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La Colombie-Britannique révèle les grandes lignes de son plan de gestion des forêts

Chargements de bois devant un entrepôt.

L'industrie forestière représente une part importante de l'économie de Williams Lake.

Photo : Radio-Canada / Francis Plourde

La Colombie-Britannique se dote d’un plan de gestion des forêts axé sur la durabilité des ressources et la réconciliation avec les communautés autochtones en gardant une place importante pour les emplois du secteur forestier.

Il faudra toutefois du temps pour mettre ce plan en oeuvre, selon le gouvernement. Les forêts sont au cœur de notre identité comme Britanno-Colombiens. Nous y vivons, nous y travaillons et nous y jouons, s’exclame d’emblée le premier ministre John Horgan. Il souhaite donc faire participer davantage les communautés qui s'intéressent au secteur forestier.

John Horgan annonce de son plan de gestion des forêts.

Le premier ministre John Horgan indique vouloir un secteur forestier plus diversifié et compétitif.

Photo : Radio-Canada

Les anciennes politiques, implantées il y a 20 ans, n’ont pas rapporté la majorité des bénéfices à la majorité des gens, souligne le premier ministre. Il ajoute qu'il reste beaucoup de travail à faire pour s'assurer que les personnes touchées par l’activité forestière peuvent en retirer les avantages.

Le plan présenté mardi donne les intentions du gouvernement en matière de gestion des forêts, un plan plus détaillé devrait suivre d’ici la fin du mois de juin et sa mise en oeuvre ne sera complétée qu’en 2023.

Le gouvernement souhaite redistribuer des tenures forestières aux Premières Nations, ainsi qu’aux petites entreprises et aux communautés qui vivent principalement de l’exploitation des forêts.

La province souhaite ainsi diversifier le contrôle de l’industrie forestière. Actuellement, environ la moitié des tenures de la province sont entre les mains de cinq grandes entreprises.

Gestion des forêts anciennes

Le gouvernement s’engage aussi à mettre en place une stratégie de protection des forêts anciennes, dont des fonds destinés à la surveillance et à l’évaluation de la gestion de ces forêts à compter de 2023.

John Horgan assure que la province appliquera les 14 recommandations prévues dans un rapport indépendant publié en septembre 2020 sur l’état des forêts anciennes en Colombie-Britannique, mais qu'elle ne le fera pas au détriment des communautés autochtones.

Un arbre géant.

L’une des recommandations phares du rapport indépendant sur l'avenir des forêts anciennes, remis au gouvernement de John Horgan en septembre, est de suspendre immédiatement la coupe des forêts anciennes dans les écosystèmes qui risquent des pertes irréversibles de biodiversité, le temps de mener une réforme complète du régime d'exploitation forestière.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Ces consultations avec les communautés doivent avoir lieu. Si nous allions arbitrairement reporter la coupe de ces arbres, ce serait un retour à la colonisation, soutient John Horgan en indiquant qu'il comprend toutefois la passion de la population pour les arbres anciens.

Il explique que son gouvernement s'engage à une réorientation audacieuse de la foresterie, loin de la poursuite du volume et vers les principes de conservation et de réconciliation.

Il faut cependant être conscients que le revenu de 50 000 Britanno-Colombiens dépend directement de la foresterie, dit-il.

Un plan qui manque de clarté

Pour le professeur en foresterie et en pathologie forestière à l’Université de la Colombie-Britannique, Richard Hamelin, le plan présenté par le gouvernement est plein de bonne intention, mais manque de clarté.

Le gouvernement affirme être en faveur de la protection des forêts anciennes, dit-il, mais ce n’est pas encore clair comment il compte y parvenir.

Richard Hamelin fait un prélèvement en forêt.

Le professeur en foresterie et en pathologie forestière à l’Université de la Colombie-Britannique, Richard Hamelin.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Il souligne notamment le manque d’actions concrètes pour protéger les arbres immédiatement menacés.

C’est sûr que les environnementalistes qui sont en train de protester pour la protection des forêts anciennes vont être déçus.

Une citation de :Richard Hamelin, professeur, foresterie et pathologie forestière, UBC

L’organisation environnementale Stand Earth déplore le plan présenté et demande au gouvernement de suspendre immédiatement les coupes forestières dans les secteurs écologiquement à risque.

Tandis que le premier ministre parlait, des arbres anciens étaient coupés et des gens étaient arrêtés pour défendre les forêts de Fairy Creek, écrit la directrice du programme international de l’organisation, Tzeporah Berman, dans un communiqué.

L’arrêt de l’exploitation forestière est nécessaire, dit-elle, pour assurer la participation des Premières Nations et de la population dans l’élaboration des politiques en matière de gestion forestière.

Une industrie importante pour l’économie

Le Conseil de l’industrie forestière de la Colombie-Britannique est heureux que le gouvernement désire s’assurer de la santé des forêts tout en créant de meilleures opportunités pour les Premières Nations et en conservant les emplois dans le secteur.

L’industrie forestière a été fondamentale pour l’économie et la qualité de vie de plusieurs générations dans la province, indique la présidente et directrice générale, Susan Yurkovich, dans un communiqué.

Après près de 20 ans, nous convenons qu’il est temps de reconnaître les défis auxquels nous faisons face avec la nature dynamique des forêts et l’industrie forestière, ajoute-t-elle.

Avec des informations de Wildinette Paul

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