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Des secrets nucléaires dans des fiches de révision de soldats américains

Un soldat armé devant le Capitole.

Un soldat devant le Capitole, à Washington

Photo : Reuters / Brandon Bell

Agence France-Presse

Des soldats américains qui révisaient leurs connaissances en ligne ont révélé des secrets nucléaires, selon une enquête publiée vendredi par le site d'investigation Bellingcat qui a pu localiser précisément les bombes thermonucléaires américaines stockées en Europe.

Les soldats américains en charge de l'arsenal nucléaire en Europe sont régulièrement soumis à des questionnaires de sécurité longs et détaillés, ce qui les oblige à apprendre par cœur un grand nombre d'informations et d'acronymes.

En cherchant au moyen de Google des acronymes utilisés par l'armée américaine associés au nom de bases militaires européennes connues pour abriter des missiles nucléaires (même si le gouvernement local ne l'a jamais reconnu), Bellingcat a découvert des fiches de révision en ligne divulguant l'emplacement exact des missiles, et même s'ils étaient actifs, c'est-à-dire s'ils étaient bien armés de têtes nucléaires.

Par exemple, sur des bases où sont stockés des missiles nucléaires aéroportés B61, les hangars à avions (PAS, selon l'acronyme anglais) sont équipés de systèmes de sécurisation des armements (WS3) et d'une armature en béton (vault) qui peut abriter quatre bombes thermonucléaires B61, explique l'auteur de l'article de Bellingcat, Foeke Postma.

Des applications gratuites

En tapant dans la boîte de recherche de Google « PAS », « WS3 » et « vault » en même temps que le nom d'une base militaire connue pour abriter des armements nucléaires, le journaliste est tombé sur des applications gratuites de fiches de révision destinées aux étudiants, comme Chegg, Quizlet et Cram.

Le gouvernement néerlandais n'a jamais reconnu officiellement que la base aérienne de Volkel, dans le sud-est du pays, abritait des armes nucléaires, mais Bellingcat a trouvé sur Chegg 70 fiches de révision sur cette base. On y découvre qu'il y a 11 armatures de protection à Volkel, dont cinq sont chaudes (armées) et six froides.

Une autre série de fiches de révision trouvées sur l'application Cram révèle que sur la base militaire d'Aviano, en Italie, l'armature 27 de la zone Tango Loop abrite un missile froid. Pire, un soldat a inscrit sur une de ces fiches en ligne les mots de passe et noms d'utilisateurs nécessaires pour désactiver les systèmes de sécurisation WS3.

Toutes les bases européennes

Nous avons aussi pu trouver des détails sur [...] toutes les autres bases européennes qui sont connues pour abriter des armes nucléaires : Incirlik (Turquie), Ghedi (Italie), Büchel (Allemagne) et Kleine Brogel (Belgique), note le site d'investigation connu pour avoir démasqué des agents du GRU, le renseignement militaire russe, et documenté l'usage d'armes chimiques par le gouvernement syrien.

Ces fiches remontent à 2012, et la plus récente a été mise en ligne en avril 2021, indique Foeke Postma, qui précise avoir tenté sans succès d'obtenir une réaction de l'Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), du Pentagone et du commandement européen de l'armée américaine (Eucom) pour son article. Les fiches de révision ont été retirées des applications peu après ses demandes de réactions.

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