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Le service aux chambres deviendra-t-il un extra?

La réception du Centre Sheraton à Montréal.

En 2020, le Centre Sheraton à Montréal a fermé ses portes pendant cinq mois en raison de la pandémie. Cette année, l'établissement s'attend à un taux d'occupation d'environ 15 %.

Photo : Radio-Canada

Avec une absence quasi totale de revenus, de nombreux hôtels accumulent une dette importante pour survivre et payer les coûts fixes comme les taxes municipales. Les prochaines années laissent présager des changements importants dans la tarification hôtelière.

Les tarifs atteignaient un sommet en 2019 avec une moyenne de 147 $ la nuit au Québec, selon la firme de consultation Horwath HTL. L'année 2020 devait aussi en être une d'affluence.

Mais la COVID-19 a frappé. Les prix ont dégringolé à 119 $ en moyenne. À Montréal, ils ont chuté de 34 %. Ça va prendre jusqu’en 2024 pour récupérer les tarifs de 2019, envisage l’associé senior Paolo Di Pietrantonio. À compter de ce moment, les hôtels devraient renouer avec des taux d’occupation prépandémiques.

Afin de renflouer les coffres, les tarifs risquent dès lors d’augmenter plus rapidement que l’inflation, d’autant plus que Montréal accusait un retard et demeurait économique par rapport aux autres grandes villes canadiennes.

En attendant, dire que l’offre supplante la demande devient un euphémisme. Les hôteliers ont l'impression d’être dans une impasse. Ils devront en plus composer avec une hausse des coûts des matières premières et du personnel dans les prochaines années.

Suspension permanente du service aux chambres?

À l’heure actuelle, le service d'entretien aux chambres durant le séjour est suspendu pour des raisons sanitaires. Il pourrait bien le demeurer pour des raisons économiques, à moins de payer un extra.

Est-ce une tendance qui va rester ou qui ne restera pas?, s’interroge la directrice de l’Hôtel de l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec, Marie-Claude McDuff.

Est-ce que ce service va devenir payant? Est-ce que ce service va faire en sorte qu’on va diminuer nos prix? Je suis vraiment dans cette analyse.

Une citation de :Marie-Claude McDuff, directrice de l’Hôtel de l’Institut du tourisme et de l’hôtellerie du Québec

Selon elle, les hôteliers devront étudier le profil de leur clientèle pour déterminer l’approche à adopter. Les clients financièrement plus à l’aise exigeront probablement que le service continue d’être inclus dans le tarif, tandis que ceux plus conscients d’un point de vue environnemental ou plus préoccupés quant à la question sanitaire préféreront le contraire.

Mme McDuff fait remarquer que des hôtels donnaient déjà des points bonis aux clients qui refusaient le service avant la pandémie. Dans un hôtel indépendant, souligne-t-elle, on n’a pas nécessairement des points bonis, donc il faudra jouer sur le prix. Ma perception, c'est que ça va devenir un service payant.

D’autres services suspendus

Dans le deuxième hôtel en importance de Montréal avec ses 825 chambres, le directeur général du Centre Sheraton, Bertil Fabre, assure de son côté que le service aux chambres sera toujours inclus pour respecter les standards de la compagnie, malgré une dernière année catastrophique.

On vit avec des emprunts depuis un an maintenant, reconnaît Bertil Fabre. Ça va être compliqué.

Une citation de :Bertil Fabre, directeur général du Centre Sheraton

Comment faire alors pour retrouver la santé financière? Il donne en exemple le service de la restauration : Quand, où et à quel moment on va pouvoir le rouvrir? On fait des pertes généralement. Donc, on ne va pas pouvoir ouvrir des services si on est encore en pertes, bien sûr.

En attendant, des jeux de société et du matériel de bricolage occupent les tables du restaurant. Loin des martinis et des grands crus.

D’autres avenues, bien que limitées, s’offrent aux hôteliers pour réduire les coûts. Des bornes automatisées permettent déjà dans certains hôtels d’identifier et de servir rapidement les clients sans intervention humaine. Les minibars pourraient redevenir la norme, considérant que des clients souhaitent davantage de services dans la chambre pour éviter de sortir à l’extérieur.

Des fermetures à venir

Devons-nous nous attendre à une vague de fermetures dans l’industrie? Des hôteliers indépendants jetteront inévitablement la serviette. De grandes bannières préféreront cesser les activités de certains de leurs établissements.

Mais impossible de connaître l’ampleur du phénomène. Paolo Di Pietrantonio, de Horwath HTL, souligne que les banquiers sont discrets présentement parce qu’ils ne veulent pas rappeler les prêts et se retrouver avec un parc hôtelier en leur possession. Il n’y a pas de danger pour le moment, dit-il, mais il y a des ratios dette sur équité à respecter et ils sont tous en défaut.

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