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Comment aborder les atrocités des pensionnats autochtones avec des enfants?

Une femme et deux enfants vêtus d'un chandail orange sont accroupis dans le gazon et tiennent un petit bouquet de fleurs.

La directrice de l'éducation autochtone au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique, Diane Campeau, suggère de demander aux enfants ce qu’ils ont entendu et de mettre les choses en contexte, mais aussi de faire un geste concret pour rendre la commémoration vivante et tangible.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Raluca Tomulescu

La nouvelle de la découverte des restes de 215 enfants sur le site d'un ancien pensionnat autochtone, à Kamloops, en Colombie-Britannique, a fait le tour du Canada et du monde. Il est fort probable qu’elle ait fait son chemin jusqu’aux oreilles des plus jeunes. Comment aborder la question avec les enfants, que ce soit à l'école ou en famille? Avec une bonne écoute, de la patience, et en pensant aux gestes concrets qu’on peut accomplir, disent deux expertes.

La directrice de l'éducation autochtone au Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique, Diane Campeau, recommande dès maintenant de tenir des cercles de parole dans les classes pour permettre aux enfants de tous les âges d'exprimer ce qu’ils ressentent.

Il peut y avoir de la crainte, de la honte, un immense chagrin, c’est important que ça soit entendu.

Une citation de :Diane Campeau, directrice de l'éducation autochtone, CSF

Elle suggère de demander aux enfants ce qu’ils ont entendu et de mettre les choses en contexte, mais aussi de faire un geste concret pour rendre la commémoration vivante et tangible.

On peut envoyer des mots, mais c'est important aussi que ça soit quelque chose qui demeure, précise-t-elle. Justement à l'école de Kamloops, ils ont un projet de jardin et ils ont décidé de dédier leur jardin aux 215 enfants du pensionnat.

Porter le chandail orange - une reconnaissance des dommages causés par le système des pensionnats autochtones au Canada - et placer un ourson en peluche devant sa maison sont des exemples d’actions concrètes que Diane Campeau encourage.

Une femme et ses enfants déposent des souliers d'enfant devant une grille.

Un mémorial de fortune a été installé devant l'Assemblée législative de l'Ontario à la mémoire des 215 enfants dont les corps ont été découverts sur le terrain d'un pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole / CBC

Répondre honnêtement et rassurer

Si l’enfant pose des questions, il est important d’y répondre honnêtement, avec des mots simples, en fonction de son âge, estime aussi la psychologue spécialisée auprès des enfants et des adolescents Béatrice de Montigny.

L’être humain, peu importe son âge, a besoin de comprendre et d’avoir des réponses, explique-t-elle. Quand il n’a pas de réponse, il va essayer de venir combler ces trous-là dans l’histoire et de faire une histoire qui se tient. Si on ne l’aide pas à combler les trous, ça se peut que son histoire soit complète, mais toute croche.

Elle ajoute qu’on peut aussi rassurer l’enfant en lui disant que ce n’est pas quelque chose qui devait se produire et que cela ne peut pas se produire actuellement.

Se rapprocher des communautés locales

Au-delà des discussions et des commémorations immédiates, Diane Campeau estime qu’il faut entreprendre des actions à long terme qui permettent de créer des ponts avec chaque Première Nation locale.

C’est de voir quels sont les projets que les nations locales ont et comment nous, on peut intervenir avec nos écoles, avec nos jeunes, pour participer à ces projets-là, explique Diane Campeau. Ça peut être des projets d’aménagement, environnementaux, énergétiques.

La préservation de la langue est un enjeu qui peut d’ailleurs rapprocher les francophones et les Premières Nations, souligne-t-elle.

Non seulement on a déjà été dans les mêmes canots ensemble, mais, en plus, on a ensemble l’enjeu de la préservation de la langue. Ça, c’est quelque chose qui devrait nous réunir.

Une citation de :Diane Campeau, directrice de l'éducation autochtone, CSF

Lundi, le CSF a indiqué par écrit aux parents, aux employés et aux membres de la communauté qu’il offre son soutien à la communauté de la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc.

Une fois de plus, œuvrer à une véritable réconciliation grâce à la collaboration avec les communautés autochtones , a-t-il ajouté.

Si vous avez besoin de parler à quelqu'un :

Une ligne téléphonique d'aide aux anciens résidents des pensionnats autochtones et aux personnes qui sont touchées par les pensionnats a été mise en place à l'échelle du Canada pour offrir un appui émotionnel et fournir des références pour l'obtention de services d'aide. La ligne téléphonique d'aide est offerte en tout temps, au 1 866 925-4419.

La Colombie-Britannique propose également une ligne d'aide, la ligne téléphonique KUU-US, qui est offerte à tous les membres des Premières Nations en tout temps, au 1 800 588-8717, ou en ligne, à l'adresse suivante : www.kuu-uscrisisline.com (Nouvelle fenêtre) (en anglais seulement).

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