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Obtenir un prêt hypothécaire : les emprunteurs soumis à des conditions plus strictes

Une pancarte affiche une maison à vendre.

Le marché de l'immobilier se stabilisait déjà avant l'entrée en vigueur des nouvelles règles, selon certains analystes. (Archives)

Photo : Reuters / Mark Blinch

Radio-Canada

Depuis mardi, il faut prouver avoir des moyens financiers plus importants afin d’obtenir une hypothèque au Canada.

De nouvelles règles sont entrées en vigueur le 1er juin. Dorénavant, les Canadiens désirant acheter un logement sont soumis à un test d'admissibilité plus élevé pour obtenir un emprunt. Ils devront prouver qu'ils sont en mesure de faire leurs paiements hypothécaires si les taux d’intérêt devaient être le montant le plus élevé entre le taux hypothécaire contractuel majoré de 200 points de base (soit 2 %) et 5,25 %.

Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) en avait fait l'annonce le 20 mai.

Cette mesure de test de stress a été lancée en 2017 pour calmer le marché en surchauffe de l'époque. Il s'agit d'un seuil minimum que toute personne demandant un prêt immobilier au Canada doit respecter. Cela ne rend pas le prêt lui-même plus cher. Il garantit que quiconque obtient un prêt hypothécaire sera en mesure de le rembourser si les taux augmentent.

Il n'est pas difficile de trouver une hypothèque fixe de cinq ans avec un taux d'intérêt d'environ 2 % en ce moment, avec des prêts à taux variable encore moins chers.

Une personne qui cherche actuellement à acheter une maison et qui a besoin d’emprunter 300 000$ à 2 % de taux d’intérêt sur une période de 25 ans fait face à des paiements de 1270 $ par mois. Or, cette même personne devra prouver qu’elle serait toujours capable d'effectuer ses paiements mensuels si les taux passaient à 5,25 %, ce qui signifierait des paiements de 1788 $ par mois.

Même si cette somme n'est que théorique, si l'acheteur n'est pas en mesure de payer ces 518 $ supplémentaires par mois en fonction de son niveau de revenu, de son endettement global et d'autres facteurs, le prêteur ne peut pas lui prêter l'argent.

Immobilier : un marché qui se stabilise

Les nouvelles règles entrent en vigueur mardi, mais selon James Laird, cofondateur du site de comparaison de taux Ratehub.ca, le marché de l’immobilier se stabilise déjà.

Cela ne veut pas dire que le marché de l’immobilier tourne au ralenti. Il ralentit versus son statut en mars de cette année, a-t-il déclaré en entrevue à CBC News.

Tout au long du printemps, de l'été et jusqu'à l'automne, la demande des Canadiens – qui faisaient face à un confinement dans le cadre de diverses mesures de quarantaine liées à la COVID-19 – a poussé le marché de l’immobilier à des records, faisant grimper les volumes et les prix pour le reste de 2020 et pour presque tout 2021.

Le prix moyen d'une maison canadienne vendue en mars s'élevait à 716 828 $, un chiffre qui a augmenté de plus de 30 % en un an. Il s'agit de la plus forte augmentation annuelle jamais enregistrée.

Selon M. Laird, les nouvelles règles pourraient forcer les prix à la baisse.

Bien qu’elles signifient que les institutions financières devront refuser d’accorder une hypothèque à certains premiers acheteurs, une baisse de prix éventuelle, à long terme, facilitera peut-être l'entrée des premiers acheteurs dans le marché, [donc] le résultat net est peut-être neutre, selon M. Laird.

Des centaines de milliers de dollars au-dessus du prix affiché

Dans le communiqué publié en mai, le BSIF justifie sa décision ainsi : Il est clair que les acheteurs d’une maison doivent faire face à de nombreux problèmes, notamment l’endettement élevé, la hausse rapide du prix des maisons, la faiblesse de l’offre de logements et les offres d’achat concurrentielles.

Un portrait de deux personnes sur un sofa.

Amanda Garant et Neil Pettit essaient d'acheter une maison à Windsor, en Ontario, depuis des mois.

Photo : offerte par Amanda Grant

Ce sont ces offres d’achat concurrentielles qui inquiètent Neil Pettit et Amanda Garant, de Windsor, en Ontario. Depuis des mois, ils essaient d’acheter une maison.

Ils n’ont toujours pas réussi à trouver un logement qui leur convient après avoir perdu plusieurs guerres d'enchères. Chaque fois, disent-ils, leur offre était bien supérieure au prix demandé.

Parfois les offres dépassent la nôtre de 100 000 $, a déclaré M. Pettit en entrevue à CBC News. C’est impossible.

Ils ont tous deux des revenus sains et ont économisé un acompte de bonne taille. Ils ne croient pas que les nouvelles règles du BSIF auront un impact direct sur leur situation. Ils se disent tout de même heureux de voir le gouvernement intervenir.

Le couple est toujours à la recherche d’une maison, mais rien ne presse, selon M. Pettit.

Nous sommes très prudents et nous nous assurons de respecter notre budget, pas ce que la banque croit qu’on peut se permettre.

D’après les informations de Pete Evans de CBC

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