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BILLET | Les Jets de Winnipeg pour vaincre les préjugés

Les Jets de Winnipeg, c’est du bon hockey, mais c’est aussi plus que du sport. Voici pourquoi.

Des joueurs de hockey

La deuxième ronde des séries verra les Jets affronter le Canadien de Montréal à Winnipeg, dès mercredi.

Photo : La Presse canadienne / JOHN WOODS

Louis-Philippe Leblanc

À écouter les grandes chaînes de sports et certains médias (dont Radio-Canada), on dirait parfois qu’il n’y a que trois équipes dans la Ligue nationale de hockey (LNH) au pays : Toronto et Edmonton pour les anglophones, et Montréal pour les francophones.

Les performances des autres équipes sont observées et considérées seulement lorsque les autres équipes affrontent cette grande trinité canadienne. Les prouesses de Mark Scheifele, Nikolaj Ehlers, Connor Hellebuyck restent du côté obscur de la Lune. Ils ne méritent une bribe de nouvelle que lorsque l’équipe affronte un des grands clubs du pays.

Les Jets de Winnipeg s’apprêtent donc à livrer un combat bien plus grand que celui qui les attend sur la glace : celui de l’opinion publique.

Année après année, l’équipe est boudée chez les analystes et les parieurs (Pooleur). Pourtant, l’équipe a atteint les séries éliminatoires quatre années consécutives (incluant la ronde préliminaire de la bizarre année 2020).

Deux fois sur quatre, elle a dépassé la première ronde. Les séries de 2018 furent particulièrement relevées, l’équipe battant les finalistes de la coupe Stanley de 2017, les Prédateurs de Nashville. Elle s’est rendue en finale de l’Ouest.

Le club de Paul Maurice gruge des places au classement année après année et tatillonne les meilleurs grâce au maître-passeur, le capitaine Blake Wheeler (plus de 800 points en carrière), au mur, le gardien Connor Hellebuyck (gagnant du trophée Vézina en 2020 et qui a un taux d’efficacité de .950 en série cette année), et à toute une brochette d’attaquants de talent.

L'entraîneur-chef des Jets de Winnipeg, Paul Maurice

L'entraîneur-chef des Jets de Winnipeg, Paul Maurice

Photo : Getty Images / Marianne Helm

La ligne bleue a été malmenée par les blessures et les départs de Byfuglien, Myers, Trouba et un certain Ben Chiarot il y a deux ans, mais elle a su démontrer qu’elle valait celle des autres clubs malgré tout!

Pourtant, la majorité des commentateurs ne voyaient même pas les Jets en séries éliminatoires cette année, et les voyaient encore moins dépasser les Oilers au fil d’arrivée (ce qui s’est fait en quatre matchs, de surcroît).

Mais à Winnipeg, les partisans voient année après année se bâtir un sacré bon club de hockey. La recette est simple. Le directeur de l’équipe, Kevin Cheveldayoff, (un ancien des Blackhawks de Chicago ayant remporté trois coupes Stanley entre 2010 et 2015), mise sur la stabilité, le repêchage et le développement des joueurs.

Mais lorsqu’on parle de cette équipe ailleurs au pays : silence radio. Jets de Winnipeg ou obscure formation de la KHL de la Sibérie? Même combat. J’exagère à peine.

Une partie du problème repose sur la géographie. Les Leafs et le Canadien évoluent dans de grandes villes canadiennes où les réseaux de sports sont bien implantés. Les partisans des Jets sont moins nombreux que ceux des Canadiens, c’est vrai. On voit rarement un chandail des Jets dépassant les frontières du Manitoba, contrairement à ceux du Canadien, des Bruins ou des Leafs… Mais ils sont là.

Cette série, c’est plus que du hockey. C’est une ville, une province, qui vivent de grandes difficultés, tant sur le plan de la pandémie que de la pauvreté.

Des centaines de partisans des Jets vêtus de blanc à l'extérieur

La marée blanche au centre-ville de Winnipeg lors des séries éliminatoires de hockey en 2018.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Les Jets, c’est plus qu’une équipe de hockey. C’est une affirmation que les Manitobains existent, prospèrent et sont fiers. Qu’il y a de la vie en dehors de Montréal et Toronto. Les marées blanches, tradition de l’équipe en série, le prouvent bien.

Les partisans des Jets sont peut-être moins nombreux… mais ce sont de loin les meilleurs partisans. Et ils ont raison d’être fiers.

Jets en 5.

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