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La couronne nord de Montréal veut sa part du REM de l'Est

Un wagon du futur REM.

Les élus de la couronne nord souhaitent que le REM se rende sur leur territoire.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Cinq maires de la couronne nord de Montréal réclament l’intégration de leurs municipalités au projet de Réseau express métropolitain (REM) de l’Est afin d’améliorer l’offre de transport collectif dans leur région. Ils souhaitent que le projet se rende jusqu'à Mascouche, en passant par Repentigny et Terrebonne à l’est, et à Boisbriand par sa branche nord-est.

Nous sommes les champions de l’auto solo, déplore la mairesse de Repentigny, Chantal Deschamps. Et ce n’est pas par choix, mais bien par nécessité que ses concitoyens se tournent vers leur véhicule pour se rendre au travail quotidiennement, ajoute-t-elle.

N’allez pas croire que nos citoyens n’ont aucun intérêt pour l’environnement ou pour le transport collectif. C’est simplement que l’offre de transport n’est pas adéquate autant en mode, en fréquence qu’en qualité de service.

Une citation de :Chantal Deschamps

Présidente de la Table des préfets et élus de la couronne nord (TPECN), Mme Deschamps – de même que ses quatre homologues maires – souhaite profiter de la construction du REM de l’Est pour que leurs municipalités soient raccordées au réseau de transport collectif de la métropole.

Nous voyons dans le prolongement du REM de l’Est une belle opportunité de résoudre de manière durable les problèmes de mobilité.

Une citation de :Chantal Deschamps

Les revendications de la couronne nord s’inscrivent dans la continuité de l’engagement de la couronne de promouvoir l’accès au transport collectif sur notre territoire de façon équitable et dans un esprit et une vision métropolitaine, poursuit Mme Deschamps.

Or, à l’heure actuelle, le projet prévoit que le REM s’arrête à Pointe-aux-Trembles dans l’est et au Cégep Marie-Victorin au nord-est.

Si près et si loin à la fois

La mairesse Deschamps souligne que Pointe-aux-Trembles, l’extrémité est du REM, est situé à 1,1 km de Repentigny par le pont Le Gardeur, et que le cœur de Laval, situé « à quelques jets de pierre » de Boisbriand, constitue l’extrémité nord-est du projet. « Nous avons été oubliés dans ce projet », conclut-elle.

La mairesse de Repentigny révèle que les municipalités ont rédigé un mémoire proposant un réseau de transport orienté est-ouest – pour répondre aux besoins actuels et futurs des citoyens de la couronne nord – dans l’axe de l’autoroute 640. Il serait relié aux autres axes stratégiques de transport orienté nord-sud menant aux centres-villes de Montréal et de Laval.

Une rivalité Montréal-Québec en transports

Précisant qu’elle ne souhaite pas juger des besoins des citoyens de Québec et Lévis, la mairesse de Boisbriand, Marlène Cordato, souligne que le Réseau express de la Capitale – présenté par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) – ne desservira qu’une fraction d’un éventuel REM vers Mascouche et Boisbriand.

Marlène Cordato, Denis Martin, Chantal Deschamps, Guillaume Tremblay et Marc-André Plante.

Les porte-parole de la TPECN : les maires de Boisbriand, Deux-Montagnes, Repentigny, Mascouche et Terrebonne.

Photo : Radio-Canada / TPÉCN

Le projet de la CAQ, évalué à plus de 10 milliards de dollars, prévoit un achalandage de 50 000 véhicules par jour, alors qu’une moyenne de 137 000 véhicules empruntent quotidiennement le pont Le Gardeur et le pont Charles-de-Gaule, reliant Montréal à Terrebonne. Elle ajoute que ce sont également 140 000 véhicules, en moyenne, qui empruntent chaque jour le pont Gédéon-Ouimet, reliant Laval à Boisbriand.

Ces trois ponts de la couronne nord sont ainsi cinq fois plus achalandés que le futur pont reliant Lévis à Québec, avance Mme Cordato. Elle remet en question les priorités du gouvernement québécois en matière de transports.

Une croissance phénoménale

Nous sommes préoccupés par le manque de vision métropolitaine du projet qui laisse totalement pour compte les citoyens de la couronne nord, déplore-t-elle. La couronne nord connaît une croissance phénoménale depuis les 20 dernières années.

Le ministre Bonnardel n’a pas encore saisi l’ampleur de la congestion [automobile] sur la couronne nord et la nécessité de construire un mode de transport collectif structurant.

Une citation de :Marlène Cordato

Les élus de la couronne nord soutiennent que leur région est au deuxième rang en termes de croissance économique et démographique de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), derrière la Ville de Montréal et devant Laval, l’agglomération de Longueuil et la couronne sud. Ils s’appuient sur ce constat pour revendiquer un prolongement du REM vers Mascouche et Boisbriand.

Il s’agit de l’avenir du développement économique, social et démographique de notre région.

Une citation de :Chantal Deschamps

Les nombreuses représentations de la TPECN auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec infra (CDPQ), du ministre québécois des Transports, François Bonnardel, de la ministre déléguée aux Transports et responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, de même que de l’ensemble des élus qui représentent la région à l’Assemblée nationale sont demeurés sans réponse adéquate, selon Mme Deschamps.

La gare de Mascouche.

La gare de Mascouche.

Photo : Radio-Canada / TPÉCN

En réponse à leurs revendications, la CDPQ infra a présenté une étude – qualifiée de bâclée par la mairesse Deschamps – sur les enjeux de mobilité durable au sein de la CMM.

Tous les scénarios révisés de la Caisse s’arrêtent toutefois à la gare de Repentigny.

Les porte-parole de la TPECN se tournent maintenant vers l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) afin que cette dernière prenne le relais et amorce la préparation d’une étude crédible du projet du REM de l’Est tenant compte de ses revendications.

Le REM sonne le glas du train de l'Est

Nous déplorons le manque de considération de la Caisse de dépôt envers les intervenants et nous souhaitons que le tracé du REM de l’Est soit révisé en tenant compte des besoins de notre secteur, poursuit Mme Deschamps. Elle ajoute que le train de l’Est est moribond depuis l’arrivée de la première phase du REM.

Le REM de l’Est, tel qu’il est porté par la CDPQ infra, signe l’arrêt de mort de la ligne [de train de banlieue] de Mascouche.

Une citation de :Le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay

Le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, abonde dans ce sens et estime qu’il est impensable que sa municipalité soit desservie uniquement par un réseau d’autobus menant au REM pour atteindre le centre-ville de Montréal. « C’est un non-sens économique et pratique », selon lui.

Nous ne pouvons plus nous permettre d’utiliser les méthodes d’hier pour relever les défis de demain.

Une citation de :Marlène Cordato

Les élus de la couronne nord espèrent que le gouvernement du Québec et la CDPQ infra revoient les tracés du REM de l'Est avant qu'il ne soit trop tard pour inclure leurs citoyens.

Les municipalités de Terrebonne et Mascouche représentent un bassin de 160 000 usagers et la TPECN compte 20 municipalités et 616 000 citoyens.

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