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Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou au bord du gouffre

Benyamin Nétanyahou quitte un lutrin où il a prononcé un discours.

Les opposants à Benyamin Nétanyahou ont jusqu'à mercredi pour former une coalition et ainsi le chasser du pouvoir.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Les choses continuent de se compliquer pour Benyamin Nétanyahou, au moment où le chef de la droite radicale Naftali Bennett a annoncé son soutien à la coalition dirigée par le chef de l'opposition Yaïr Lapid. Il s'agit d'un pas de plus vers la formation d'un « gouvernement du changement ».

Avec ce nouveau développement, la fin du règne de Benyamin Nétanyahou, le premier ministre le plus pérenne de l'histoire d'Israël, n'a jamais paru si proche.

Mais la partie n'est pas jouée. Malgré ce nouvel appui des sept députés de la droite radicale, Yaïr Lapid a encore besoin de rallier quatre députés à sa cause pour espérer éjecter M. Nétanyahou du pouvoir.

Et il a jusqu'à mercredi 23 h 59 pour y arriver, selon le mandat qui lui a été confié au début du mois de mai par le président Reuven Rivlin.

Un homme parle devant des micros.

Yaïr Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid, a terminé second derrière le Likoud de Benjamin Nétanyahou lors d'un scrutin national le 23 mars

Photo : Reuters / Amir Cohen

Les choses se sont accélérées dimanche soir, quand M. Bennett a offert publiquement son appui au projet du chef de l'opposition, mettant ainsi fin au suspense qu'il entretenait depuis quelques semaines à ce sujet.

J'annonce que je vais tout faire pour former un gouvernement d'union avec mon ami Yaïr Lapid. Dans ces instants de vérité, il faut savoir prendre ses responsabilités. Yaïr et moi avons nos différences, mais nous partageons l'amour de ce pays.

Une citation de :Naftali Bennett, chef du parti d'extrême droite Yamina, dans un discours télévisé

Après la fin du conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas le 21 mai, M. Lapid a intensifié les négociations avec les partis pour tenter de former un gouvernement d'union nationale, après les élections de mars. Pour y parvenir, il doit réunir 61 députés sur les 120 de la Knesset, le Parlement israélien.

En Israël, les partis d’opposition trouvent un terrain d’entente contre Nétanyahou

Benyamin Nétanyahou ne semble toutefois pas vouloir dire son dernier mot, ayant affirmé dimanche que le projet de coalition serait un danger pour la sécurité de l'État d'Israël en plus de la qualité d'arnaque du siècle.

Naftali Bennett, leader de la droite radicale

Ces tractations ont poussé à l'avant-scène Naftali Bennett et sa formation Yamina (qui signifie littéralement À droite). M. Bennett a par le passé été conseiller pour Benyamin Nétanyahou, avant de devenir son rival politique mais partenaire incontournable.

Sa formation politique prône à la fois un ultralibéralisme économique, une ligne dure face à l'Iran considéré comme ennemi juré ou encore l'annexion de près des deux tiers du territoire palestinien de la Cisjordanie.

Arrivé en politique sur le tard après avoir fait fortune dans les nouvelles technologies, Naftali Bennett courtise un électorat nationaliste assumé, dont plusieurs colons qui souhaitent qu'Israël annexe complètement le territoire palestinien.

Naftali Bennett prononce un discours. Derrière lui, on voit des drapeaux d'Israël.

Le leader du parti de droite radical Yamina, Naftali Bennett, a donné son appui dimanche à la formation d'un gouvernement de coalition en Israël.

Photo : Reuters

C'est sur ce sujet qu'il a émis ses déclarations les plus controversées, affirmant entre autres qu'il n'y avait pas d'occupation israélienne en Cisjordanie puisqu'il n'y a jamais eu d'État palestinien. Il avait de plus suggéré que les terroristes doivent être tués, pas libérés, en référence aux prisonniers palestiniens.

Le mariage de raison de la coalition du centriste Yaïr Laid, qui comprend également des partis de gauche, a de quoi surprendre et laisse entendre l'ampleur du ras-le-bol que prend le sentiment anti-Nétanyahou en Israël.

D'autant plus que cette alliance coûtera cher à la coalition. Si elle arrive à prendre le pouvoir, c'est M. Bennett qui remplacera Benyamin Nétanyahou au poste de premier ministre pour les deux premières années du mandat, avant de passer les rênes à Yaïr Laid.

La gauche fait des compromis loin d'être faciles, quand elle m'octroie à moi [...] le rôle de premier ministre.

Une citation de :Naftali Bennett, chef du parti Yamina

Il y a 25 ans presque jour pour jour (29 mai 1996), M. Nétanyahou avait vaincu le travailliste Shimon Peres et était devenu premier ministre pour trois ans. Revenu au pouvoir en 2009, il ne l'a plus quitté depuis.

Jugé pour corruption dans trois affaires, il est le premier chef de gouvernement israélien à faire face à des poursuites criminelles en cours de mandat.

Si le camp anti-Nétanyahou ne parvient pas à former un gouvernement, 61 députés pourront demander au président de désigner comme premier ministre un parlementaire.

Autre scénario, le plus redouté par les électeurs déjà appelés à voter quatre fois en un peu plus de deux ans : un retour aux urnes.

Avec les informations de Agence France-Presse

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