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Le nom du boulevard Bishop Grandin à Winnipeg de nouveau dans la controverse

Un panneau avec le nom du boulevard Bishop Grandin à Winnipeg.

Dans son rapport final, la Commission de vérité et réconciliation du Canada a conclu que Mgr Grandin a "mené la campagne pour les écoles résidentielles".

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des Manitobains réitèrent à la Ville de Winnipeg leur demande afin de changer le nom d'un boulevard et autres lieux nommés en l’honneur de l’évêque Vital-Justin Grandin, figure controversée pour son rôle dans les pensionnats autochtones. 

La découverte des restes de 215 enfants enterrés sur le site d’un ancien pensionnat autochtone en Colombie-Britannique a remis à l’ordre de jour la question de la place accordée aux personnages historiques ayant soutenu ces établissements. 

Une pétition en ligne circule depuis plusieurs mois pour demander le changement de nom du boulevard Bishop Grandin de Winnipeg. Elle a été signée par plus de 1600 personnes. 

Sur les réseaux sociaux, des internautes indignés ont aussi demandé à la Ville de Winnipeg de procéder à ces changements pour retirer le nom de l’évêque Vital-Justin Grandin du sentier Monseigneur-Grandin et du quartier de Saint-Vital.

Bien que Vital-Justin Grandin ait défendu les droits des Métis, il est aussi connu pour avoir fait du lobbying auprès du gouvernement fédéral pour financer la construction de pensionnats autochtones.

Une question qui divise

Pour le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Arlen Dumas, ce changement de nom est inévitable. On a besoin de le changer, malheureusement les gens ne l’apprécient pas. Bishop Grandin, a été la voie de passage qui a conduit au décès de nombreux de nos enfants, soutient-il. 

Le vice-président de la Fédération métisse du Manitoba , André Carrière, considère de son côté que les efforts doivent plutôt être mis sur la reconnaissance et l'enseignement de l’histoire.

Nous avons toujours aidé les Canadiens et, en retour, ils nous ont chassés, ils nous ont mis à la porte pour qu’on vive comme des chiens sur le chemin, indique-t-il. Il faut reconnaître l’histoire et comment ce gouvernement a rendu difficile la vie des Autochtones, des Métis, des Premières Nations et des Inuit du Nord.

Les 215 enfants, c’est juste un autre chapitre de notre histoire, de comment on a été abusé par un système de discrimination au Canada et surtout au Manitoba, surtout au Manitoba, déplore André Carrière. 

Je ne crois pas qu’on gagne à la longue d’essayer d’enlever ce qui est de notre histoire, renchérit l'archevêque de l'archidiocèse de Saint-Boniface, Albert Legatt.

Photo d'archive de l’évêque Vital-Justin Grandin.

L'archevêque de l'archidiocèse de Saint-Boniface, Albert Legatt, rappelle que Mgr Grandin a fait beaucoup de choses pour l’église, mais aussi pour la société dans l’Ouest.

Photo : Radio-Canada

Pour arriver à la réconciliation, il est nécessaire d’admettre qu’une énorme faute a été faite, qui a apporté des résultats terribles, et d'en demander pardon. Travailler avec les Premières Nations est également primordial afin de trouver des solutions plus conciliantes, selon lui. 

Voilà notre histoire, de ce qu’il y a de lumière, mais aussi beaucoup de ténèbres, mais ne nions pas cette histoire. Apprenons de cette histoire, dit-il. 

La Ville de Winnipeg prête à reconsidérer la question 

Le moment est venu pour Winnipeg, dans son voyage pour la réconciliation, de revisiter le nom du boulevard Bishop Grandin, a indiqué de son côté le maire de Winnipeg, Brian Bowman, dans une déclaration écrite. 

Le comité citoyen Welcoming Winnipeg, dont le rôle est de réfléchir à la place de l'histoire coloniale et autochtone dans l'espace public, se penche actuellement sur la question, est-il ajouté. 

Le maire Bowman travaillera avec le conseil municipal dans les prochaines semaines pour explorer la façon dont la Ville peut bénéficier des expertises de ce comité à ce sujet, et ainsi soutenir les efforts de réconciliation de la communauté

Avec les informations de Patrick Foucault et de Laïssa Pamou

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