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Québec pourrait mener des recherches sur les sites de pensionnats autochtones

Bâtiment institutionnel en briques.

Les restes de 215 enfants ont été trouvés sur le site d'un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, en Colombie-Britannique, avec l'aide d'un spécialiste en radars pénétrants.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Snucins

Radio-Canada

Réagissant mardi à la découverte des restes de 215 enfants autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique, le gouvernement du Québec a indiqué qu'il pourrait à son tour effectuer des fouilles.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a reconnu qu'il était possible que l'on trouve des restes d'enfants sur les sites d'anciens pensionnats autochtones au Québec.

Est-ce que j'exclus qu'il y ait des corps qui soient enterrés à ces endroits-là? La réponse, c'est non, a-t-il déclaré en point de presse à l'Assemblée nationale.

Le Québec a compté six pensionnats autochtones, le dernier ayant fermé ses portes en 1991. Le gouvernement Legault est en train d'étudier la possibilité de sécuriser ces sites afin d'y mener des recherches.

Mais M. Lafrenière insiste pour dire que la demande doit d'abord venir des familles. On ne veut pas prendre une décision pour elles. [...] Est-ce qu'elles sont prêtes à passer à travers cette étape douloureuse?

Pour sa part, le premier ministre François Legault a bon espoir que les gouvernements pourront travailler ensemble dans ce dossier.

François Legault, debout et de profil, parle à l'Assemblée nationale.

Le premier ministre du Québec François Legault répond aux questions de l'opposition à l'Assemblée nationale relativement à la découverte, en Colombie-Britannique, de restes d'enfants autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

On va faire, avec le gouvernement fédéral, tout ce qu'il faut pour aller chercher le maximum d'informations, parce que c'est terrible ce qu'ont vécu et ce que vivent ces familles-là, a-t-il déclaré en conférence de presse.

Les élus ont observé mardi une minute de silence et adopté une motion pour les enfants autochtones. Le fleurdelisé restera en berne pendant 215 heures au mât de l'Assemblée nationale.

Rectificatif

Dans cet article, les mots corps et dépouilles ont été remplacés par le mot restes, pour mieux rendre compte de la nature de cette découverte, réalisée entre autres avec l'aide d'un spécialiste en radars pénétrants. Aucune exhumation n'avait été réalisée sur le site au moment de la rédaction de l'article.

Avant de présenter des excuses...

Quant à savoir si le gouvernement du Québec va présenter ses excuses aux peuples des Premières Nations, le ministre Ian Lafrenière a affirmé qu'avant [...], on va savoir ce qui est arrivé.

Ce n'est pas parce qu'on ne veut pas le faire, a-t-il expliqué, [mais] parce que je veux que ce soit des excuses senties, parce qu'on va avoir découvert ce qui est arrivé.

M. Lafrenière affirme que la première question des familles touchées par ces événements est : mon enfant est-il mort ou est-il vivant?

C'est horrible; on parle des années 50, 60, 70, a poursuivi M. Lafrenière, qui évoque la possibilité qu'il ait pu y avoir des adoptions sans consentement parental. Si on découvre qu'il y a eu plusieurs cas et qu'on découvre une tangente, on va aller au fond des choses et se donner les bons outils, a-t-il ajouté.

Le ministre fonde beaucoup d'espoir dans le projet de loi 79, qui fait l'objet d'une étude détaillée en commission actuellement.

Si elle est adoptée, cette loi conférera au gouvernement un pouvoir d'enquête et la capacité d'avoir accès à des documents. J'oserais parler de superpouvoirs, a commenté M. Lafrenière.

Toutefois, à la mi-avril, la cheffe parlementaire du deuxième groupe d'opposition, Manon Massé, de Québec solidaire, reprochait au gouvernement de François Legault de ne pas aller assez loin avec ce projet de loi.

Et plus tôt, début avril, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) ainsi que la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL) avaient pour leur part exprimé des réserves à l'égard du projet de loi.

Repérer d'autres lieux

Ailleurs au pays, des voix s'élèvent pour que les anciens pensionnats autochtones soient passés au peigne fin, dans le but de retrouver d’éventuels lieux contenant des restes d’enfants. Ces voix sont notamment celles d'Autochtones de Colombie-Britannique, d'Alberta et de Saskatchewan.

En Ontario, le leader parlementaire du gouvernement de Doug Ford, Paul Calandra, entend travailler avec l'opposition sur un projet de loi pour examiner tous les sites d'anciens pensionnats autochtones.

Vendredi dernier, le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, s'est dit horrifié en apprenant la nouvelle de la découverte des restes de 215 enfants enterrés sur le terrain de l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops.

Il a déclaré que cette découverte était une tragédie d'ampleur inimaginable qui venait mettre en lumière toute la violence et les conséquences du système des pensionnats autochtones.

Une ligne téléphonique d'aide aux anciens résidents des pensionnats autochtones et aux personnes qui sont touchées par les pensionnats a été mise en place à l'échelle du pays pour offrir un appui émotionnel et fournir des références pour l'obtention de services d'aide. Elle est offerte 24 heures sur 24, au 1 866 925-4419.

La Colombie-Britannique propose également une ligne d'aide, la ligne téléphonique KUU-US, qui est offerte à tous les membres des Premières Nations en tout temps, au 1 800 588-8717, ou en ligne, à www.kuu-uscrisisline.com (Nouvelle fenêtre) (en anglais seulement).

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