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Industrie de la construction : lancement d'une campagne de sensibilisation aux opioïdes

Plan rapproché sur de la cocaïne dans un sac de plastique.

La crise des opioïdes continue de faire des ravages en Ontario. (Archives)

Photo : iStock

Radio-Canada

Un groupe qui représente des entreprises de construction de l'Ontario lance une campagne de sensibilisation aux problèmes que peut occasionner une dépendance aux opioïdes.

Un rapport récemment publié a révélé que les travailleurs de la construction représentaient près du tiers des décès liés aux opioïdes chez les Ontariens qui avaient un emploi en 2020.

Sur les quelque 2500 décès liés aux opioïdes survenus l'an dernier dans la province, 30 % des victimes qui avaient un emploi étaient des travailleurs de la construction, indique le rapport du Réseau de recherche sur les politiques en matière de drogues de l'Ontario.

C'est beaucoup plus que ce que l'on trouve dans n'importe quel autre secteur, a déclaré Phil Gillies, le directeur exécutif de la Coalition de la construction de l'Ontario (CCO).

Le rapport, publié le 19 mai, révèle que 2426 Ontariens sont morts de surdoses d'opioïdes en 2020, contre 1517 en 2019, soit une augmentation de 60 %.

De plus, entre le début de la pandémie en mars 2020 et le 1er janvier 2021, 2050 personnes sont mortes en raison d’une surdose d’opioïdes dans la province. 264 des personnes décédées pendant cette période avaient un emploi. Or, 78 d'entre elles étaient des travailleurs de la construction.

En réponse, la CCO a lancé une campagne d'information publique intitulée l'autre pandémie qui exhorte les entreprises de construction, les entrepreneurs, les travailleurs et tous les niveaux de gouvernement à prendre des mesures. La campagne propose plusieurs recommandations.

Un consommateur [d’opioïdes] devrait soit se rendre dans un site de consommation supervisée, soit le faire avec au moins une autre personne de confiance dans la pièce, a déclaré M. Gillies en entrevue à CBC News.

La CCO exhorte d’ailleurs tous les travailleurs de la construction à se faire vacciner dès qu'ils le peuvent, entre autres parce que certaines des mesures suggérées dans la campagne signifient qu’il n’est pas toujours possible de respecter les mesures de distanciation physique.

La campagne demande aux syndicats et aux entrepreneurs d'accroître la formation et l'éducation concernant la consommation d’opioïdes et ses conséquences possibles. Elle demande également aux gouvernements d'augmenter les services de traitement et de conseil liés à la toxicomanie, ainsi que de revoir leurs politiques concernant la consommation de drogues et d'opioïdes, en suggérant une révision pour permettre un approvisionnement sûr en médicaments pour les personnes ayant des problèmes de dépendance.

Enfin, M. Gillies a insisté sur le fait que si le travailleur touché est en mesure d'obtenir de l'aide et d'arrêter de consommer, il devrait le faire.

Des chercheurs ont constaté que les travailleurs de la construction souffrant de troubles musculo-squelettiques sont trois fois plus susceptibles que leurs collègues de recourir à des ordonnances pour gérer la douleur.

Il y a une attitude très répandue chez les travailleurs de la construction qui consiste à dire que nous sommes des durs, que nous pouvons faire n'importe quoi et nous en tirer, a déclaré M. Gillies, ce qui peut les inciter à adopter ce comportement risqué.

Pour sa campagne, la CCO a demandé l'avis de la Dre Andrea Sereda du London Intercommunity Health Centre. La Dre Sereda travaille principalement avec des personnes sans abri ou vivant dans des refuges. Selon elle, l'augmentation radicale du nombre de décès est alarmante.

Elle ajoute que les gens qui doivent se procurer des drogues dans la rue sont à risque.

On entend dire que l'approvisionnement de la rue est contaminé par le fentanyl. Ce n'est pas le cas : l'approvisionnement de la rue est constitué de fentanyl, a déclaré la Dre Sereda.

Les consommateurs ne connaissent pas vraiment la puissance de la drogue qu'ils achètent et consomment.

La Dre Sereda souligne qu'une meilleure solution est nécessaire.

J'aimerais vraiment que tous les niveaux de gouvernement s'adressent à des experts comme moi et mon équipe pour discuter de solutions qui permettent de lutter contre les surdoses et les décès, a expliqué la Dre Sereda. Ce que nous avons fait jusqu'à présent ne fonctionne pas.

Avec les informations de CBC News

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