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Dépouilles d’enfants retrouvées à Kamloops : un deuil vécu jusqu'en Atlantique

Des chaussures d'enfants sur les marches de l'église.

La Première Nation de Spikene'katik en Nouvelle-Écosse a placé 215 paires de chaussures d'enfants devant l'église en mémoire des victimes de Kamloop.

Photo : CBC / Shaina Luck

La découverte de cadavres d’enfants sur le site d'un ancien pensionnat à Kamloops ébranle les communautés autochtones de l’Atlantique.

Lundi matin à Charlottetown, des membres des communautés autochtones de l'Île-du-Prince-Édouard se sont rassemblés au centre-ville pour souligner la mémoire de ces enfants.

C’est devant la statue de John A. MacDonald, accusé par plusieurs d’avoir implanté le système des pensionnats autochtones, qu’ils ont entonné des chants traditionnels devant des centaines de paires de petits souliers, représentant chaque victime.

Une femme se recueille devant des chaussures d'enfants.

Une cérémonie en mémoire des petites victimes a eu lieu au centre-ville de Charlottetown lundi.

Photo : CBC / Joahn Robertson

Lynn Bradlay, originaire des Six Nations de la rivière Grand à Ohsweken en Ontario, travaille dans le domaine de la santé mentale. Elle a participé à l’organisation du rassemblement.

Tous les jours, dit-elle, elle observe les ravages qu’on fait les pensionnats sur les communautés autochtones au pays.

J’étais en colère, mais je n’étais pas choquée. En parlant avec les aînés, j’ai réalisé qu’on doit parler non pas de ce qui est arrivé - le génocide, les abus - mais que nous devions honorer la mémoire de ces enfants, c’est tout ce que je voulais faire, confie Mme Bradlay.

Le chef de la Première Nation de Pabineau au Nouveau-Brunswick Terry Richardson a, de son aveu, le coeur lourd lorsqu’il pense à ce qui est arrivé aux enfants de Kamloops.

Deux cent quinze enfants...imaginez les familles. Combien de cimetières n’ont pas encore été découverts? C’est une école parmi des centaines, se désole-t-il.

Il explique que les résidents de sa communauté ont placé des oursons en peluche devant leur maison pour souligner la mémoire des enfants retrouvés.

On savait qu’il y avait de mauvaises choses faites dans ces écoles. Il y avait des expériences faites sur les enfants, sur leur diète, sur leur langue, il y a eu des abus, des abus sexuels. J’ai parlé à des anciens qui étaient dans ces écoles. C’est inconcevable ce qui s’est passé.

C’est une injustice et c’est important de faire des choses pour la mémoire des enfants.

Une citation de :Terry Richardson, chef de la Première Nation de Pabineau au Nouveau-Brunswick

À Sipekne’katik en Nouvelle-Écosse, des chaussures ont été placées devant l’église. Le chef Mike Sack espère que des fouilles avec un radar pourront aussi être complétées sur le site de l'ancien pensionnat de Shubenacadie.

Dans un communiqué, le bureau de négociation Kwilmu'kw Maw-klusuaqn, en collaboration avec l'Assemblée des chefs Mi'kmaw de la Nouvelle-Écosse, a précisé lundi que de telles fouilles ont été menées sur le site de l'ancienne école de Shubenacadie sans que des restes humains ne soient découverts. Le groupe ajoute cependant que d'autres recherches seront nécessires, notamment pour fouiller le lac Snides.

Les restes de 215 enfants ont été retrouvés enterrés sur le site d’un ancien pensionnat autochtone de Kamloops en Colombie-Britannique la semaine dernière. Certains n’avaient que trois ans.

Des recherches menées par la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc ont permis de confirmer des soupçons de longue date. L’école de Kamloops était autrefois la plus grande du système des pensionnats.

Dans un rapport publié en 2015, la Commission de vérité et de réconciliation du Canada a dévoilé qu'au moins 3200 enfants étaient morts des suites de mauvais traitements et de négligence.

Une ligne téléphonique d'aide aux anciens résidents des pensionnats autochtones et aux personnes qui sont touchées par les pensionnats a été mise en place à l'échelle du pays pour offrir un appui émotionnel et fournir des références pour l'obtention de services d'aide. Elle est offerte 24 heures sur 24, au 1 866 925-4419.

Le milieu politique offre ses condoléances

Les drapeaux des édifices gouvernementaux sont en berne au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Les drapeaux sont en berne devant l'hôtel de ville de Dieppe au Nouveau-Brunswick.

Les drapeaux sont en berne devant l'hôtel de ville de Dieppe au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Blaine Higgs, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, a offert son soutien lundi matin.

Il n’y a pas de mots pour décrire la tristesse et la consternation ressenties à la suite de la découverte des restes de 215 enfants autochtones sur le site de l’ancien pensionnat de Kamloops, écrit-il dans un message publié sur Twitter.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Iain Rankin, a déclaré que les drapeaux resteront en berne jusqu’au 8 juin, soit pour une durée d’une heure pour chaque enfant mort.

Nous ne pouvons fermer nos yeux devant cette tragédie. Nous devons utiliser cet instant pour reconnaître et apprendre des blessures de société infligées par le système des écoles résidentielles à travers le pays, incluant la Nouvelle-Écosse, alors que nous avançons sur le chemin de la réconciliation, écrit-il sur la plateforme Twitter. 

Les premiers ministres de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador, Dennis King et Andrew Furey, ont également partagé leur tristesse sur Twitter et annoncé la mise en berne des drapeaux.

Avec les informations de CBC et de l'émission La Matinale d'ICI Acadie

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