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Y aura-t-il des cours de natation en français à Ottawa?

Une sauveteuse surveille une piscine vide d'Ottawa.

Une piscine d'Ottawa (Archives)

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

« Les programmes de l’étape 1 [de natation] sont offerts uniquement en anglais », pouvait-on lire, lundi, dans le guide des loisirs Été 2021 de la Ville d’Ottawa. Si la Ville affirme qu’il s’agit d’une erreur et qu’elle offrira des programmes en français, des francophones s’inquiètent de l’offre de services récréatifs qui leur sera proposée cet été.

Stephen Cann et Véronic Bezaire vivent depuis dix ans dans le quartier Rivière.

À la maison, le couple parle uniquement en français avec leurs deux enfants âgés de six et quatre ans, et ce, même si M. Cann est anglophone.

Mes enfants ne parlent pas anglais. Ils ne peuvent pas avoir une conversation avec mes parents, parce qu’ils sont anglophones, dit-il dans un français impeccable.

Le couple voulait d’abord que les enfants maîtrisent le français avant qu’ils apprennent l’anglais.

Et pour les Cann, le bon développement de leurs enfants passe notamment par leurs activités récréatives.

On veut qu’ils soient francophones et qu’ils aient des services en français, explique Mme Bezaire, une francophone originaire de Prescott-Russell.

Or, depuis trois ans, cela représente un certain défi, à commencer par les programmes de natation. Malgré tout, ils sont prêts à faire une vingtaine de minutes de route pour des cours de natation uniquement offerts à Orléans.

Normalement, même avec les piscines intérieures ouvertes, l’offre de cours de natation en français est moins importante qu’en anglais. Mais avec les mesures sanitaires mises en place durant la pandémie, la Ville peut seulement offrir des programmes de natation à l’extérieur.

Dans les derniers jours, le couple a constaté qu’aucun cours ne serait donné en français.

On s’est sentis exclus, il n’y a aucun doute, lâche Véronic Bezaire.

Lundi, la Ville d’Ottawa a admis son erreur à Mme Bezaire. Puis, dans un courriel envoyé à Radio-Canada, la direction du Service des Loisirs, de la Culture et des Installations a affirmé qu’il y aura des cours et que la priorité sera accordée aux clients francophones des quartiers affichant la plus grande concentration de résidents francophones, dont le secteur Vanier.

Or, si les programmes en anglais seront offerts à sept endroits dans la Ville, seule la piscine Bearbrook, dans le quartier Blackburn Hamlet à l’est de la ville, offrira des programmes en français à l’extérieur.

Des familles francophones, comme les Cann, devront faire souvent une vingtaine ou une trentaine de minutes de route pour se rendre à la piscine.

Nous sommes prêts à le faire. Nous avons cette flexibilité, dit Stephen Cann.

Un déséquilibre qui persiste

La situation de la famille Cann est loin d’être unique à Ottawa. L’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) affirme que l’offre de services récréatifs en français est l’un des chevaux de bataille qu’elle mène depuis 10 ans auprès de la Ville. Et pas seulement pour les programmes de natation.

Il y a eu, dans les dernières années, une augmentation dans les offres de services à la Ville d’Ottawa, mais c’est certain que c’est un problème récurrent et c’est une des choses qui revient le plus souvent dans les plaintes que la direction des services en français de la Ville d’Ottawa reçoit, explique la directrice générale de l’organisme, Ajà Besler.

Selon elle, la Municipalité doit s’assurer d’offrir davantage de services aux francophones.

Ajà Besler est debout et souriante.

Ajà Besler, directrice générale de l’Association des communautés francophones d’Ottawa (Archives)

Photo : Radio-Canada

La Ville d’Ottawa confirme qu’elle offrira, cet été, 73 camps d’été, dont neuf seront en français, ce qui équivaut à environ 12 %.

La famille Cann et la directrice générale de l’ACFO se demandent si cette proportion est attribuable à un faible taux d’inscription ou à un manque d’employés bilingues.

Dans une rencontre du caucus des élus francophones du conseil municipal en janvier dernier, le directeur du Service des Loisirs, de la Culture et des Installations, Dan Chenier, admettait que le recrutement de personnel bilingue représentait un défi pour son équipe.

Le 18 mai dernier, la Municipalité disait avoir embauché 31 personnes pour travailler dans les camps de jour en français et cette semaine, elle prévoyait que 73 francophones seraient employés cet été.

Selon le modèle de prestation pour les camps en français, la Ville prévoit que 34 % des personnes embauchées devront avoir des compétences avancées en français. À l’heure actuelle [...], 45 % des personnes embauchées ont un niveau avancé de français, affirme M. Chenier par courriel.

Radio-Canada a tenté à maintes reprises de s’entretenir avec M. Chenier, en vain.

Le bassin de candidats potentiels rencontrés par la Ville pour ses camps de jour provenait surtout des secteurs du Glebe, d’Orléans et de Barrhaven.

Finalement, les 31 employés embauchés provenaient surtout des quartiers du Glebe, d’Orléans et de Carlingwood.

Le recrutement dans les écoles

L’ouest de la Ville d’Ottawa a vécu, dans les dernières années, un grand virage démographique. Des quartiers historiquement anglophones, comme Barrhaven, Stittsville et Kanata regorgent désormais de francophones.

Le conseiller municipal de Stittsville constate ce changement tous les jours en parlant à ses concitoyens. Glen Gower est l’un des membres du caucus des élus francophones du conseil. En janvier dernier, il a soulevé l’enjeu du recrutement pour les services récréatifs, en particulier pour les communautés dans l’ouest.

Les efforts de la Ville, c’est de rappeler aux familles et aux jeunes qu’on veut offrir un meilleur service en français.

Une citation de :Glen Gower, conseiller municipal de Stittsville

Aujourd’hui, il constate que la Ville prend la situation au sérieux et qu’elle travaille fort pour adapter ses services à ce changement. Mais il se demande si tous les moyens sont pris pour y arriver.

La solution n’est pas d’embaucher des gens qui habitent à Orléans et de les amener ici, à Stittsville. On a beaucoup d’étudiants dans les écoles francophones, dans les programmes d’immersion, qui pourraient être des entraîneurs ou des animateurs, dit-il.

Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est a confirmé à Radio-Canada qu’il n’est pas partenaire avec la Ville et qu’il ne participe pas à la campagne de recrutement.

Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario n’a pas donné suite à notre demande.

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