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Les Innus de la Côte-Nord rendent hommage aux 215 victimes de Kamloops

Des souliers d'enfants accrochés à une clôture.

Mardi midi, plus d'une trentaine de paires de souliers étaient accrochées à la clôture du site du festival Innu Nikamu.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Marie Kirouac-Poirier

Des souliers d’enfants et des jouets en peluche ont été accrochés sur la clôture du site Innu Nikamu à Mani-utenam, le lieu même où le pensionnat Notre-Dame de Sept-Îles a fermé ses portes en 1971.

Comme ailleurs au pays, ce geste symbolique vise à commémorer la mort des 215 enfants dont les dépouilles ont été retrouvées sur le terrain d'un ancien pensionnat autochtone à Kamloops en Colombie-Britannique.

Résident de Mani-utenam, Augustin Michel est l’instigateur de cette initiative dans sa communauté.

Celui qu’on connaît sous le nom d’Atshuk a fait un appel à tous sur les réseaux sociaux la fin de semaine passée.

C'est simplement parti comme ça et on est allés se procurer des souliers et des sandales qu’on a accrochés sur les palissades du festival Innu Nikamu. [...] C’est un lieu qui est très symbolique. Oui c’est le site du festival Innu Nikamu, mais autrefois c’était le terrain de l’ancien pensionnat ici, raconte M. Michel.

La clôture qui borde le site Innu Nikamu est remplie de souliers et de vêtements d'enfants.

Le pensionnat Notre-Dame de Sept-Îles a fermé ses portes en 1971 à Mani-utenam et a été démoli l'année suivante.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Philomène Jourdain est allée accrocher des souliers avec sa fille et ses deux petites filles en signe de soutien aux familles des 215 enfants morts dans ce pensionnat, mais également pour commémorer ce qui a été vécu dans le pensionnat de Mani-utenam. Un lieu qu’elle a fréquenté comme école de jour.

Parce qu’on n'oublie jamais. Parce que je connais des personnes qui ont été au pensionnat et, encore aujourd’hui, elles sont toujours blessées. Ça nous fait de la peine de les voir de même. Moi je suis allée au pensionnat, mais on nous appelait les externes. Tu y allais le matin et le soir tu retournais chez toi, se souvient Mme Jourdain.

« Juste poser ton pied au pensionnat, pour moi, tu perds ton identité. Je me perds. »

— Une citation de  Philomène Jourdain

Différentes initiatives pour commémorer le souvenir des victimes de Kamloops ont eu lieu dans les derniers jours sur la Côte-Nord.

L’école secondaire Uashkaikan de Pessamit s’est jointe au mouvement.

La députée bloquiste fédérale de Manicouagan, Marilène Gill, s’est jointe au mouvement en mettant le drapeau de son bureau de circonscription de Baie-Comeau en berne.

Le conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam a aussi mis son drapeau en berne lundi soir.

Le gouvernement Legault a indiqué mardi qu’il n'écartait pas la possibilité d’effectuer des fouilles sur les lieux où il y avait des pensionnats autochtones dans la province.

Au Québec, six pensionnats autochtones ont été en activité. Des lieux voués à l'assimilation des Autochtones du pays où plusieurs sévices ont été vécus. Au Canada, plus de 150 000 enfants autochtones ont fréquenté les pensionnats entre les années 1820 et 1990.

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