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Vaccination des adolescents : convaincre sans imposer

Au moment où la vaccination prend son élan chez les 12 ans et plus, des spécialistes rappellent l’importance de ne pas juger.

Une infirmière vaccine un adolescent.

Un adolescent se fait vacciner à la clinique du parc Bear Creek, à Surrey.

Photo : maggie macpherson/cbc / Maggie MacPherson

En Colombie-Britannique comme ailleurs au pays, la vaccination des 12 ans et plus est en cours. Des questions sur l’efficacité et les risques du vaccin contre la COVID-19 pour les adolescents, la pédiatre Hana Mitchell en entend tous les jours.

Ce sont surtout des questions provenant de familles où les enfants ont déjà un problème de santé, dit-elle. Dans la plupart des cas, la réponse est que le vaccin est sécuritaire pour les enfants en bonne santé, de même que ceux qui souffrent d’une maladie.

Pédiatre spécialisée en maladies infectieuses, la Dre Mitchell travaille à l’Hôpital pour enfants de Vancouver. Depuis 2017, l’établissement offre une clinique de vaccination gratuite pour les patients de l’hôpital et leur famille.

Depuis peu, la clinique offre le vaccin contre la COVID-19 aux adolescents.

Une fois qu’on a répondu à leurs questions, la vaste majorité des familles décident de se faire vacciner, la réponse est extrêmement positive, explique la Dre Mitchell.

En date de lundi, 20 % des Britanno-Colombiens de plus de 12 ans avaient déjà reçu un premier vaccin.

Pas d’âge précis pour un consentement éclairé

Chez les mineurs, la question du consentement ajoute une autre dimension à la décision de se faire vacciner. Au Québec, par exemple, les personnes de plus de 14 ans peuvent décider elles-mêmes de se faire vacciner.

La Colombie-Britannique utilise plutôt l’approche du consentement mineur mature. Cela veut dire qu’une personne de moins de 19 ans peut consentir pour elle-même après avoir été évaluée par un professionnel de la santé, qui l’a jugée apte à prendre une décision éclairée.

Dans son évaluation, le médecin ou l’infirmier va s’assurer que l’adolescent comprend la nécessité du traitement et ce qu’il implique ainsi que les risques et les bénéfices potentiels.

Les jeunes de 9e année peuvent donc consentir au vaccin par eux-mêmes, et les enfants peuvent refuser un vaccin malgré le consentement de leurs parents, tant qu’ils comprennent les risques associés à la non-vaccination.

Dans ma pratique, ce sont surtout les parents qui décident de la vaccination, explique toutefois la Dre Mitchell. Cela dit, c’est important d’inclure les adolescents dans les discussions, c’est pourquoi je tente de répondre directement à leurs questions et leurs inquiétudes.

Dans les cas où l’adolescent hésite ou refuse, la Dre Mitchell le renvoie à son médecin de famille ou à son pédiatre, mieux placé pour le mettre en confiance.

Il ne faut pas rejeter les inquiétudes des adolescents, il faut plutôt les écouter et les guider pour qu’ils prennent une décision éclairée sur leur santé. Il faut qu'il y ait une discussion.

Une citation de :Hana Mitchell, pédiatre spécialisée en maladies infectieuses
Des gens font la file devant le Centre des congrès de Vancouver.

Chaque jour, plus de 4000 personnes se font vacciner au Centre des congrès de Vancouver.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Une incertitude issue de plusieurs sources

Selon un sondage effectué par la firme Insights West en avril dernier (Nouvelle fenêtre), les Britanno-Colombiens étaient plus nombreux à afficher la volonté de se faire vacciner que le reste des Canadiens.

Environ 69 % de la population avait déjà reçu un vaccin ou était sûre de se faire vacciner, comparativement à des taux allants de 55% à 62 % dans les autres provinces. Le sondage a été effectué en ligne du 31 mars au 5 avril avec un échantillon de 1603 membres des panels d'Insights West et de Léger Opinion à travers le Canada. Il est impossible de calculer une marge d'erreur sur des échantillons non probabilistes comme ceux-ci.

Alice Fleerackers, doctorante à l’Université Simon-Fraser, n’est pas surprise du taux d’incertitude observé.

Il existe beaucoup de raisons pour lesquelles les gens hésitent à se faire vacciner. Des raisons religieuses, des questions ou des peurs quant à l’efficacité, ou des expériences personnelles négatives avec des médecins ou des chercheurs.

Une citation de :Alice Fleerackers, spécialiste en communication scientifique en santé publique

Au début de 2019, avant la pandémie de COVID-19, l'Organisation mondiale de la santé avait déjà inscrit l'hésitation face à la vaccination parmi les 10 menaces principales à la santé mondiale.

Toutefois, le vaccin contre la COVID-19 diffère des autres vaccins en raison de sa nouveauté. C’est nouveau, ça change toujours. Alors c’est difficile de communiquer les messages clairement, fait remarquer Alice Fleerackers.

C’est un problème pour le public, car il y a beaucoup de confusion par rapport aux vaccins et au fait que le vaccin AstraZeneca est sécuritaire ou non, ajoute l'étudiante qui se spécialise en communication scientifique en matière de santé publique.

Alice Fleerackers rappelle aussi l’importance de ne pas juger les parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants. Ce ne sont pas des parents terribles, dit-elle. C’est toujours motivé par un désir de protéger les enfants.

Pour contrer la méfiance face à la vaccination, les meilleures armes s’avèrent l’empathie et les anecdotes, rappelle-t-elle.

La peur n’est pas une stratégie efficace, dit-elle. Mais l’humour est très utile, particulièrement chez les adolescents. Cela permet d’abaisser le niveau d’intensité de la discussion.

En fin de compte, le message demeure toujours le même, rappelle la Dre Mitchell : La vaccination fonctionne. Faites-vous vacciner, et parlez-en avec votre médecin si vous avez des questions.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

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