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Émilise Lessard-Therrien presse le gouvernement de présenter un plan pour la crise du logement

Émilise Lessard-Therrien donnant un discours devant les résidences du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue à Rouyn-Noranda.

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue demande au gouvernement un plan pour affronter la crise du logement en Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, interpelle le ministre Pierre Dufour et réclame qu'il reconnaisse la crise du logement en Abitibi-Témiscamingue et qu'il présente un plan pour la résoudre.

En conférence de presse vendredi matin, Émilise Lessard-Therrien a insisté sur le lien entre la crise du logement et le manque de travailleurs dans le réseau de la santé de la région.

On sait que l’on vit une crise dans le réseau de la santé en ce moment à cause de la pénurie de main-d'œuvre. Comment est-ce qu’on veut penser résorber la crise dans le réseau de la santé si on n’est pas capable de loger les travailleurs et travailleuses qui vont venir prêter main-forte dans notre réseau? lance-t-elle.

Stéphane Grenier, professeur en travail social à l’UQAT et spécialiste de la recherche sur le logement en région, était également présent. Il rapporte avoir envoyé un courriel au ministre Dufour il y a quelques semaines, après que la ministre Laforest ait affirmé qu’une crise du logement ne sévit pas présentement.

Un courriel pour lequel je lui demandais de poser la question à sa collègue en chambre pour un peu la raviser sur le fait, mais je n’ai pas eu de réponse à mon courriel. Puis je n’ai pas vu de question en chambre posée à la ministre Laforest. Donc c’est important pour moi de reprendre la parole aujourd’hui pour être entendu, affirme Stéphane Grenier.

Stéphane Grenier pose dans la rue.

Stéphane Grenier, professeur en travail social à l’UQAT et spécialiste de la recherche sur le logement en région

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Le ministre Dufour n’était pas disponible pour une entrevue aujourd’hui. Le bureau du ministre a répondu par courriel à notre demande, mentionnant que M. Dufour est en lien étroit avec la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation concernant le manque de logements. Il ajoute qu’ils explorent des pistes de solutions et que des mesures seront annoncées sous peu pour soutenir les citoyens dans la recherche d'un logement.

Louer des chambres aux travailleurs

Des pratiques illégales particulièrement récurrentes dans des régions comme l’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec et la Côte-Nord jouent un rôle dans la crise du logement, selon Stéphane Grenier. 

Il mentionne l’impact des allers-retours et du navettage (drive-in drive-out et fly-in fly-out), qui incitent des propriétaires à retirer des appartements du marché locatif pour les louer à des travailleurs qui résident en région quelques semaines puis retournent dans les grands centres.

Pour les travailleurs de l’extérieur, c’est un bon coup parce qu’ils paient un peu moins cher qu’un appartement sur une année, mais le propriétaire, ça lui permet de charger beaucoup plus cher sur chacun des baux. Il obtient beaucoup plus pour sa location. Je ne veux pas taper sur les doigts, c'est de la débrouille, comme on dit, mais ça demeure des pratiques illégales. Et quand ça tourne mal, ça tourne mal et c'est souvent en défaveur des locataires que ça tourne mal, souligne-t-il.

Émilise Lessard-Therrien et Stéphane Grenier.

Émilise Lessard-Therrien et Stéphane Grenier

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Un éventail de solutions

Québec solidaire propose plusieurs mesures pour diminuer l’impact de la crise du logement, notamment : une réforme du programme AccèsLogis, construire davantage de logements sociaux, une bonification de l’aide financière aux étudiants qui ne résident pas chez leurs parents et de rendre le coût des loyers public.

La députée Lessard-Therrien souligne aussi que le prix élevé des matériaux de construction exacerbe la crise, et suggère de diminuer l’exportation du bois vers les États-Unis.

Est-ce qu’on ne peut pas répondre à nos besoins d’abord, comme on le fait avec l’hydroélectricité? Avant d’en exporter, on s’assure que tout le monde est capable d’allumer la lumière chez eux. Est-ce qu’on peut s'assurer que tout le monde ait un toit sur la tête avant d’envoyer nos matériaux de construction de l’autre côté de la frontière? demande-t-elle.

La ministre des Affaires municipales et de l'Habitation, Andrée Laforest, n’était pas disponible non plus pour une entrevue.

Par courriel, l’attachée de presse de la ministre a indiqué que la ministre est sensible aux besoins en habitation criants dans plusieurs régions du Québec, ajoutant que 54 logements abordables ont été construits en Abitibi-Témiscamingue et que plus de 100 autres seront offerts prochainement.

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