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Les agriculteurs inquiets des faibles précipitations printanières

Un champ sous le soleil ardent.

Le reportage de Raphaëlle Drouin

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Radio-Canada

Le temps sec en Mauricie et au Centre-du-Québec fait craindre aux agriculteurs des pertes de récoltes. Plusieurs s'inquiètent de voir le scénario de l'année 2020, un été sec, se répéter.

Le représentant de l'Union des producteurs agricoles (UPA) à Nicolet et producteur agricole, Mario Proulx, croise les doigts.

Mario Proulx se tient debout devant l'enseigne de sa ferme.

Mario Proulx, représentant de l'UPA à Nicolet et producteur agricole, trouve que le prix des récoltes est devenu exorbitant.

Photo : Radio-Canada

C'est très sec. À l'heure actuelle, ce n'est pas dramatique, mais il va falloir qu'il en tombe bientôt, constate-t-il. Les plus touchés, c'est les producteurs de lait, avec le foin parce qu'il n'y en a pas dans les champs [...] Ça va être vite ramassé. Il ne sera pas dur à faire sécher, il va quasiment être séché en le fauchant.

Selon lui, les prix du soya et du maïs ont aussi monté parce que leurs récoltes sont faibles, une conséquence du temps sec.

Le producteur laitier Simon Lefebvre a également senti le temps ensoleillé influer sur le prix du foin, qui a explosé l'an dernier. Même son de cloche : trop de demandes, pas assez d'offres.

Simon Lefebvre avec ses vaches laitières.

Simon Lefebvre s'est tourné vers d'autres sources de nourriture pour son bétail.

Photo : Radio-Canada

Je n'en ai pas acheté, heureusement, mais j'ai entendu des prix proches des 400 $ la tonne courte, relate-t-il.

Au fil des ans, le producteur s'est tourné vers d'autres moyens d'alimenter ses vaches pour mieux composer avec les aléas de mère Nature.

On s'est rendu compte que le maïs ensilage [offrait un bon rendement] à chaque année, alors au fil du temps on est passés de peut-être un tiers de l'alimentation des vaches au trois quarts. C'est comme une police d'assurance pour alimenter nos animaux, explique-t-il.

Plus sec que la normale

La saison estivale ne fait que commencer, mais déjà les experts notent à l'heure actuelle un déficit de 90 mm par rapport à la moyenne des 30 dernières années.

Des données d'Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) montrent que les précipitations en mai sont faibles à Trois-Rivières depuis 2020. Même si ECCC indique que les données pour les années 2019 et 2020 sont incomplètes, une tendance s'observe.

  • Mai 2019 : 98,4 mm
  • Mai 2020 : 32,0 mm
  • Mai 2021 : 33,4 mm

Source : Environnement et Changement climatique Canada

Ça fait quand même plusieurs printemps qu'on a des printemps plus secs, et je pense qu'au Québec, on est pas habitués d'avoir des déficits hydriques aussi importants, aussi tôt en saison. Le stress va commencer à s'installer si dans les prochains jours, prochaines semaines on n'a vraiment pas de précipitations, avance Émilie Douville, agronome spécialisée dans les plantes fourragères à Semsolutions.

Elle garde espoir que le mois de juillet soit plus pluvieux, ce qui calmerait les inquiétudes des agriculteurs.

D'après le reportage de Raphaëlle Drouin

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