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Jean Johnson aura de la concurrence à la présidence de la FCFA

Un homme devant des micros.

Jean Johnson, président de la FCFA en conférence de presse à Ottawa (Archives).

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

Benjamin Vachet

Le président sortant de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Jean Johnson, sera candidat à sa succession. Mais contrairement à deux ans auparavant, il ne sera pas le seul.

Élu pour la première fois en 2017 face à la présidente sortante Sylviane Lanthier, à l’issue d’un vote très serré, Jean Johnson avait été reconduit par acclamation en 2019.

Deux ans plus tard, il brigue de nouveau la présidence de l’organisme porte-parole des francophones en milieu minoritaire pour un troisième et dernier mandat, statuts et règlements obligent.

Il y a un gros travail qu’on a fait au niveau de la modernisation de la Loi sur les langues officielles et je souhaite vraiment apporter à bon port le projet final. On est en plein milieu d’une refonte de la gouvernance de la FCFA. Ce sont des dossiers qui m’interpellent beaucoup, explique-t-il.

Je trouve que ce n’est pas le meilleur moment pour moi de quitter.

Une citation de :Jean Johnson, président de la FCFA

Autres dossiers qu’il veut explorer, ceux de l’immigration, la planification du prochain plan d’action pour les langues officielles, mais aussi la nomination des juges francophones dans chaque province, à tous les niveaux.

On a besoin de s’assurer qu’on arrête de discuter qu’on n’a pas assez de juges fortement bilingues pour les nommer à la Cour suprême. On doit donc commencer à la base, dit-il.

Au moins une autre candidate

L’ancien président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) fera face à de la concurrence.

L’actuelle présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB), Padminee Chundunsing confirme ses intentions à Radio-Canada.

Je n’ai pas encore posé ma candidature, mais ça s’en vient la semaine prochaine, indique-t-elle. Je suis à mon troisième et dernier mandat à la FFCB. [...] Je veux continuer à m’investir dans la francophonie, mais à un autre niveau. [...] Je pense qu’avec mon expérience et mon parcours pendant ces 16 années dans la francophonie, je peux apporter un brin de fraîcheur.

Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique

Padminee Chundunsing, présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (Archives)

Photo : Radio-Canada

Parmi ses priorités, Mme Chundunsing cite, elle aussi, la modernisation de la loi, le prochain plan d’action et l’immigration francophone, mais elle veut aussi s’assurer de la cohésion entre les membres de la FCFA.

Il y a différentes personnes avec différentes opinions, ce serait bien de s’asseoir pour voir ce qu’on peut faire. Je ne peux pas faire des miracles, mais il faut évoluer et penser "hors de la boîte", dit celle qui se présente comme une présidente de proximité, une rassembleuse et qui juge que le fait d'avoir une personne issue de la diversité à la tête de la FCFA donnerait un bon exemple.

Avoir cette diversité à la FCFA, c’est un peu l’exemple qui vient d’en haut. Je pense que c’est quelque chose à considérer.

Une citation de :Padminee Chundunsing, présidente de la FFCB

Une autre candidature pourrait venir de l’autre côté du pays. L’ancienne présidente-directrice générale du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB), Liane Roy songe à se présenter.

La présidence de la FCFA est effectivement un ''poste'' intéressant avec de beaux défis. C'est une organisation qui joue un rôle incontournable dans la francophonie canadienne dans des dossiers prioritaires pour l'avenir des communautés. La mise en œuvre d'une Loi sur les langues officielles modernisée, l'utilisation des résultats du recensement 2021, la voix des communautés autant urbaines que rurales ne sont que quelques-uns des dossiers qui m'animent, mais je suis encore en réflexion pour l'instant. C'est une décision qui va demander un niveau d'effort très élevé, écrit, par courriel, celle qui a aussi occupé les postes de directrice générale de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et de présidente du conseil d'administration de la Société Nationale de l’Acadie (SNA).

Pour M. Johnson, avoir d'autres candidats est une bonne nouvelle.

La présidence n’est pas un dû. C’est à moi de travailler et de démontrer que mon leadership nous a apporté plusieurs résultats.

Les personnes intéressées ont jusqu’au lundi 7 juin pour poser leurs candidatures.

Quel bilan pour Jean Johnson?

Lors de sa première élection à la présidence, c’est le style direct, combatif et parfois même rentre-dedans qui avait convaincu les membres de la FCFA de confier les rênes de l’organisme à Jean Johnson.

Un style qu’il reconnaît volontiers, mais qui a aussi, selon plusieurs sources, érodé ses relations avec la ministre responsable des Langues officielles, Mélanie Joly.

J’apprécie beaucoup la relation que nous avons avec Mme Joly, car elle comprend le rôle qu’on joue et elle comprend qu’il y a des fois, on va faire des déclarations moins plaisantes, car on doit s’assurer d’avoir toujours l’attention du gouvernement, assure toutefois M. Johnson. Mais jamais dans nos déclarations nous n’avons fait d’attaques personnelles. On le fait dans le respect. Mais ma responsabilité, c’est de livrer les vrais messages. [...] Ça fait partie du jeu.

Le retard quant à la modernisation de la Loi sur les langues officielles, qui était sa priorité, pourrait également faire perdre des points à M. Johnson, alors que plusieurs s’impatientent.

Sa première adversaire déclarée à la présidence tempère toutefois.

Cela ne dépend pas de la FCFA ou de M. Johnson. Ça dépend du gouvernement, dit Mme Chundunsing. La FCFA a travaillé fort avec tous les membres. [...] M. Johnson a fait du bon travail [...] s’il est réélu à la présidence, je le supporterais jusqu’à la fin de mon mandat en novembre.

Rémi Léger, assis dans son bureau.

Rémi Léger, professeur de science politique à l’Université Simon Fraser (Archives)

Photo : Courtoise Rémi Léger

Professeur de science politique à l’Université Simon Fraser, à Vancouver, et spécialiste de la francophonie canadienne, Rémi Léger, abonde dans le même sens.

M. Johnson s’est fixé un objectif qu’il ne pouvait pas atteindre. C’est le gouvernement qui peut moderniser la loi, même si on peut aussi discuter de la stratégie de la FCFA là-dedans.

Pour M. Léger, M. Johnson aura permis à l’organisme d’avoir un objectif clair.

C’est en partie grâce à son style fonceur que la FCFA a réussi à mettre la modernisation de la Loi sur les langues officielles à l’agenda politique, même si c’est un style qui gruge les gens et qui n’est peut-être pas partagé par tout le monde en francophonie, où c’est parfois plus consensuel.

Avec lui, la FCFA a réussi à mettre la modernisation de la Loi sur les langues officielles sur l’agenda politique, ce n’est pas rien.

Une citation de :Rémi Léger, professeur de science politique à l’Université Simon Fraser

Le politologue concède toutefois que la volonté de faire avancer ce dossier a peut-être eu pour conséquence de délaisser certains autres enjeux, comme l’Immigration ou l’économie.

C’est la force et la faiblesse de sa présidence, conclut M. Léger.

Pour sa part, M. Johnson se dit très fier de son bilan.

Il reste encore beaucoup, mais on a fait beaucoup, dit-il.

Les élections à la présidence de la FCFA auront lieu le 26 juin prochain.

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