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Nouveau sursis pour l'église du Très-Saint-Sacrement

La ministre de la Culture prolonge d'un an son avis d'intention de classement pour le bâtiment désacralisé.

L'église du Très-Saint-Sacrement avec un ruban danger.

L'église du Très-Saint-Sacrement est fermée.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Il faudra encore attendre avant de connaître le sort réservé à l'église du Très-Saint-Sacrement, à Québec. La ministre de la Culture, Nathalie Roy, vient de proroger d'un an son avis d'intention de classement du bâtiment, puisque « de nouvelles informations » ont été portées à son attention.

Selon le processus prévu au ministère de la Culture, la ministre aurait déjà dû trancher la question. Après le dépôt de son avis l'an dernier, elle avait jusqu'au 27 mai 2021 pour se prononcer et décider si l'immeuble serait classé officiellement au Registre du patrimoine culturel.

Or, Radio-Canada a appris que Nathalie Roy a plutôt décidé de prolonger sa réflexion. Son cabinet a indiqué cette semaine qu'il se donnait une année de plus pour décider si le bâtiment du chemin Sainte-Foy devait être protégé.

Selon son cabinet, de nouvelles informations ont été transmises à la ministre au cours des dernières semaines, justifiant de prendre du temps supplémentaire afin d'évaluer l'avenir de l'église. Son attaché de presse a refusé d'en dire davantage et ne s'est pas avancé sur le moment de la décision finale.

Il serait cependant surprenant, précise-t-on, que la totalité du délai soit utilisée.

L'église du Très-Saint-Sacrement, à Québec en réfection.

Des travaux de rénovation avaient été entamés après la chute de morceaux de parement de l'église, en 2017.

Photo : Radio-Canada / Carl Marchand

Classement contesté

L'église du Très-Saint-Sacrement est fermée au culte et désacralisée depuis 2019. Cette année-là, la paroisse Dina-Bélanger avait dû condamner le bâtiment d'urgence après avoir décelé des problèmes de structure menaçant la sécurité des usagers. Deux années auparavant, en 2017, des pierres du parement de l'église s'étaient effondrées, heureusement sans faire de blessé.

Dans la foulée, l'intention de l'Église catholique de Québec était de se départir de l'église et du terrain. Mais la ministre de la Culture, Nathalie Roy, a contrecarré les plans lorsqu'elle a déposé un avis d'intention de classement en mai 2020.

L'Église s'y était opposée farouchement et promettait de contester cette décision. Nous sommes très étonnés, très surpris, et jusqu'à un certain point, sous le choc. Cette église-là a eu de graves problèmes structurels. Nous allons nous opposer de toutes nos forces à cette déclaration comme monument historique, disait Marc Pelchat, prêtre à l'archidiocèse de Québec.

Cette position n'a pas changé, a-t-on affirmé au diocèse de Québec, samedi.

Intérieur de l'église du Très-Saint-Sacrement.

L'intérieur de l'église du Très-Saint-Sacrement lors d'une messe avant sa fermeture, en 2019.

Photo : Radio-Canada

Étude « rassurante »

La décision de la ministre Nathalie Roy est mieux accueillie au comité citoyen SOS Saint-Sacrement, qui défend l'église et son classement patrimonial depuis la fermeture. L'initiateur du mouvement et résident du quartier Saint-Sacrement, Louis Bélanger, y voit un nouveau sursis.

Ça va nous permettre de mieux travailler, d'attacher plus de ficelles, dit-il au sujet d'un projet de conversion communautaire mis de l'avant par le mouvement. SOS Très-Saint-Sacrement a en effet constitué un organisme à but non lucratif cet hiver, soit Espace communautaire Saint-Sacrement.

On souhaite créer un noyau d'activités suffisant pour générer des revenus de location. M. Bélanger soutient que plusieurs organismes du quartier, dont le centre des loisirs, manquent d'espace et pourraient profiter de la requalification de l'église.

Mme Roy en conférence de presse.

La ministre québécoise de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans la foulée, le mouvement a aussi payé pour une étude d'ingénierie afin d'évaluer la qualité de la structure de l'immeuble, jugée dangereuse par la paroisse Dina-Bélanger. Payé en grande partie par un budget débloqué par la ministre elle-même, le rapport indépendant réalisé par la firme EMS Ingénierie a été remis il y a deux semaines au gouvernement.

La conclusion est que c'est une étude qui est rassurante. La structure est en bon état, rapporte Louis Bélanger. Il ne nie pas que des problèmes sont connus et évidents concernant le parement de pierre. Toutefois, l'étude considère qu'il n'y a pas de raison apparente de démolir le bâtiment.

Louis Bélanger a tenu à saluer l'écoute de la ministre dans ce dossier.

Avec la collaboration d'Édith Hammond

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