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D’ici deux ans, Québec souhaite offrir une école sur deux en bon état

Dans le nord de Lanaudière, la saison des travaux bat son plein afin de remettre en bon état quelques bâtiments scolaires vétustes. Mais là, comme ailleurs, la plupart des écoles ont « besoin d’amour ». Le déficit de maintien des actifs dépasse les 5 milliards de dollars à l’échelle du Québec.

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Des travaux sont en cours à l’École secondaire des Chutes à Rawdon.

Photo : Radio-Canada

C’est le branle-bas de combat depuis le mois de janvier à l’École secondaire des Chutes à Rawdon, dans Lanaudière. Des travaux de plus de 5 millions de dollars visent à rénover le bâtiment sportif de A à Z.

Pour le responsable du chantier Maxime Audet, le défi, c’est de déranger le moins possible les gens à l’intérieur du bâtiment.

Les travaux bruyants sont réalisés de soir et on a mis aussi des roulottes à l’extérieur comme vestiaires afin de ne pas attendre juin [pour les travaux] et risquer d’être en retard sur l’échéancier, ajoute le vice-président chez Constech.

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Maxime Audet, vice-président chez Constech.

Photo : Radio-Canada

Il faut dire que le bloc sportif avait besoin d’amour, reconnaît la directrice de l’école, Stéphanie Perreault. La piscine a été construite il y a près de 50 ans, les espaces de rangement sont rudimentaires, sans compter l’éclairage et la ventilation. Selon les données du ministère de l’Éducation, le bâtiment était considéré en très mauvais état (cote E).

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La piscine de l'École des Chutes en rénovation.

Photo : Radio-Canada

D’autres écoles en mauvais ou en très mauvais état (cote D-E) font l’objet de travaux cette année au Centre de services scolaire des Samares.

À l’École secondaire Thérèse-Martin à Joliette par exemple, des rénovations majeures de 11 millions de dollars visent à remplacer le système de ventilation et de chauffage, désamianter certains locaux, mettre à niveau l’alimentation électrique, remplacer l’éclairage par la technologie DEL, améliorer l’acoustique et aménager des puits de lumière.

Selon les données du ministère compilées par Radio-Canada, la grande majorité des bâtiments du Centre de services scolaire des Samares sont considérés en mauvais ou très mauvais état, et le déficit de maintien d’actif oscille autour de 125 millions de dollars.

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Stéphanie Perreault, directrice de l’École secondaire des Chutes.

Photo : Radio-Canada

Directrice de l’École secondaire des Chutes depuis cinq ans, Stéphanie Perreault admet qu’il faut prendre son mal en patience […], mais je vous dirais qu'à chaque moment où on reçoit la nouvelle qu’on va avoir des travaux dans nos écoles, c’est un petit bonheur, on se dit que cette section va être réparée, wow!

Si tout se déroule normalement, les travaux seront terminés d’ici la fin de l’année.

Plus d'un établissement sur deux se trouve dans un mauvais état dans la province. Malgré les promesses de la CAQ, de doter le Québec des « plus belles écoles du monde », la situation, loin de s'améliorer, s'est plutôt détériorée depuis deux ans. Les détails avec Valérie-Micaela Bain.

La course pour l’élève

La vétusté des écoles au Québec est un enjeu qui a pris de l’ampleur ces dernières années.

Un enjeu parfois lié à la présence de moisissures et aux problèmes de qualité de l’air. Dans d’autres cas, il s’agit aussi d’offrir un environnement scolaire favorable à la réussite scolaire.

On est tous à la course pour l’élève et on souhaite toujours offrir quelque chose qui va répondre aux besoins de l’adolescent, explique la directrice d’école Stéphanie Perreault.

C’est une période où ils sont en recherche d’eux même, d’un intérêt, et pour les capter, les garder, surtout nos garçons, il faut avoir quelque chose à leur offrir, affirme-t-elle.

La directrice se dit convaincue qu’un bloc sportif en bon état, une salle de musculation intéressante, des vestiaires beaux et attirants, une piscine toute rénovée, bien ça amène les élèves à se dire : "bien peut-être que le club de natation, ça m’intéresse, wow! Moi, aller faire de la muscu sur l’heure du dîner, ça me tente; hey finalement je rentre et je vois les vélos bien alignés, ça me tenterait ce soir de faire du vélo de montagne!" C’est tout ça que ça amène.

Un déficit de maintien d’actif de 5 milliards

Évaluée à 46 % en 2019 par le Vérificateur général du Québec, la proportion des 4000 bâtiments scolaires en bon état (cote A,B ou C) au Québec n’a pas progressé depuis.

La CAQ a beau annoncer des milliards d’investissements depuis 2018, le rattrapage demeure colossal afin de combler le déficit de maintien d’actif qui atteint les 5 milliards de dollars.

Il nous reste encore beaucoup, beaucoup de travail à faire, reconnaissait le ministre Jean-François Roberge, lors de l’étude des crédits budgétaires début mai. Honnêtement, c’est un petit peu gênant en ce moment, ce que je vous donne comme résultats, disait-il.

Au ministère, on espère que les investissements permettront dans deux ans d’atteindre le seuil de 50 % des bâtiments en bon état (cote A,B ou C).

Pour Patricia Clermont, porte-parole du mouvement de parents Je protège mon école publique, le ministre disait qu’il était gêné l’autre fois, mais dans le fond on est gêné collectivement de cet état de situation là, car c’est une responsabilité collective de plusieurs gouvernements et aussi de citoyens qui ne regardaient pas sur cet enjeu-là.

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Patricia Clermont, porte-parole du mouvement de parents Je protège mon école publique.

Photo : Radio-Canada

De l’avis de Mme Clermont, tout cet argent-là, on a besoin de le voir clairement attribué et puis de voir le cadre dans lequel ça évolue au-delà des annonces qui sont faites, pour dire voici comment on a avancé par rapport à l’ancien gouvernement ou pas.

Comme le disait le Vérificateur général en 2019, un entretien rigoureux permet de prévenir la dégradation d’un bâtiment, de diminuer l’exécution de travaux correctifs et, par conséquent, de réduire les dépenses de maintien d’actifs.

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