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Chaque jour, six personnes meurent d'une surdose en Colombie-Britannique

L’heure est venue pour les élus de faire preuve de courage politique, selon un expert.

Des bougies allumées et alignées sur une marche.

Quatre ans après avoir déclaré l’état d’urgence sanitaire, la Colombie-Britannique ne parvient pas à contenir cette autre épidémie qui a déjà coûté la vie à plus de 7500 personnes.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

Les surdoses font désormais six victimes chaque jour en Colombie-Britannique, le double qu'à la même période l'an dernier. La province est l'épicentre canadien de la crise des opioïdes.

Si c’était des enseignants qui mouraient en aussi grand nombre, le problème serait résolu immédiatement, affirme le professeur à la Faculté de médecine de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) Mark Haden.

Mais la population marginalisée qui meurt ne reçoit pas beaucoup de sympathie, voilà le problème, croit celui qui est l'auteur d'une étude basée sur la santé publique pour la gestion et la réglementation des opioïdes.

Les élus ont maintenant le devoir de montrer du leadership et de prendre des mesures urgentes et fortes pour endiguer le fléau, qui a fait plus de 7500 morts dans la province, poursuit-il.

De l'héroïne pharmaceutique.

De nombreux experts croient que la résolution de la crise des opioïdes passe par un accès à des drogues sécuritaires.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Des drogues contaminées

La solution : un accès réglementé et sécuritaire à des substances autrement contaminées et létales, selon le Dr Haden. Les gangs criminels ne sont pas de bons fournisseurs de produits. La santé publique, par contre, l’est, résume-t-il.

La coroner en chef de la Colombie-Britannique, Lisa Lapointe, estime également qu'un approvisionnement sûr à des produits pharmaceutiques est essentiel pour réduire la dépendance des personnes vulnérables à un marché de drogues illicites axé sur le profit.

La drogue qui circule dans la province est plus coupée, et donc plus mortelle, depuis la fermeture des frontières en raison de la pandémie de COVID-19. Des rapports de toxicologie montrent un plus grand nombre de cas avec des concentrations extrêmes de fentanyl dès le mois d'avril 2020.

En privé, les politiciens à qui j'ai parlé comprennent parfaitement que la prohibition des drogues est une politique qui a échoué, explique le Dr Haden, qui souhaiterait que ces derniers fassent preuve de courage politique.

Une crise qui s'enlise

Signe que la crise est loin de s'essouffler, le Bureau de la coroner en chef, Lisa Lapointe, indique notamment une hausse du nombre de morts de 10 % en avril (176 décès) par rapport au mois de mars (160 décès).

Du 1er janvier au 30 avril, 680 personnes ont perdu la vie après avoir consommé une substance illicite, comparativement à 390 en 2020. La forte majorité des victimes est constituée d'hommes, les Autochtones étant surreprésentés.

Si nous pensons à ces personnes gens comme si elles étaient nos enfants, il devient plus facile de comprendre l'urgence d'agir.

Une citation de :Mark Haden, professeur, École de la population et de la santé publique, UBC
Une trousse d'injection de naloxone.

Des trousses comme celle-ci peuvent sauver des victimes de surdose. En Colombie-Britannique, elles sont disponibles gratuitement dans plus de 1500 points de distribution.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Appels à la décriminalisation

Appuyée par la médecin hygiéniste en chef de la province, Bonnie Henry, la décriminalisation de la possession simple de drogues fait partie des mesures encouragées par différents groupes et gouvernements dans la province.

L'Association canadienne des chefs de police et le premier ministre de la Colombie-Britannique ont demandé à Ottawa de se pencher sur la question.

En novembre dernier, les membres du conseil municipal ont adopté à l’unanimité une motion exigeant d'Ottawa le pouvoir de dépénaliser la possession simple de drogues illicites.

Nous parlons de cette crise de la mauvaise façon, conclut le Dr Haden. Nous parlons de problèmes de drogues, alors qu’il s’agit en réalité d’un problème de prohibition de drogues.

Pour trouver un point de distribution des trousses de naloxone, on peut consulter ce site (en anglais) : Service de réductions des méfaits de la Colombie-Britannique. (Nouvelle fenêtre)

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