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Carlos Ghosn interrogé à Beyrouth par des juges français

L'ancien dirigeant de l'Alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn.

L'ancien dirigeant de l'Alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn lors d'une entrevue exclusive à Reuters en janvier 2020, à Beyrouth.

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

Reuters

L'ancien dirigeant de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a été interrogé lundi à Beyrouth par des juges d'instruction français qui enquêtent sur des allégations de malversations financières en France ayant conduit à la saisie de millions d'euros de ses actifs, ont annoncé ses avocats.

Les magistrats et enquêteurs français ont entendu pour la première fois l'ex-PDG dans le cadre d'une procédure en cours concernant le financement de deux fêtes organisées au château de Versailles alors que Renault en était mécène, sur des paiements versés par la coentreprise basée au Pays-Bas, Nissan-Mitsubishi BV (NMBV), à un distributeur à Oman, et sur des prestations de conseil payées par cette filiale.

L'audition a débuté vers 10 h, heure locale, et s'est terminée vers 18 h. D'autres auditions sont programmées d'ici la fin de la semaine.

Jean Tamalet, l'un des avocats de Carlos Ghosn, a déclaré à la presse à l'issue de cette première journée d'audition que c'était la toute première fois depuis son arrestation arbitraire au Japon que son client pouvait s'expliquer devant les juges avec ses avocats à ses côtés et après avoir préparé sa défense.

Deux hommes en complet-veston.

Jean Yves Le Borgne and Jean Tamalet, les avocats de Carlos Ghosn parlent aux journalistes à l'extérieur du palais de justice de Beyrouth.

Photo : Reuters / MOHAMED AZAKIR

Carlos Ghosn a été arrêté au Japon en novembre 2018, accusé de fausse déclaration de salaire et d'utilisation des fonds de l'entreprise à des fins personnelles. Plusieurs procédures judiciaires sont en cours, notamment sur sa domiciliation fiscale et sur les indemnités de départ et de retraite qu'il réclame à Renault.

La défense remet en question la légalité du processus judiciaire

Carlos Ghosn, réfugié au Liban depuis décembre 2019 après avoir fui le Japon, a toujours nié avoir commis des actes répréhensibles dans toutes les affaires le concernant. Avant qu'il soit interrogé lundi, l'équipe de défense de l'ancien patron automobile avait dit dans un communiqué avoir identifié des irrégularités de procédure graves susceptibles de compromettre cette procédure organisée par les autorités judiciaires libanaises.

Ces anomalies, qui fragilisent le processus judiciaire, proviennent des méthodes singulières de l'enquête japonaise qui demeure la source principale des dossiers français, a-t-elle écrit.

Carlos Ghosn sera entendu en tant que témoin et ne pourra donc pas contester la légalité de la procédure, ajoutaient ses avocats dans ce communiqué. Ces derniers souhaitent que Carlos Ghosn se voie accorder le statut de mis en examen, seul moyen pour lui de dénoncer les vices juridiques affectant le dossier et de faire réaliser des auditions, expliquaient-ils.

La justice néerlandaise a ordonné le 20 mai dernier à Carlos Ghosn de restituer à Nissan et Mitsubishi près de 5 millions d'euros de revenus versés en 2018 par NMBV, dans le cadre d'une procédure engagée par le patron déchu lui-même, qui estimait avoir fait l'objet d'un licenciement abusif au regard du droit du travail néerlandais.

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