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Un avocat suspendu pour l’embauche d’un meurtrier dans une cause sur les pensionnats

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Un collaborateur de Me John Bronstein aurait tenté d'extorquer de l'argent à des survivants des pensionnats autochtones.

Photo : Jessica Sigurdson/Musée canadien pour les droits de la personne

Radio-Canada

Le Barreau de la Colombie-Britannique suspend un avocat pour un mois et le contraint à payer 4000 $ d’amende pour avoir embauché un meurtrier en liberté conditionnelle afin de l’aider dans le traitement de dossiers de survivants des pensionnats autochtones. Des victimes soutiennent que l’homme aurait tenté de leur extorquer de l’argent.

Outre la suspension et l’amende, la décision interdit à l’avocat vancouvérois John Bronstein de représenter des victimes de la rafle des années 1960.

Les trois arbitres mandatés par le Barreau pour évaluer les allégations portées contre l’avocat ont rendu une décision partagée.

S’il reconnaissent que la peine imposée peut sembler injustement clémente, deux d’entre eux soutiennent qu’ils n’avaient d’autre choix que d’accepter la peine proposée par l’avocat de Me Bronstein en échange d’une reconnaissance de culpabilité.

L’arbitre dissidente, qui est également la première femme autochtone à siéger au comité de discipline du Barreau de la province, a qualifié la peine d’extrêmement inadéquate pour un comportement aussi choquant.

Selon Karen Snowshoe, la décision de ses collègues ébranlera sans doute la confiance du public dans le processus disciplinaire [du Barreau] et dans sa capacité d’agir dans l’intérêt du public.

Le directeur des communications du Barreau de la Colombie-Britannique, Jason Kuzminski, soutient que tous les intervenants ont eu maille à partir avec cette affaire.

Personne n’est heureux du résultat, explique-t-il. Ça nous rappelle pourquoi tout le monde semble d’accord pour dire qu’il faut que les choses changent.

La décision de 125 pages fait état d’une tragédie après la tragédie survenue lors du processus de compensation des victimes de la rafle des années 1960.

La firme de John Bronstein a représenté 624 survivants qui ont reçu un total de 70 millions de dollars en dédommagement.

En 2005, l’avocat a représenté un survivant nommé Ivon Johnny. Celui-ci, condamné à la prison à vie après avoir été reconnu coupable de meurtre au premier degré en 1985, avait obtenu une libération conditionnelle de jour.

Après avoir obtenu un règlement en sa faveur, Ivon Johnny a offert à l’avocat de le mettre en contact avec des survivants des pensionnats de la Première Nation Tsilhqot’in afin de les soutenir dans leurs démarches.

Selon les arbitres, John Bronstein croyait qu’Ivon Johnny était une personne adéquate pour offrir du soutien, mais il n’a jamais rien fait pour confirmer cette impression.

De 2009 à 2012, l’avocat aurait reçu des plaintes contre le comportement de l’homme.

Une femme, par exemple, a allégué que son frère avait payé 20 000 $ à Ivon Johnny. Une autre personne, qui n’était pas un client de John Bronstein, a interpellé l’avocat en soutenant que son collaborateur volait beaucoup de monde.

Après ces appels, l’avocat a questionné M. Johnny, mais celui-ci a tout nié. La liberté conditionnelle de ce dernier a cependant fini par être révoquée, possiblement à cause d’inquiétudes pour les victimes des pensionnats autochtones.

Selon la décision, Me Bronstein a admis avoir manqué à son devoir en n’enquêtant pas sur les aptitudes d’Ivon Johnny avant de l’embaucher, en lui donnant un accès illimité à ses clients et en refusant d’enquêter sur les allégations portées contre lui.

Il a également admis avoir offert un service inadéquat à ses clients, entre autres en omettant de prendre des notes lors de leurs communications, en omettant de leur répondre et en ne faisant pas avancer leur cause de façon adéquate.

John Bronstein n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

Avec les informations de Jason Proctor

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