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On peut désormais mélanger les vaccins, dit Ottawa

Trois flacons avec des étiquettes de vaccin Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Moderna coronavirus (COVID-19) devant un drapeau de l'Union européenne.

Les trois vaccins injectés au Canada.

Photo : Reuters / DADO RUVIC

Radio-Canada

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) affirme que les Canadiens ayant reçu une première dose du vaccin d'AstraZeneca peuvent maintenant choisir de recevoir en deuxième dose celui de Moderna ou de Pfizer-BioNTech contre la COVID-19.

Selon ces nouvelles recommandations du CCNI publiées mardi, les personnes qui ont reçu une première dose du vaccin AstraZeneca peuvent également, si elles le souhaitent, recevoir une deuxième dose de ce vaccin, à moins de contre-indications.

Par ailleurs, les personnes ayant reçu une première dose d'un vaccin à ARN messager (ARNm), c'est-à-dire ceux de Pfizer ou de Moderna, devraient se voir offrir le même vaccin pour la deuxième dose.

Dans le cas de ces vaccins à ARNm, on peut indifféremment recevoir l'un ou l'autre pour la deuxième dose, si celui qu'on a reçu en première dose n'est pas disponible.

C'est une bonne nouvelle que les gens puissent choisir, a affirmé la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, lors d'une conférence de presse mardi à Ottawa.

Le CCNI a aussi recommandé aussi que la deuxième dose de vaccin soit offerte le plus rapidement possible.

Une infirmière administre un vaccin à une femme.

Une infirmière administre un vaccin Pfizer à une travailleuse de première ligne à l'hôpital général de Vancouver.

Photo : Ben Nelms/CBC

Le CCNI dit être arrivé à cette conclusion en tenant compte du risque de caillots sanguins graves noté lors de la vaccination avec AstraZeneca ainsi que de la possibilité d'effets secondaires temporaires plus importants lorsque la deuxième dose n'est pas du même vaccin que la première.

Des millions de personnes dans le monde ont reçu deux doses d'AstraZeneca et c'est très bien, a rappelé le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint à l'Agence de la santé publique du Canada. D'autres, qui prennent en considération les données relativement à ce faible risque [lié à l'AstraZeneca], préféreront se tourner vers cette autre option que leur procure cette recommandation du CCNI.

Toutefois, le fait d'interchanger les vaccins, soit de recevoir d'abord l'AstraZeneca et ensuite celui de Pfizer ou de Moderna, pourrait entraîner, pour le récipiendaire, des effets secondaires légèrement accrus, a expliqué en substance la Dre Tam.

La Dre Tam a par ailleurs expliqué qu'en matière de vaccins, ceux contre la grippe ou d'autres, il n'était pas nouveau ni inhabituel que des vaccins différents soient administrés, selon les programmes de vaccination et l'approvisionnement.

La balle est dans le camp des provinces

Les provinces auront maintenant à décider si elles suivent le conseil du CCNI.

Le Dr Arruda en train de parler, en conférence de presse.

Horacio Arruda, directeur national de la santé publique du Québec, en conférence de presse le 1er juin 2021, affirme que la province avait déjà autorisé qu'on puisse recevoir un autre vaccin que l'AstraZeneca lors de la deuxième dose.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Au Québec, le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique, a rappelé que la province offrait déjà ce choix : on a déjà dit que les gens qui avaient reçu de l'AstraZeneca et qui ne voulaient pas recevoir un vaccin d'AstraZeneca comme deuxième dose pourraient interchanger.

Au Manitoba, les responsables de la santé ont annoncé lundi que les résidents ayant reçu une première dose d'AstraZeneca pouvaient recevoir une deuxième dose du vaccin Pfizer ou Moderna s'ils répondent aux critères d'admissibilité provinciaux.

En Colombie-Britannique, la médecin hygiéniste en chef, la Dre Bonnie Henry, a déclaré que ceux qui ont reçu une première dose de Moderna ou de Pfizer pourront recevoir l'un ou l'autre des vaccins à ARNm comme deuxième dose. D'autres directives sont attendues cette semaine concernant le vaccin d'AstraZeneca.

Baisse des cas

Selon les dernières données du gouvernement fédéral, en date du 22 mai, plus de 13 millions de personnes avaient reçu au moins une dose du vaccin Pfizer au Canada, contre plus de 3,5 millions pour le vaccin Moderna et plus de 2,1 millions pour le vaccin d'AstraZeneca.

Au Canada, les autorités sanitaires ont recensé quotidiennement moins de 2700 cas de COVID-19 durant la dernière semaine. C'est une baisse de 70 % par rapport à la phase la plus aiguë qu'avait connue le pays durant la troisième vague.

Le nombre de personnes aux prises avec une forme grave et critique de la maladie a aussi baissé. Le nombre de décès rapportés est en baisse de 25 %; il est de 39 par jour.

Une femme prend des notes dans un laboratoire.

Alyson Kelvin, virologue au Centre canadien de vaccinologie

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

L'avis d'experts au pays

Alyson Kelvin, professeure adjointe à l'Université Dalhousie et virologue au Centre canadien de vaccinologie et à la Vaccine and Infectious Disease Organization à Saskatoon, a déclaré que les directives étaient appropriées.

Mme Kelvin pense que les vaccins Pfizer et Moderna peuvent être échangés efficacement en raison de la similitude entre les données des essais cliniques et les recherches les concernant.

Je n'ai aucune inquiétude quant au mélange et à l'appariement des deux vaccins, car je connais les composants du vaccin […] Ils sont à peu près sur un pied d'égalité.

Une citation de :Alyson Kelvin, virologue au Centre canadien de vaccinologie

Le Dr Zain Chagla, médecin spécialiste des maladies infectieuses au St Joseph's Healthcare Hamilton et professeur associé à l'Université McMaster, est du même avis. Il estime que l'approche proposée par le CCNI pour mélanger et assortir les vaccins COVID-19 est raisonnable, compte tenu des données internationales disponibles.

[Pfizer et Moderna] sont tellement interchangeables que je doute qu'il y ait une quelconque différence entre les deux […] Leurs réponses immunitaires devraient être assez similaires.

Une citation de :Dr Zain Chagla, médecin spécialiste des maladies infectieuses au St Joseph's Healthcare Hamilton

Une recommandation logique et nécessaire

En entrevue à Tout un matin, André Veillette, immunologiste, membre de l'Institut de recherches cliniques de Montréal et membre du groupe de travail fédéral sur les vaccins contre la COVID-19, pense qu’on allait progressivement, déjà, vers ce que le CCNI vient d'annoncer.

À la lumière [des recherches en Espagne et au Royaume-Uni] et [du] besoin de vacciner les gens le plus vite possible avec une deuxième dose, [du] fait que certaines personnes ne veulent pas recevoir l’AstraZeneca, [du] fait qu’on n’a pas beaucoup de ce vaccin qui s’en vient au cours des prochaines semaines, je pense que c’est une recommandation logique et nécessaire.

Une citation de :André Veillette, immunologiste et membre du groupe de travail fédéral sur les vaccins contre la COVID-19

Le mélange de vaccins sûr et efficace, selon les premières recherches

L'étude espagnole à l'origine des recommandations du CCNI a analysé les données de 670 volontaires âgés de 18 à 59 ans qui avaient déjà reçu une première dose du vaccin AstraZeneca, ainsi que 450 volontaires ayant reçu une dose du vaccin Pfizer.

L'étude a révélé que ceux qui avaient reçu en première dose le vaccin AstraZeneca et en seconde dose le Pfizer présentaient une augmentation des anticorps IgG – que l'on trouve couramment dans le sang et qui jouent un rôle clé dans la création de cellules mémoires qui combattent le virus – qui était 30 à 40 fois plus élevée que dans un groupe témoin qui n'avait reçu qu'une seule dose d'AstraZeneca.

Les résultats de l'étude espagnole, annoncés le 18 mai, ont également révélé que la présence d'anticorps neutralisants était sept fois plus élevée après une dose de Pfizer – nettement plus qu'après une deuxième dose d'AstraZeneca.

L'étude a également révélé que seulement 1,7 % des participants ont signalé des effets secondaires graves, limités à des maux de tête, des douleurs musculaires et un malaise général.

Les résultats d'une autre étude récente menée au Royaume-Uni, qui a également servi de base aux recommandations du CCNI, ont montré que le mélange de différents vaccins COVID-19 pour les deuxièmes doses pouvait augmenter le risque de réactions légères ou modérées telles que fatigue, maux de tête ou fièvre, des symptômes qui pourraient signaler une forte réponse immunitaire.

Les résultats ont été publiés le 12 mai sous forme de correspondance dans la revue médicale The Lancet et proviennent de l'essai vaccinal Com-Cov de l'Oxford Vaccine Group, qui étudie l'utilisation de différentes combinaisons de vaccins COVID-19 approuvés pour la première et la deuxième dose.

Avec les informations de La Presse canadienne

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