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Université Laurentienne : Ottawa met 5 M$ de côté pour sauver des programmes francophones

Le montant mis de côté par Ottawa pourrait aussi permettre à l'Université de Sudbury de poursuivre ses activités de manière indépendante.

Mélanie Joly prend la parole, debout, en Chambre.

La ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, revient à la charge pour réanimer les programmes francophones abolis à l'Université Laurentienne. Dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu copie, la ministre Joly interpelle le gouvernement Ford et propose une enveloppe de 5 millions de dollars afin de trouver « une solution universitaire » par et pour les francophones du Nord de l’Ontario.

La lettre en question a été envoyée mardi au ministre ontarien des Collèges et Universités, Ross Romano, et à la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, les pressant d'agir dans le dossier de l'Université Laurentienne, un établissement postsecondaire bilingue du Nord de l’Ontario.

Alors que le mois de juin frappe à nos portes, les inquiétudes demeurent vives et l’absence d’un plan clair de la province nourrit l’incertitude, écrit la ministre Joly dans sa lettre.

Un campus universitaire.

Le 15 mai marque la date officielle du licenciement de 83 professeurs de l’Université Laurentienne, qui s’est placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Aux prises avec des difficultés financières considérables, l'Université Laurentienne s'est placée l'hiver dernier sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Au total, 69 programmes ont été abolis, dont 28 en français. La direction de l'Université a aussi licencié une centaine de professeurs.

Au début du mois, l'institution a également coupé ses liens avec ses trois universités fédérées, qui craignent désormais pour leur survie. Ensemble, les universités fédérées de Sudbury, Thorneloe et Huntington desservent un peu plus de 400 étudiants à temps plein et à temps partiel.

« Les conséquences des coupes à l’Université Laurentienne pourraient être durables et miner la vitalité de la communauté francophone. [...] Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Il faut bien se rendre à l’évidence : c’est autant une question de vitalité linguistique que de développement économique régional. »

— Une citation de  Extrait de la lettre

Dans la lettre, la ministre Joly souligne aussi qu'à ce jour, le gouvernement ontarien ne lui a fait parvenir aucune demande d'assistance financière en lien avec l'élimination de programmes de langue française à l'Université Laurentienne. Elle réitère d'ailleurs qu'Ottawa est prêt à étudier la possibilité d'offrir de l'aide par le truchement des programmes d’appui aux langues officielles.

Mélanie Joly indique que le montant de 5 millions de dollars pourrait par exemple permettre à l’Université de Sudbury de joindre de façon officielle le réseau d’institutions postsecondaires francophones de la province.

Ottawa espère que cet engagement de financement permettra d'alimenter les discussions sur les besoins des étudiants universitaires dans le nord de la province et qu'il stimulera les propositions de la communauté francophone.

Portrait de Caroline Mulroney.

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans son plus récent budget, le gouvernement Trudeau a prévu 121,3 millions de dollars sur trois ans pour soutenir l’éducation postsecondaire dans les communautés francophones ou anglophones en situation minoritaire. Les 5 millions de dollars que met de côté la ministre Joly pour financer une solution universitaire dans le nord de la province proviennent de cette enveloppe.

La ministre Joly avait déjà interpellé le gouvernement Ford par l'envoi d'une lettre suivant l'annonce des compressions budgétaires à la Laurentienne. Les ministres Romano, Mulroney et Joly avaient aussi tous pris part à une rencontre virtuelle en avril. Les deux gouvernements n'ont pas échangé davantage sur cette question depuis.

En fin de journée mardi, le bureau du ministre Ross Romano a réagi à la nouvelle via communiqué de presse.

Nous avons dit dès le premier jour que nous sommes heureux de travailler avec le gouvernement fédéral pour soutenir l'éducation en langue française et l'éducation francophone en Ontario. Nous avons collaboré à la création de l'Université de l'Ontario français, l'un des deux établissements indépendants dirigés pour, et par, des francophones que notre gouvernement a mis sur pied. Nous nous sommes également rencontrés et avons convenu de travailler ensemble de bonne foi pour tenter de résoudre certains des problèmes auxquels l'Université Laurentienne est confrontée, a indiqué Chris Clark, le secrétaire de presse du ministre Romano.

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