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Climat : reprise des négociations, après la relance politique

Une femme devant une carte numérique du monde qui montre les variations de températures.

Une participante à la conférence de Paris devant une carte illustrant les bouleversements climatiques en cours (archives).

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Agence France-Presse

À six mois d'une conférence cruciale sur le climat, les Nations unies reprennent lundi par visioconférence des négociations sur les dossiers non résolus, alors que l'élection de Joe Biden a redonné un coup de fouet à la lutte contre le réchauffement climatique.

La pandémie a percuté le calendrier de la diplomatie du climat, à l'arrêt depuis l'échec de la COP25 de Madrid fin 2019. Les attentes se concentrent donc sur la COP26, reportée d'un an et désormais prévue en novembre à Glasgow.

D'autant que le changement à la présidence américaine a relancé le processus politique, après quatre années de climatoscepticisme trumpien. Le sommet en ligne sur le climat convoqué fin avril par le nouveau locataire de la Maison-Blanche a vu les grands pays émetteurs redoubler d'engagements vers la neutralité carbone, à commencer par les États-Unis eux-mêmes.

La lutte contre les changements climatiques figurera en bonne place au Sommet du G7 en Cornouailles du 11 au 13 juin, pendant les nouvelles discussions onusiennes. Le club des pays riches s'est tout récemment déjà engagé à stopper toute aide publique aux centrales à charbon, très polluantes.

Un activisme bienvenu parce que les scientifiques alertent sur l'urgence face à un bouleversement qui menace de conséquences irréversibles. Les catastrophes climatiques se multiplient, les années les plus chaudes s'enchaînent et la possibilité de tenir les objectifs de l'Accord de Paris de 2015 s'éloigne, soit limiter le réchauffement à +2 °C par rapport à l'ère préindustrielle, et si possible +1,5 °C.

S'entendre sur les marchés du carbone

Plusieurs questions clés restent sur la table des négociations, notamment le fonctionnement des mécanismes de marchés carbone prévus par l'article 6 de l'Accord de Paris, sur lequel les quelque 200 signataires n'arrivent toujours pas à s'accorder.

Des règles de fonctionnement de l'accord, notamment en matière de transparence, restent également à finaliser. Un élément central de la mise en oeuvre véritable de l'Accord de Paris, souligne Nathan Cogswill, chercheur à l'institut américain World Resources.

Également à régler, la finalisation des plans d'adaptation aux conséquences des changements climatiques ou l'engagement des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d'ici à 2025 les politiques climatiques des pays pauvres.

Enfin, de nombreux pays doivent encore finaliser leurs engagements révisés de réduction d'émissions (NDC), qui devaient normalement être soumis avant le 31 décembre 2020, et sont selon l'ONU encore loin d'atteindre les objectifs de l'Accord de Paris.

Un menu copieux donc pour les organes subsidiaires permanents de la convention climat des Nations unies, l'un dédié au conseil scientifique et technologique (SBSTA) et l'autre à la mise en oeuvre (SBI).

Ils se réunissent habituellement en juin à Bonn, en Allemagne, à des rencontres qui attirent des milliers de participants du monde entier. Pandémie oblige, les discussions se tiendront cette fois par visioconférence, jusqu'au 17 juin, à raison de trois heures par jour, sur différents créneaux horaires pour ne léser aucune région du monde.

Un format pas idéal du tout, mais inévitable, estime la Norvégienne Marianne Karlsen, présidente du groupe SBI. Et elle souligne que l'absence de négociations depuis 18 mois a fait s'accumuler énormément de travail [...] si nous voulons aboutir à Glasgow.

Le forum de juin n'est pas une enceinte de décisions, mais les négociateurs espèrent déboucher sur des progrès qui nous permettront de prendre des décisions quand nous nous rencontrerons en personne pour la COP26, ajoute Tosi Mpanu Mpanu, président du groupe SBSTA.

Il est important d'envoyer un message clair au reste du monde : nous sommes très sérieux pour appliquer l'Accord de Paris et nous attaquer à ce casse-tête climatique, conclut le diplomate congolais.

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