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Des patients d'un hôpital du sud de la province jugent que la pandémie est un canular

La devanture du Boundary Trails Health Centre.

Des patients atteints de COVID-19 et admis à l'hôpital du sud du Manitoba ne croient pas à l'existence du coronavirus, affirme un médecin

Photo : Google Street View

Radio-Canada

De plus en plus de patients admis au Boundary Trails Health Center, un centre de santé dans le sud de la province, jugent que la pandémie est un canular, déplore un médecin.

Le docteur Ganesan Abbu, anesthésiste et médecin de l'unité de soins spéciaux de l’hôpital, situé à plus de 100 kilomètres au sud-ouest de Winnipeg, explique que la majorité des patients que l’établissement reçoit s’enferment dans un déni face à la pandémie et croient qu’il s'agit d’un canular.

Les deux communautés de Morden et Winkler, proches de l’hôpital, et les autres villes avoisinantes présentent d'ailleurs les taux de vaccination parmi les plus bas de la province.

Les malades de la COVID-19 qui ne sont pas vaccinés croient que la pandémie est une invention, explique le docteur Abbu.

Nous entendons cela presque tous les jours, et je sais que c'est surprenant, indique M.Abbu. 

C'est difficile de savoir que près de 100 % de nos patients n'ont pas été vaccinées, poursuit-il.

Je pense que les infirmières ont trouvé difficile de gérer une partie de la communauté, qui croit qu'il s'agit d'un canular, que le virus n'existe pas, et d'autres contrevérités, comme le fait que le vaccin va mettre une puce dans chacun de nous qui avons été vaccinés et que les gens seront capables de nous suivre , déplore le Dr Abbu.

Le Dr Ganesan Abbu souriant.

Le Dr Ganesan Abbu explique que le fait que les patients nient l'existence du coronavirus complique le travail du personnel infirmier qui fait déjà face à une augmentation du nombre de malades de la COVID-19 admis dans l'établissement

Photo : Ganesam Abbu

Le médecin informe que certains de ses patients, même proches de la mort, soutiennent toujours leur position.

 J'ai eu deux patients qui sont morts et qui, jusqu'au moment de leur décès, ne croyaient pas qu'ils avaient la maladie, souligne-t-il.

Ce n'est pas comme si nous essayions d'amener le patient à reconnaître qu'il a la COVID-19 avant de mourir. Ces patients sont tellement dans le déni qu'ils donnent volontairement cette information.

Des membres du personnel doivent également faire face à des membres de la famille qui pensent que leurs proches sont morts d'une autre cause que la COVID-19.

Il n'est pas rare que des personnes fassent fi des règles et entrent dans l'hôpital sans porter de masque non plus, constate le docteur Abbu.

Ils disent, "vous savez, c'est un canular." Nous entendons cela tout le temps.

Contexte sanitaire déjà difficile

L'hôpital a transformé deux de ses unités de médecine et de chirurgie en zones COVID-19, informe le Dr Abbu. Récemment, il a également connu une pénurie d'oxygène en raison du nombre croissant de patients COVID-19 placés sous ventilateur.

Affronter la perception de patients à propos de la pandémie et du vaccin en rajoute à un contexte sanitaire qui n’était pas aisé, alors que des infirmières doivent réaliser des heures supplémentaires face à l'augmentation du nombre de malades admis à l’hôpital.

Cela va à l'encontre des efforts des infirmières et du personnel soignant qui se donnent vraiment à fond pour aider la communauté dans le besoin.

Les réalités soulevées au Boundary Trails Health Centre font partie d’un problème plus vaste.

La région sanitaire du Sud affiche le plus faible taux d'acceptation des vaccins par région au Manitoba. Un peu plus de 40 % des personnes qui s'y trouvent ont reçu au moins une dose, soit environ 15 à 20 % de moins que dans les quatre autres régions.

Les autorités indiquent que les progrès constatés dans certaines localités demeurent lents. Vendredi, environ 12 % des habitants du district sanitaire de Stanley avaient reçu une dose, soit deux fois plus qu'il y a un mois.

Les responsables de la santé du Manitoba ont récemment dû faire équipe avec les chefs religieux et communautaires locaux pour tenter de stimuler l'adoption du vaccin. 

Selon eux, l'hésitation à se faire vacciner est liée à une méfiance de groupes à l'égard du gouvernement qui remonte à de nombreuses décennies. Cela inclut les groupes religieux qui ont subi des préjudices historiques de la part de gouvernements étrangers avant d'immigrer au Canada, y compris les communautés mennonites.

Avec les informations de Bryce Hoye

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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