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Il est six heures quelque part, d’Edith Hakimian

Elle sourit.

Edith Hakimian est en lice pour le Prix du récit Radio-Canada 2021.

Photo : Louis Lavoie

Radio-Canada

Edith Hakimian fait partie des 23 autrices et auteurs en lice pour le Prix du récit Radio-Canada 2021.

Qui suis-je?

Née à Montréal, j’ai grandi au Liban, d’où mes parents sont originaires. Revenue étudier au Québec, je m’y suis établie, mais je reste en contact avec mon pays d'origine, qui a été ravagé par la guerre et où plusieurs de mes proches vivent encore. Le drame de l’explosion du port de Beyrouth, qui a fait tant de victimes, m’a secouée et j’ai voulu rendre hommage au peuple libanais qui, malgré tout ce par quoi il est passé, reste digne et se relève. J’ai étudié à HEC Montréal, où j’ai obtenu une maîtrise en sciences de la gestion. Spécialisée en marketing de contenu et communications, je suis passionnée d’écriture. Deux genres littéraires m’inspirent : la poésie et le récit. Ma fable, Apocalypse, faisait partie des textes sélectionnés en 2020 au concours Antidote. J'écris aussi des nouvelles.

Mon récit en quelques mots

À travers le drame de l’explosion du port de Beyrouth, ce récit met en lumière la souffrance des Libanais, ceux restés au pays et ceux qui en sont loin et qui gardent au fond de leur cœur une pensée pour leur patrie d’origine. Il souligne aussi l’entêtement farouche de cette ville à se relever de ses cendres, malgré toutes les épreuves qu’elle a traversées.

Ma source d’inspiration pour ce texte

Je me suis inspirée de la tragédie sans nom qu’ont vécue les Libanais, et en particulier de ce qu’a vécu une de mes cousines qui a été blessée gravement dans l’explosion. Elle se remet aujourd’hui et, à l’image de tous ces Libanais, courageux et fiers, elle a repris ses activités. C’est pourquoi j’ai joué dans mon récit sur une dualité. Quand on parle d’elle, on désigne à la fois une ville et une femme : elle est ville par son agitation, ses sons, sa sollicitude, sa lumière qui éclaire les âmes qui l’habitent et la noirceur qui peut l’envahir. Elle est femme, car elle enfante dans la douleur et se relève pour veiller sur l’objet de ses souffrances. Les thèmes de la lumière et de la noirceur reviennent d’ailleurs dans le récit. Si, effectivement, ils peuvent désigner les innombrables problèmes d’infrastructure que connaît le Liban, ils sont aussi là pour accentuer le contraste entre Beyrouth, qu’on a souvent surnommée la ville de lumière – le groupe Gold lui a d’ailleurs consacrée une chanson – et la noirceur, celle du malheur, qui l’a envahie.

Les premières lignes de mon récit

Le soleil chatoie encore dans ses flancs. Elle s’apprête à sourire quand une odeur âcre irrite ses narines. Elle n’a pas eu le temps de comprendre ce qui arrive quand une douleur atroce explose brusquement au fond de ses entrailles, lui arrachant un cri sourd qui résonne à des lieues d’ici.

Chez moi, le téléphone sonne. À cette heure-ci, ce n’est pas une bonne nouvelle.
Autour d’elle, le noir a envahi l'horizon. Elle se tâte comme elle peut. Le sang sourd par tous ses pores. Ses yeux se ferment, voilés par l’obscurité sans nom.

Une citation de :Extrait d'Il est six heures quelque part, d'Edith Hakimian

Véritable tremplin pour les écrivaines et les écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs poèmes, nouvelles et récits inédits soumis au concours.

La gagnante ou le gagnant remportera :

  • la publication de son texte sur Radio-Canada.ca;
  • une résidence d'écriture de deux semaines au Centre des arts de Banff, en Alberta;
  • une bourse de 6000 $, offerte par le Conseil des arts du Canada.

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