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Fitzgibbon quitte ses fonctions de ministre, mais reste député

Gros plan de Pierre Fitzgibbon.

Pierre Fitzgibbon n'est plus ministre de l'Économie, mais il demeure député de Terrebonne.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

« D’un commun accord » avec le premier ministre François Legault, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a décidé de quitter ses fonctions ministérielles. Cette démission survient à la suite du dépôt d’un nouveau rapport de la commissaire à l’éthique, Ariane Mignolet, qui recommandait de le suspendre de l’Assemblée nationale.

C'était la bonne décision pour tout le monde, a expliqué le principal intéressé à ICI RDI mercredi après-midi.

M. Fitzgibbon demeurera député de Terrebonne. J'ai été élu par 15 000 citoyens, alors je pense qu'ils méritent que je finisse mon mandat, a-t-il indiqué en entrevue.

Songerait-il à ne pas se représenter aux prochaines élections? Non, je ne dis pas ça, a répondu l'ex-ministre à Patrice Roy mercredi. Mais pour l'instant, son implication politique se limitera à son rôle de député.

Je ne veux pas nuire, a simplement dit M. Fitzgibbon, qui a expliqué qu'il devait perdre une bonne partie de son patrimoine s'il se conformait à la lettre aux règles d'éthique de l'Assemblée nationale.

Entrevue avec Pierre Fitzgibbon

M. Fitzgibbon sera remplacé à l'Économie par l'actuel ministre des Finances Eric Girard, qui cumulera dorénavant les deux fonctions.

En conférence de presse, François Legault s’est dit vraiment déçu de voir la situation tourner ainsi, arguant qu'il n'y avait pas de conflit d'intérêts, mais une apparence de conflit d'intérêts.

C’est malheureux d’en arriver à cette situation-là, car si vous faites un sondage dans le monde des affaires, c’est unanime : tout le monde respecte Pierre Fitzgibbon.

Une citation de :Le premier ministre du Québec, François Legault

À titre de ministre, Pierre Fitzgibbon devait en effet se départir de ses intérêts dans deux entreprises qui participent à un marché avec le gouvernement, ImmerVision et White Star Capital.

Selon le premier ministre, M. Fitzgibbon désirait effectivement les vendre, mais il n’a jamais réussi à obtenir un prix de vente raisonnable. S'en départir malgré tout lui aurait fait perdre plus d'un million de dollars, a fait savoir M. Legault.

M. Legault espère maintenant que Pierre Fitzgibbon réussira à trouver un acheteur valable dans les prochains mois pour les parts de ses entreprises, ce qui lui permettrait de le réintégrer dans ses fonctions de ministre.

Modifier le code d'éthique

François Legault estime par ailleurs que le code d'éthique de l'Assemblée nationale devrait être modifié pour permettre à des ministres dans la même situation que Pierre Fitzgibbon de rester en poste tout en s'assurant qu'il n'y ait aucun conflit d'intérêts. Mais les partis d'opposition ne semblent pas vouloir aller dans cette direction.

Pour ce qui est de la révision du code, nous n’accepterons pas de l’ouvrir pour permettre de diminuer les règles d’éthique des élus, a déclaré mercredi la cheffe libérale Dominique Anglade, pour qui il s'agit d'un devoir d'exemplarité.

Ce n’est pas parce que M. Fitzgibbon veut vendre ses actions plus cher qu’on peut contourner les règles, a pour sa part affirmé son homologue péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Enfin, le porte-parole en matière d’économie de Québec solidaire Vincent Marissal a déploré qu’il ait fallu tant de temps au gouvernement pour se décider à respecter le code d’éthique de l'Assemblée nationale.

Je ne comprends pas pourquoi M. Legault, tout d’un coup, semble avoir vu la lumière, alors que cette situation était intenable depuis [longtemps], a-t-il critiqué.

La commissaire à l'éthique recommandait sa suspension

Dans son plus récent rapport portant sur les intérêts financiers détenus par le ministre, la commissaire Ariane Mignolet affirmait mercredi matin que le ministre de l'Économie se trouvait toujours en contravention du code d'éthique et de déontologie des parlementaires et qu'il devait être suspendu de l'Assemblée nationale.

Aucun fait nouveau n'avait conduit Mme Mignolet à réexaminer la situation de Pierre Fitzgibbon, mais une demande formelle de Québec solidaire l'avait poussée à le faire.

Dans son rapport, la commissaire suggérait de sanctionner le ministre par la suspension du droit du député de siéger à l’Assemblée nationale, accompagnée d’une suspension de toute indemnité et de toute allocation tant et aussi longtemps que le ministre conserverait des intérêts dans ImmerVision et White Star Capital.

Si M. Fitzgibbon désirait tout de même les garder, il faudrait alors l'obliger à renoncer à son statut de ministre, écrivait-elle, un simple député pouvant toujours placer ses parts d'entreprises dans un mandat ou une fiducie sans droit de regard.

Un troisième rapport en moins d'un an

Dans son rapport déposé mercredi, la commissaire Mignolet soulignait que c’était la deuxième fois qu’elle produisait un rapport concernant le refus du ministre de se conformer à une disposition de la loi, qu’il considère injuste.

Il s’agit d’une situation où le membre de l’Assemblée nationale refuse sciemment de se conformer à une disposition législative lui étant applicable.

Une citation de :La commissaire à l'éthique, Ariane Mignolet

Son rapport précédent, en décembre, recommandait déjà à l'Assemblée nationale de réprimander le ministre, mais cette fois, un tel avis aurait été inapproprié face au caractère continu et grave du manquement, selon la commissaire.

En novembre, Pierre Fitzgibbon avait été blâmé par l’Assemblée nationale pour son manque d'éthique. Lors d'un vote unanime au Salon bleu, tous les députés, y compris le premier ministre Legault, avaient entériné officiellement cette recommandation d’Ariane Mignolet, formulée dans un premier rapport, déposé en octobre.

Disant vouloir éviter tout conflit d’intérêts lié à M. Fitzgibbon, le conseil des ministres avait décidé en février dernier que toute demande d'aide financière présentée au gouvernement par ImmerVision et White Star Capital serait redirigée vers le Conseil du Trésor pour un examen supplémentaire et une décision finale.

Avec les informations de La Presse canadienne

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