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Procès de François Asselin : la suite du témoignage de la Dre Marie-Frédérique Allard

Dre Marie-Frédérique Allard, médecin psychiatre

Dre Marie-Frédérique Allard, médecin psychiatre

Photo : Radio-Canada

Élyse Allard

Le témoignage de la médecin psychiatre Marie-Frédérique Allard, amorcé la veille, se poursuivait mardi au procès de François Asselin. Après avoir évalué l’accusé à différentes occasions en 2019 et en 2020, la Dre Allard a précisé ce qui l’amène à suspecter chez lui un trouble psychotique non spécifié avec une composante toxique importante, c'est-à-dire une consommation d'alcool et de drogues.

Interrogée par la défense, Marie-Frédérique Allard a notamment passé en revue les antécédents médicaux de l’accusé d’après les notes prises par les médecins et autres membres du personnel médical l’ayant évalué avant et après les meurtres de son père et de son collègue de travail.

Trouble d’usage de substances, hallucinations auditives, logorrhée (le fait de parler beaucoup et rapidement), idées délirantes, autocritique et jugement altéré ont notamment été détectés chez François Asselin, soit par la Dre Marie-Frédérique Allard au cours de ses évaluations, soit par le personnel traitant qu’il a rencontré avant ou pendant son séjour en prison. On lui aurait d’ailleurs prescrit, entre autres, des antipsychotiques et des antidépresseurs à répétition au cours des dernières années.

Monsieur n’a pas tué son père pour avoir un héritage […] Il l’a tué pour un motif délirant […] et je pense aussi qu’il a tué François Lefebvre pour un motif délirant.

Une citation de :Dre Marie-Frédérique Allard, psychiatre

Facteur héréditaire

Selon la médecin psychiatre, même s’il est trop tôt pour émettre un diagnostic final, un trouble bipolaire ou une schizophrénie seraient à suspecter. D’ailleurs, la Dre Allard a parlé de l’importance du facteur héréditaire dans le développement de la maladie mentale.

La consommation a joué un rôle, mais je crois que cet homme-là a une très grande sensibilité à la psychose et qu’il a une maladie sous-jacente , a-t-elle affirmé.

Elle a d’ailleurs passé en revue une partie du dossier médical de la grand-mère de l’accusé, qui a fréquenté l’unité psychiatrique d’un hôpital à quelques reprises à la fin des années 1960. La médecin psychiatre légiste a aussi soulevé que des oncles de François Asselin souffraient de schizophrénie et que son propre frère s’était suicidé à l’âge de 13 ans.

La Dre Marie-Frédérique Allard a également énuméré les autres facteurs de risque pouvant être à l’origine de la maladie qui pourraient avoir affecté l'accusé. Stress maternel, malnutrition chez la mère, maltraitance lors de l’enfance, abus sexuels et consommation de drogues en bas âge sont autant de facteurs pouvant provoquer une psychose chez l’adulte.

Enfin, la Dre Allard est revenue sur le dossier carcéral de François Asselin, lorsqu’il a passé neuf mois en prison en 2017. Les employés de la prison le décrivaient déjà à l’époque comme un homme violent, paranoïaque, instable psychologiquement et imprévisible. Il s’en serait pris à certains de ses codétenus.

La spécialiste en psychiatrie légale, qui a évalué plusieurs meurtriers au cours de sa carrière, dont Luka Rocco Magnotta, est la première d’une suite d’experts appelés à se prononcer sur l’état mental de François Asselin lors des événements de mai 2018.

La défense entend démontrer que l’accusé n’est pas criminellement responsable de ces meurtres pour cause de troubles mentaux. François Asselin est accusé des meurtres non prémédités de son père Gilles Giasson et de son collègue de travail, François Lefebvre.

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