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Feu vert au changement de syndicat des ambulanciers au Nouveau-Brunswick

Une ambulancière pousse une civière vide.

Il ne reste que quelques négociations à terminer pour que les travailleurs paramédicaux quittent le SCFP et deviennent membres du Syndicat du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

La Commission du travail et de l’emploi du Nouveau-Brunswick vient de lever le dernier obstacle à un changement de syndicat des travailleurs paramédicaux de la province.

Le tribunal quasi judiciaire a déterminé, lundi, que la province a respecté les règles en changeant la classification des travailleurs paramédicaux pour qu’ils aient le statut de professionnels des sciences de la santé.

La décision enchante André Jobin, travailleur paramédical à Grand-Sault et membre fondateur du comité pour la reclassification.

Extrêmement heureux. La journée a été extrêmement occupée. J’ai eu des centaines de messages. Tous les travailleurs paramédicaux de la province m’ont vraiment démontré qu'ils étaient heureux, affirme André Jobin durant une entrevue accordée à l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

Les travailleurs paramédicaux appuient le passage du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) au Syndicat du Nouveau-Brunswick. André Jobin souligne que ses collègues se sentent minoritaires dans le SCFP. Faire bientôt partie du Syndicat du Nouveau-Brunswick leur semble plus avantageux.

En étant avec des professionnels de la santé, ils vont mieux comprendre un peu ce qu’on a besoin, ce qu’on veut. Le groupe est moins gros et on est tous reconnus comme des professionnels de la santé. On va avoir une meilleure voix. On va avoir une augmentation de salaire qui va venir aussi, indique André Jobin.

André Jobin.

André Jobin est ambulancier à Grand Sault (archives).

Photo : Radio-Canada

L’augmentation de salaire ne provient pas du contrat, précise-t-il. Elle survient automatiquement avec le changement de statut professionnel. Il ne connaît pas encore le montant exact dont il est question.

Cela devrait aussi favoriser le recrutement et la rétention dans la profession, estime M. Jobin.

Étant donné que présentement il y a seulement un échelon, si quelqu’un commençait à travailler avec moi une journée, [...] il avait le même salaire que moi en commençant et moi je ne montais plus. Avec le [Syndicat du Nouveau-Brunswick], il y a une échelle salariale qui fait que [l'ancienneté] va commencer à valoir quelque chose d’autre que juste les vacances. Donc, quelqu’un qui commence dans la profession peut dire: "Mon salaire monte l'année prochaine, il monte encore l’année d’après, ça change, ça évolue." Donc, c’est beaucoup plus intéressant pour la rétention et même au niveau de l’embauche. Ça va aider certainement, explique André Jobin.

Il reste certaines négociations à faire pour que le changement de syndicat ait lieu, mais le plus gros du travail est accompli, selon M. Jobin.

Les démarches politiques

L'ancien ministre de la Santé Hugh Flemming a annoncé à la fin de 2019 que les travailleurs paramédicaux seraient classifiés comme des professionnels des sciences de la santé parce que leurs tâches se sont complexifiées et spécialisées.

Le SCFP, qui représentait environ 800 travailleurs paramédicaux, s’est opposé au changement pour plusieurs raisons. Il soutenait notamment que le gouvernement contrevenait à la Loi relative aux relations de travail dans les services publics en intervenant dans l’administration d’un syndicat. La Commission a rejeté cet argument, lundi.

Les travailleurs paramédicaux étaient classifiés comme des travailleurs au service de soins aux patients depuis les années 1970, mais leur emploi a changé depuis ce moment et il est devenu plus technique et plus médical, explique la Commission.

On n’était pas dans le bon groupe parce que notre profession a tellement évolué. Moi, ça fait 29 ans que je fais ce travail-là et j’ai vu personnellement l’évolution. Je dirais que pour au moins 10 ans, si pas plus, on avait déjà surclassé notre [syndicat], si on veut, notre classification, parce qu’on était rendus trop professionnels [avec] trop de responsabilités. On a des tâches, des médicaments, etc. qui font qu’on avait besoin de ce changement, précise André Jobin.

L’Alliance des gens se réjouit

La décision de changer la classification des travailleurs paramédicaux a été prise par le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs en 2019. À ce moment, son gouvernement était minoritaire et fonctionnait avec l’appui des députés de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Toujours en 2019, le chef de l’Alliance, Kris Austin, a menacé de retirer son appui au gouvernement et de voter contre ses projets de loi à moins que le ministre de la Santé agisse rapidement pour reclasser les travailleurs paramédicaux.

Kris Austin a bien accueilli la décision de la Commission lundi. Il explique dans un communiqué que cela va améliorer le moral de ces personnes qui travaillent sans relâche pour sauver des vies dans les services d’urgence de toute la province.

Avec des renseignements de l’émission La matinale, d’ICI Acadie, et de Hadeel Ibrahim, de CBC

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