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La construction de logements sociaux retardée au Nunavut

Cinq logements réservés à des fonctionnaires territoriaux et 36 unités résidentielles ne verront pas le jour dans les délais prévus.

Des planches de bois sont posées sur le sol.

La Société d’habitation du Nunavut a dû mettre en veilleuse la construction de 36 logements sociaux cette année.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Devant la flambée du prix des matériaux de construction, la Société d’habitation du Nunavut a dû mettre en veilleuse la construction d’une trentaine de logements sociaux au territoire d’ici la fin de l’année.

La construction de ces logements devait commencer cette année, mais nous ne pouvons pas aller de l’avant, a résumé la ministre responsable de la Société d’habitation du Nunavut, Margaret Nakashuk, à l’Assemblée législative.

Le prix exponentiel du bois d’œuvre, a-t-elle expliqué, a fait grimper la facture de projets de logements sociaux dans plusieurs communautés.

Dans un échange de courriels, la Société d’habitation estime à 20 % la hausse des matériaux de construction au Nunavut depuis 2020.

Un chantier de construction montrant une maison sur le point d'être construite à Iqaluit.

Le prix du bois d'œuvre a grimpé un peu partout au pays, ce qui a alourdi la facture de bien des projets de construction.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

De fait, le bois d’œuvre est particulièrement touché par l’augmentation importante des prix qui est alimentée par la hausse de la demande et l’offre limitée depuis le début de la pandémie.

Au Nunavut, les entrepreneurs en construction ne sont pas épargnés par cette tendance. En plus de devoir s’ajuster ces prix accrus, ces derniers doivent continuer d’éponger les coûts liés au transport maritime et espérer ne pas se heurter à une pénurie de matériaux.

Nous constatons que les soumissions que nous recevons sont beaucoup plus élevées qu’à l’habitude, indique le premier ministre, Joe Savikataaq.

Des projets en veilleuse dans quatre communautés

En tout, 36 unités résidentielles et 5 logements réservés à des employés du gouvernement du Nunavut ne verront pas le jour dans les délais prévus. Il s'agit notamment de deux quintuplex à Taloyoak et d’un autre à Rankin Inlet, en plus de quatre quadruplex à Iqaluit et de logements pour fonctionnaires territoriaux à Pangnirtung.

Selon Margaret Nakashuk, la facture pour la construction des logements dans la capitale territoriale a augmenté de 3,3 millions de dollars.

Les projets de Taloyoak et d’Iqaluit seront quant à eux reportés à 2022, mais l’échéancier précis pour les autres logements n’a pas encore été établi.

Malgré ces annulations, 70 projets de logements sociaux iront de l’avant, dont la construction de 10 unités à Kugaaruk, et de 15 autres, à Pond Inlet.

Une caisse de bois posée au sol.

Une caisse de bois de la Société d'habitation du Nunavut contenant des matériaux de construction, à Kugaaruk.

Photo : CBC / John Last

Une situation déjà précaire

Réunis virtuellement à la Chambre, vendredi, plusieurs députés territoriaux ont fait part de leurs préoccupations à l’égard du manque endémique de logements et des conséquences possibles du retard de la construction de logements sociaux.

« Je pense qu’on peut s’attendre à une pénurie de logements pour encore un bon moment », a affirmé Emiliano Qirnguq, député de la circonscription de Netsilik, qui comprend les communautés de Taloyoak et de Kugaaruk, dans le centre du Nunavut. « Toutes les communautés sont touchées. »

« Il faut augmenter le nombre d’unités construites dans nos communautés. Nous devons être en mesure de répondre à l’augmentation de la population du Nunavut. »

— Une citation de  Emiliano Qirnguq, député territorial de la circonscription de Netsilik
Un enfant et un adulte marchent au loin dans une rue de Gjoa Haven, au mois de septembre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plus d'une personne sur deux vit dans un logement surpeuplé au Nunavut, selon le recensement de Statistique Canada de 2016.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

En 2019, la Société d’habitation du Nunavut cumulait 434 demandes de candidature pour un logement social à Iqaluit, contre 255 à Arviat et 205 à Rankin Inlet.

Naujaat, Iqaluit et Pond Inlet arrivaient quant à elles en tête des communautés où la demande en logements sociaux est la plus élevée par rapport à l’offre.

Une étude réalisée en 2018 par le ministère territorial des Services à la famille a d’ailleurs révélé l’ampleur du manque de logements dans plusieurs communautés du Nunavut.

Selon les données recueillies, entre 5 % et 7,4 % de la population de Pond Inlet, de Clyde River, d’Arviat et de Gjoa Haven vit une forme d’itinérance ou d’instabilité de logement.

Avec les informations de John Eetuk

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