accès à des services à un coût réduit, puis la compagnie obtenait une visibilité – par exemple avec leur logo sur la fusée, ajoute-t-il.

Le professeur affirme que cet incident pousse l’université à réviser la séquence des événements et même certains processus à l’interne sur la préparation des tests, la façon qu'on interagit avec des compagnies externes.

Dans le partenariat avec Parachutisme Atmosphair, le professeur Basenga Kiyanda veut réviser les interactions entre la compagnie et les étudiants ainsi que la planification du test.

Est-ce qu’il y a quelque chose à changer et qu'est-ce qu'on devrait changer?, se demande-t-il.

Un projet ambitieux

Le professeur Charles Basenga Kiyanda parle d’un projet ambitieux qui implique des tests qui sortent du commun.

La mission de ses étudiants consiste à créer la première fusée civile à carburant liquide capable de s'élever à plus de 100 km, peut-on lire sur le site Internet de Concordia.

Quelques dizaines d’universités à travers l’Amérique du Nord participent à cette compétition, dont l’équipe gagnante remportera un million de dollars.

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