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Ils ont ouvert un restaurant pendant la pandémie

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Après des mois à ne proposer que des plats à emporter et des livraisons, de nombreux restaurants s'adaptent à leur réouverture (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Marwa Siam-Abdou

Les restaurateurs se préparent à la 1re étape du déconfinement de l'Ontario, qui leur permettra d'ouvrir leur terrasse de façon limitée.

Si certains retrouveront leurs clients, d'autres s'apprêtent à permettre à des clients de manger dans leur nouvel établissement pour la première fois.

Portrait de quatre restaurateurs qui ont ouvert leur établissement pendant la pandémie et qui nous parlent des défis de faire leurs premiers pas dans un climat économique imprévisible.

Il est avec une boîte aux couleurs du restaurant qui contient de la nourriture.

Amr Elmazariky

Photo : Tut's

Tut’s Egyptian Street Food se spécialise dans la cuisine de rue égyptienne. Les sandwiches populaires en Égypte sont offerts dans deux endroits : un restaurant situé dans le quartier de King West ainsi qu’à un camion-restaurant dans le marché Street Eats de Scarborough, dans l’est de Toronto.

un camion-restaurant dans la rue

Tut's, un restaurant qui se spécialise dans la cuisine de rue égyptienne, a ouvert un camion-restaurant en avril.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Amr Elmazariky

Amr Elmazariky, un des partenaires et gérants de Tut’s, souligne que la pandémie a entraîné plusieurs délais et des difficultés à obtenir des permis dans les mois précédant l’ouverture. Le restaurant a vu le jour en août 2020, quatre mois plus tard que prévu, et le camion ouvert en avril 2021.

Notre restaurant est né pendant la pandémie. Nous n’avons pas vécu l’expérience d'une situation stable, mais on a été très chanceux, on a des clients réguliers qui commandent chez nous et nous avons pu attirer l’attention de plusieurs blogueurs de Toronto.

Une citation de :Amr Elmazariky, gérant et co-propriétaire de Tut's Egyptian Street Food

Le restaurant a pu également s’adapter plus facilement que d’autres aux restrictions liées à la COVID-19. Pendant les périodes de confinement, certains restaurateurs qui se fiaient autrefois à la circulation des piétons ont dû offrir un service de livraison pour mieux retenir la clientèle.

Des sandwiches dans une boîte blanche

Plusieurs restaurants ontariens offrent un service de livraison pour retenir la clientèle pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Amr Elmazariky

L’emballage de la nourriture de Tut's était déjà facile à emporter à livrer, et donc la transition vers un service de livraison était simple. On aurait voulu que les clients profitent de notre atmosphère vibrante, mais au moins nous pouvons livrer une partie de l’expérience culinaire à leurs domiciles, dit-il.

Les réseaux sociaux à la rescousse

Tut's s’est fié principalement sur les réseaux sociaux pour attirer sa clientèle. Instagram a été très important pour la promotion de son commerce, explique M. Elmazariky : Les réseaux sociaux étaient notre plus importante stratégie, il n’aurait pas été possible de rejoindre autant de clients pendant cette pandémie.

Le restaurant et le camion demandent beaucoup de préparation et de planification logistique et il est toujours très difficile de prédire les commandes et la rentabilité quotidienne, précise-t-il. Pendant la pandémie, il trouve que la clientèle peut changer du jour au lendemain.

Image de l'intérieur d'une restaurant vide

En raison de la COVID-19, plusieurs restaurants qui n'ont pas de terrasse ont dû changer leur modèle d'affaires afin de retenir une clientèle.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Amr Elmazariky

Avec la réouverture de certains commerces, les propriétaires de Tut’s espèrent rejoindre le plus de clients possible et mieux promouvoir l’expérience culinaire authentique.

C’est très difficile d'offrir l'expérience de la cuisine de rue quand les rassemblements ne sont pas permis, mais pour l’instant, on fait de notre mieux, dit-il.

La livraison de Ramen

Aoi Yoshida, qui est propriétaire de restaurant pour la première fois, explique qu’elle a dû changer ses stratégies de vente, car elle ne comptait pas initialement offrir un service de livraison. Les nouilles se mangent traditionnellement à table directement après avoir été cuites, souligne-t-elle, ce n’est pas un repas qui s’adapte facilement pour la livraison.

Un bol de nouilles

Plusieurs restaurateurs de Toronto ont du mal à s'adapter à un service de livraison.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Aoi Yoshida

Son restaurant, Musoshin, se spécialise dans les nouilles Ramen et les desserts japonais. Il a ouvert ses portes en octobre  2020, quelques semaines à peine avant la mise en confinement de la région de Toronto le 23 novembre qui a entraîné la fermeture des salles à manger intérieures.

Mme Yoshida explique que les températures plus froides à la fin de 2020 ne lui ont pas permis d’utiliser la terrasse du restaurant très souvent. Elle espère cependant profiter de son espace extérieur avec l'assouplissement des restrictions.

un gâteau japonais

Pour certains restaurants, les repas ne sont pas conçus pour l'emballage et la livraison.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Aoi Yoshida

Ça a été très difficile de changer mon modèle d'affaires en fonction des règles de la province, explique Mme Yoshida, mon restaurant a une capacité de 20 personnes, il est donc déjà très petit, et avec les nouvelles règles, j’aurai sûrement besoin de limiter le nombre de clients à l'intérieur.

Elle espère en apprendre davantage sur la gestion d’entreprise au cours des prochains mois, car son expérience se limite à la pandémie.

Pour moi, la pandémie c’est la situation normale, je ne sais pas encore à quoi m’attendre, ajoute-t-elle.

Jamais ouvert

Le nouveau restaurant d'Israa Ali dans Kensington Market, Eat Nabati, n’a jamais pu ouvrir ses portes de façon officielle.

Elle est dans une cuisine et pose pour la photo les bras croisés.

Israa Ali

Photo : Tamer Shazli

Israa souligne que la situation imprévisible des restrictions ne lui permet pas d’assurer un revenu fixe.

On a rénové le restaurant afin d’avoir une terrasse et on l’a ouvert pendant deux semaines seulement. Les restrictions ont ensuite limité notre clientèle. Maintenant, on utilise principalement les services de livraison qui exigent une commission de 30 %, on a donc plus de ventes, mais moins de revenus.

Une citation de :Israa Ali, propriétaire de Eat Nabati

Elle indique que sa décision d’ouvrir ce restaurant dans Kensington Market visait surtout à attirer les piétons. L’été est une période importante pour les ventes dans ce quartier en raison de la circulation et l'affluence des commerces avoisinants permet souvent de rediriger les clients vers les restaurants.

L'entrée d'un restaurant de Toronto

Eat Nabati est un des quelques restaurants torontois se spécialisant en cuisine végane du Moyen-Orient.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Israa Ali

On est un service important pour les clients qui circulent dans Kensington Market pendant la journée. Avec le confinement et la fermeture des commerces, notre restaurant ne fonctionne plus de la même façon, ajoute-t-elle.

Avec la réouverture progressive et la progression de la vaccination, Israa compte ramener des idées qu’elle n’a pas pu mettre en place au cours des derniers mois, comme celles d'offrir des échantillons de nourriture, d'organiser des barbecues, d'offrir des performances musicales et de favoriser des collaborations avec les autres commerces du quartier.

Un repas du Moyen-Orient

En raison des restrictions de la province, de nombreux restaurateurs torontois ne peuvent plus offrir une expérience culturelle complète.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Israa Ali

Notre modèle d'affaires était très axé sur l’événementiel, on voulait créer une communauté. J’espère pouvoir présenter mon menu et me déplacer davantage dans la grande région de Toronto.

Des retards

C’est compliqué de livrer des plats qui ne sont pas très connus, soupire Tamara Pkhakadzi, une des gérantes de Tiflisi.

Table et chaises dans un nouveau restaurant

Plusieurs restaurants torontois n'ont pas pu ouvrir leurs portes à la clientèle dans les derniers mois.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Tamara Pkhakadzi

Le restaurant de famille se spécialise dans la nourriture géorgienne.

Notre nourriture n’est connue qu’en Russie et en Ukraine et on a voulu la populariser ici, mais c’est compliqué de livrer des plats qui ne sont pas très connus, dit-elle.

La famille de Tamara Pkhakadzi possède deux restaurants en Ukraine et a voulu en ouvrir un à Toronto.

Tiflisi a ouvert ses portes à la mi-avril, cinq mois plus tard que prévu. Mme Pkhakadzi explique que plusieurs décorations devaient être livrées de la Géorgie et que les délais de livraison ont retardé l'ouverture prévue à la fin de 2020.

Selon elle, les restrictions de la COVID-19 sont inquiétantes, mais les changements des règles permettront aux commerces de reprendre certaines activités et d'attirer plus de clients.

Nous avons choisi le quartier des Beaches pour sa population urbaine et son multiculturalisme, dit-elle. Une fois que les restrictions seront levées, nous allons commencer à servir des boissons et des vins géorgiens spéciaux. On aura aussi des musiciens géorgiens dans le restaurant, ça complétera vraiment l’expérience culturelle de Tiflisi.

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