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Série de fusillades à Ottawa : pas d’explication simple, dit le chef de la police

Il est encore trop tôt pour dire s’il y a un lien entre les fusillades de la semaine dernière, affirme Peter Sloly.

Peter Sloly dans une mêlée de presse.

Il n'y a pas de fil conducteur qui explique le récent pic de violence à Ottawa, dit le chef du Service de police d'Ottawa, Peter Sloly (archives).

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Radio-Canada

Ottawa vient de traverser une semaine particulièrement meurtrière : quatre fusillades ont fait quatre morts en l’espace de cinq jours. Mais lorsqu'on lui demande si ces événements sont liés, le chef du Service de police d’Ottawa (SPO), Peter Sloly, répond qu'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

À ce moment-ci, il n’y a aucun lien connu entre les trois fusillades du week-end, a-t-il mentionné en conférence de presse, lundi.

À l’heure actuelle, le SPO enquête simultanément sur la mort d’Abdulqadir Yusuf, survenue mercredi; sur le double homicide des frères Abdulaziz et Mohamad Abdullah de vendredi, et sur le décès de Warsama Youssouf, dans la nuit de samedi à dimanche. Une personne a aussi été blessée dans une quatrième fusillade, dimanche soir.

Ces actes de violence avaient tous un lien avec la drogue, mais il est impossible pour l’instant de faire un lien définitif avec les gangs de rue, a ajouté Peter Sloly.

Il n’y a pas de fil conducteur qui explique le pic récent de violence dans la ville, a-t-il dit.

Le SPO a déjà commencé à mettre en place un nouveau plan opérationnel en réponse à cette flambée de violence. Le corps policier continue de planifier certains éléments qui vont impliquer des partenaires communautaires. Pendant la fin de semaine, les agents ont commencé à identifier des personnes et des endroits qui présentent un haut niveau de risque.

Les fusillades sont en augmentation à Ottawa en 2021, après une année particulièrement calme à ce chapitre, a continué Peter Sloly.

Et elles se dispersent : de plus en plus, et particulièrement dans les dernières semaines, ces fusillades se produisent hors des quartiers chauds.

De plus en plus de ces crimes ont un lien avec le transport de drogues et d’armes à feu, note le chef du SPO.

Ces personnes se croisent de façon imprévue dans des endroits plutôt aléatoires et déclenchent des actes de violence qui impliquent des armes à feu, a-t-il détaillé.

Cela rend les méthodes policières traditionnelles moins efficaces, dit-il, d’autant plus que les gangs sont moins centralisés que dans le passé.

Un problème prévisible, selon une intervenante

La directrice générale de Nord-Sud développement racines et culture Canada, Ketcia Peters, qui travaille à sensibiliser les jeunes à la réalité des gangs de rue, ne se montre pas surprise par la situation actuelle.

Une femme noire regarde la caméra. Elle porte un chandail rose.

Ketcia Peters, directrice générale de l’organisme Nord-Sud développement racines et culture Canada (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

On avait vu durant les deux-trois dernières années qu’il y avait déjà une tendance, que certains jeunes étaient déjà mentorés, déjà coachés pour pouvoir prendre la relève et faire partie de certains gangs de rue. On le voyait venir, a-t-elle expliqué en entrevue à l'émission Sur le vif.

Elle aussi constate un changement dans le mode opérationnel.

C’est plus vraiment des crimes organisés. C’est beaucoup plus individuel. [...] Il n’y a plus vraiment de loyauté à un groupe en tant que tel. [...] C’est un problème qui devient de plus en plus troublant en tant que membre de la communauté, parce que ce n’est pas juste dans les quartiers défavorisés où on voit des activités criminelles.

Les interventions de prévention dans les écoles fonctionnent, assure-t-elle. Mais les moyens manquent pour pouvoir poursuivre ce travail hors de la salle de classe.

Les subventions ne sont pas suffisantes pour permettre à nos intervenants d’être là, presque 24 heures sur 24, aux moments critiques.

Une citation de :Ketcia Peters, directrice générale de Nord-Sud développement racines et culture Canada

Et même si les intervenants se sont adaptés à l'école en ligne avec la pandémie, ils ne sont pas les seuls. Car d'après Mme Peters, plusieurs jeunes sont recrutés en ligne par des gangs de rue.

Trop peu de prévention, selon un expert

On n'a pas assez investi dans la prévention de ces fusillades, et particulièrement dans leur prévention à court terme, croit le professeur émérite en criminologie à l'Université d'Ottawa Irvin Waller.

Un homme accorde une entrevue à la caméra, à l'extérieur d'une résidence.

Irvin Waller est professeur émérite à l'université d’Ottawa, spécialisé en criminologie (archives)

Photo : Radio-Canada

On a besoin d'un certain niveau d'action de la police, mais nous pouvons diminuer de beaucoup le taux de violence à Ottawa avec un investissement équivalent à 10 % de ce qu'on dépense actuellement sur la police, dit-il.

Irvin Waller salue l'implantation d'équipes de ressources de quartier au SPO, mais cette nouveauté ne s'attaque pas aux racines du problème de la violence, dit-il.

Selon lui, une approche efficace comprendrait plusieurs facettes, comme l'éducation à la masculinité toxique dans les écoles et la création d'opportunités d'emploi pour les jeunes hommes non qualifiés.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et de Catherine Morasse

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