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Nemaska Lithium : « Le site de Shawinigan n’avait aucun mérite », affirme Pierre Fitzgibbon

Le terrain de l'usine Nemaska Lithium à Shawinigan.

Le terrain de l'usine Nemaska Lithium à Shawinigan

Photo : Nemaska Lithium

Pascale Langlois

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation a défendu le déménagement de l’entreprise Nemaska Lithium. Pierre Fitzgibbon explique que plusieurs sites à travers la province ont été évalués avant d’arrêter le choix sur le parc industriel et portuaire de Bécancour.

Le site de Shawinigan a fini dernier, a affirmé le ministre en entrevue à l’émission Toujours le matin. Il a insisté sur le fait que l’emplacement de l’usine à Shawinigan, en milieu urbain, ne convenait pas aux risques que pose une usine de produits chimiques.

Malheureusement, le choix du site à l’origine n’a pas eu la même rigueur pour être choisi. Sur tous les fronts, on parle du relief, de la superficie, l’expansion, l’accès au trafic de camions, le site de Shawinigan, honnêtement, n’avait aucun mérite , estime Pierre Fitzgibbon en parlant de la première mouture du projet. Il l’avait qualifié depatente à gosses l’été dernier.

Le ministre dit considérer les villes de Shawinigan, Trois-Rivières et Bécancour comme étant un bloc d’un point de vue provincial. La compagnie s’en va à 50 kilomètres. Il peut y avoir une industrie du savoir qui va se greffer à ça. Le recyclage aussi, Shawinigan a démontré une expertise. Il faut quand même rester holistique et voir ça globalement, précise Pierre Fitzgibbon.

Je n’y crois pas, répond le maire Angers

Une ville, ça vit avec des revenus. La ville qui va recevoir le compte de taxes, ça va être Bécancour et non pas Shawinigan, répond le maire de Shawinigan Michel Angers en entrevue à l’émission Toujours le matin. Il rappelle que la perte de trois usines au cours des dernières années a fait perdre à la Ville 3,5 M$ en revenus.

L’économie du savoir, j’en suis. Nous sommes très bien positionnés. C’est pas ça qui rentre de l’argent dans les coffres d’une ville, ce sont la brique et le béton, ajoute le maire qui affirme que le système de financement des villes est archaïque.

Michel Angers ne décolère pas et avale difficilement les explications du ministre de l’Économie et de l’Innovation quant à l’emplacement de l’usine. Quand on sait très bien que la mine Wabushi [qui appartient à Nemaska Lithium] est dans le nord du Québec et que la seule voie pour y accéder, c’est la voie ferrée qui passe par Shawinigan, critique le maire de Shawinigan. Il remet en question la différence avec l’accès à un port.

Vue en plongée montrant le grand gisement creusé. Au loin, on aperçoit une travailleuse, et plus loin, de la machinerie

Gisement de pegmatite exploité par Nemaska Lithium

Photo : Radio-Canada

Le maire ajoute qu’un autre terrain avait été proposé pour installer l’usine, à l’extérieur du milieu urbain. Cet argumentaire-là [...] je n’y crois pas. Je crois beaucoup plus que la décision était prise depuis longtemps, affirme Michel Angers. Si c’est le cas, le maire aurait apprécié être mis au courant dès le départ.

La cheffe du Parti Libéral appuie le maire. J’ai hâte de voir quand est-ce que le premier ministre va repayer cette dette parce qu’elle est importante pour la région de la Mauricie, a déclaré Dominique Anglade. Elle a rappelé, tout comme Michel Angers, que plusieurs Québécois ont payé de leurs économies lors de la faillite de la première mouture de l’entreprise.

Des retombées pour toute la région, assure Maurice Richard

Le pdg de la Société du parc industriel et portuaire a souligné qu’une grande partie des retombées liées aux entreprises qui s’installent à Bécancour est sur la rive nord du fleuve. C’est minimum 75 à 80% pour tous les services, les employés, les sous-traitants, qui sont sur la rive nord et c’est normal. Les gagnants, automatiquement, c’est les gens de la rive nord, affirme Maurice Richard en entrevue à Toujours le matin.

Même s’il y a une volonté gouvernementale de développer la filière de la production de batteries pour voitures électriques, le pdg affirme que la décision n’est pas politique. Nous n’avons jamais fait de démarchage. Les entreprises qui sont dans le parc industriel de Bécancour n’ont pas été empruntées à quelqu’un d’autre. [Elles] sont venues à Bécancour parce qu’elles ne seraient allées nulle part ailleurs au Québec, assure-t-il.

Les étapes habituelles pour l’approbation du Bureau des audiences publiques en environnement seront suivies en ce qui concerne l’installation de la nouvelle usine de Nemaska Lithium. Le ministre Fitzgibbon estime que les démarches seront facilitées grâce au nouvel emplacement.

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