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Pensionnat de Kamloops : pour que les 215 esprits retrouvent le chemin de la maison

Un monument en béton et marbre noir entouré de fleurs.

Une plaque dédiée aux enfants et à leur famille.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

Morts dans l’anonymat, les 215 enfants autochtones du pensionnat de Kamloops étaient tombés dans l’oubli. Jusqu’à aujourd’hui.

Retenue en classe, l’enseignante Ivy Chelsea avait manqué vendredi la cérémonie organisée par la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc en hommage aux enfants disparus dont les dépouilles ont été retrouvées enterrées sur le site d'un ancien pensionnat autochtone à Kamloops. Mais pas question pour elle de rester sans rien faire.

Avec sa fille, son petit-fils, son tambour et sa sauge, elle tenait à venir sur place pour chanter et honorer la mémoire de ces enfants que l’histoire avait oubliés.

Je suis venue aider leurs esprits à rentrer à la maison et retrouver leurs familles, dit-elle, la voix remplie d’émotion.

Une Autochtone tient un tambour à la main.

Ivy Chelsea tenait à aider l'esprit des enfants.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Ses parents et plusieurs de ses cousins sont aussi passés par les pensionnats autochtones. Pour Ivy Chelsea comme tant d’autres, la terrible découverte est venue rappeler une histoire aussi douloureuse que récente.

Je ne peux pas imaginer ce que c’est de venir chercher ses enfants [au pensionnat] en juin, mais il n’y a plus d’enfants à venir chercher, laisse-t-elle tomber.

Même si l’histoire du pensionnat est connue à Kamloops, l’ampleur de l’horreur dépasse l’entendement.

Le monument commémoratif aux élèves autochtones, déjà installé devant le pensionnat, est devenu un lieu de recueillement.

Autochtones et Blancs se sont succédé depuis jeudi pour y déposer des fleurs ou écrire un mot sur l'un des morceaux de papier coloré accrochés aux arbres.

Une femme masquée porte des fleurs.

Résidente de Kamloops, Star Mahara voulait rendre hommage aux enfants.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Star Mahara est établie à Kamloops depuis des décennies. L’infirmière à la retraite connaît des gens qui ont séjourné au pensionnat. Il était de son devoir de venir rendre hommage aux 215 enfants.

Comme Canadiens, nous avons une longue histoire avec les Premières Nations, je ne peux m’empêcher de penser aux nombreuses promesses brisées envers eux, explique-t-elle.

Ce drame la touche profondément.

Nous sommes parents. Quand on pense à l’expérience des pensionnats, de voir ses enfants vous être arrachés et ensuite d’apprendre ceci…

Beaucoup de questions sans réponse

Sur le terrain de l’ancien pensionnat, les recherches ne font que commencer. Un rapport plus détaillé sur la découverte des 215 dépouilles sera publié dans les prochaines semaines.

Un monument en marbre noir devant un bâtiment en briques rouges.

Le monument de commémoration et l'ancien pensionnat.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

La communauté est déterminée à faire la lumière sur ces disparitions, soutient sa cheffe Rosanne Casimir.

On ne veut pas que cette affaire soit balayée sous le tapis. Nous voulons avancer, nous voulons guérir. Nous allons bientôt entamer d’autres cérémonies pour avancer d’une bonne manière, explique-t-elle.

Pour la communauté Tk'emlúps te Secwépemc, la vie reprendra ses droits, sans jamais oublier ces 215 enfants.

Par respect des sensibilités et à la demande de la communauté Tk'emlúps te Secwépemc, Radio-Canada ne montre pas les travaux de recherche des 215 dépouilles sur le terrain de l’ancien pensionnat.

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