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Le bien-être des employés devrait être une condition aux subventions, dit Fitzgibbon

Gros plan du ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon.

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La Presse canadienne

« Les conditions insalubres dans lesquelles vivent les travailleurs étrangers à l'emploi des serres Demers mettent en lumière le bien-fondé d'avoir des audits, un respect des normes », estime le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, qui écarte cependant l'idée de retirer une récente aide gouvernementale à l'entreprise.

On devrait avoir des points d'évaluation de nos conditions de résidence des travailleurs étrangers, a-t-il dit en entrevue avec La Presse canadienne mardi. Ça devrait faire partie des critères pour autoriser le financement.

Un reportage de Radio-Canada dévoilait lundi que le plus gros producteur maraîcher du Québec loge ses travailleurs de Drummondville, dans le Centre-du-Québec, dans des logements délabrés, où la moisissure était abondante, que leurs lits superposés étaient cordés dans de petits espaces où la chaleur est suffocante l'été et où il manque régulièrement d'eau chaude.

Appelé à commenter ces révélations, le ministre Fitzgibbon a déclaré qu'il ne va pas défendre l'indéfendable, que les entreprises doivent être extrêmement sensibles au traitement de leurs employés et que d'attirer des travailleurs passe par l'hygiène de base.

Selon le ministre, les critères d'octroi d'aide gouvernementale devraient être précisés de sorte qu'il y ait dans l'avis sectoriel du ministère concerné, dans ce cas-ci l'Agriculture, une case qui dit que l'entreprise respecte les règles de bien-être pour les travailleurs étrangers.

Bien qu'il soit légitime d'aborder dans ce contexte l'idée que Québec retire son prêt de 30 millions $ et sa subvention pouvant atteindre 23 millions $ récemment octroyés aux Productions horticoles Demers pour un projet d'agrandissement sur la Rive-Sud près de Québec, le ministre estime qu'il séparerait ce projet-là puisqu'il est à Lévis et pas à Drummondville.

Le syndicat se défend

Dans un communiqué, le syndicat qui représente les travailleurs de l'entreprise soutient ne pas être resté les bras croisés et a sonné l'alarme. Une plainte aurait notamment été déposée à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et une mise en demeure aurait été envoyée à l'employeur pour reloger des travailleurs en début de pandémie.

Selon les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) Canada, le problème vient d'abord de l'absence de normes adéquates dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires.

À plusieurs reprises, les inspecteurs de la CNESST et du ministère de l'Emploi et Développement social Canada ont visité les installations des serres Demers et chaque fois, ils ont conclu que les logements étaient conformes aux exigences, et ce, en fonction des règles qui concernent chacun des organismes, écrivent-ils.

Le syndicat affirme qu'Ottawa est à réviser les normes concernant les logements et qu'il a communiqué ses recommandations pour améliorer les conditions de vie des travailleurs étrangers.

Une firme de communications embauchée par Les productions horticoles Demers n'avait pas répondu à la demande d'entrevue de La Presse canadienne au moment de publier cet article.

Que fait Ottawa pour assurer des logements décents aux travailleurs étrangers temporaires? Entrevue avec Marie-Claude Bibeau, ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire.

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