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Trois conseillers municipaux d’Ottawa veulent renommer la promenade Sir-John-A.-Macdonald

Un panneau indiquant la Promenade Sir-John-A.-Macdonald avec une voiture qui roule en fond.

Avant 2012, la promenade portait le nom "promenade de l’Outaouais".

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada

Trois conseillers municipaux de la Ville d’Ottawa ont interpellé le premier ministre, Justin Trudeau, afin de « faciliter un processus de consultation dirigé par les Autochtones pour renommer la promenade Sir-John-A.-Macdonald ».

Dans leur lettre, le trio de conseillers, Catherine McKenney, Jeff Leiper et Theresa Kavanagh, explique que la récente découverte des restes de 215 enfants autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique, montre clairement qu’il est urgent de se réengager dans le projet de réconciliation en tant que nation.

Jeff Leiper est bien conscient qu’à Ottawa, beaucoup d’édifices ou de rues portent le nom de l’ancien premier ministre canadien. À cet effet, le conseiller précise, en entrevue à Radio-Canada, que cette demande n’est qu’une première étape entreprise par les conseillers des quartiers abritant le territoire de la promenade, et qu’il y aura d’autres étapes.

Un panneau indiquant la Promenade Sir-John-A.-Macdonald.

Les conseillers ottaviens souhaitent qu'Ottawa prenne l’exemple de la Ville de Charlottetown.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Les conseillers ottaviens souhaitent qu'Ottawa prenne l’exemple de la Ville de Charlottetown, dont les conseillers ont voté à l’unanimité, le 31 mai, le retrait d'une statue de John A. Macdonald.

Nous sommes prêts à soutenir une initiative de changement de nom qui tienne compte des souhaits et des perspectives des communautés autochtones de la région d'Ottawa, ont écrit les conseillers au premier ministre Trudeau à propos de la promenade qui a été renommée en 2012. Auparavant, elle portait le nom de la promenade de l’Outaouais.

Il s’agit d’un petit changement qui peut faire une grande différence.

Une citation de :Extrait de la lettre des trois conseillers d’Ottawa

On n’enseigne pas l’histoire en l’éliminant

Le professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa, Pierre Anctil, s’est souvent prononcé sur les enjeux concernant le retrait de statue ou d’autres commémorations à l’effigie de John A. Macdonald. Bien qu’il concède qu’il est légitime de se poser la question, il estime que l’objectif des conseillers municipaux est simpliste.

C’est simplement que si on change les noms des rues, des édifices et des monuments, ça va devenir un chaos terrible. Il faudrait au moins une politique de base de la part des villes, des provinces ou même du pays.

Effacer l’histoire n’est pas la meilleure façon de l’enseigner.

Une citation de :Pierre Anctil, professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa

Selon lui, il n’y a pas que John A. Macdonald qui est l’unique responsable des pensionnats autochtones puisque beaucoup de gens se sont joints à lui, notamment des fonctionnaires et des prêtres.

C’est un peu enfantin, c’est comme dire qu’il est l’unique responsable de ce qui a duré près d’un siècle. Si on fait son procès, on devrait aussi faire le procès de [Wilfrid] Laurier et de [William Lyon] Mackenzie King. Ils ont été des premiers ministres présents, alors que ces écoles fonctionnaient à plein régime.

Mercredi matin, lors de la conférence de presse du ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, il a été question de John A. Macdonald. M. Miller se trouvait d'ailleurs dans un édifice portant son nom. Le ministre a avoué d’entrée de jeu que cela était ironique.

M. Macdonald a été l’un des architectes des écoles résidentielles, franchement, des camps de travail intensifs et des écoles. Regardons-nous dans les yeux et faisons face à la réalité, a-t-il expliqué avec un ton très pesé.

Cependant, M. Miller a avoué ne pas être partisan de l’idée de casser ou d’enlever des symboles historiques. Il préfère expliquer et enseigner l’histoire, ainsi que la façon dont certains personnages historiques se sont comportés, dans certains aspects de leur vie, de façon exécrable.

Le ministre debout en chambre pendant un moment de silence.

Vendredi, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, et d'autres députés ont tenu un moment de silence à la Chambre des communes en réaction à la récente découverte des restes de 215 enfants autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le conseiller Jeff Leiper a manifesté son désaccord à l’égard des propos de Marc Miller.

Je comprends que c’est important de se souvenir, mais c’est important de ne pas célébrer ce traumatisme. Je m’attends à ce que beaucoup de Canadiens ne soient pas d’accord [avec les propos de Marc Miller], conclut-il.

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