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Vivre avec la transidentité de son enfant

Un jeune garçon et sa mère assis sur des chaises dehors sur un balcon.

À l'âge de 14 ans, le jeune Gatinois Alex Malette a annoncé à sa mère, Anne-Marie Charron, qu'il désirait entamer une transition de genre pour être ce qu'il a toujours voulu : un garçon.

Photo : Radio-Canada / Jhade Montpetit

Le jeune Gatinois Alex Malette sait depuis longtemps qu’il est un garçon. C’est toutefois à l’âge de 14 ans qu’il annonce à ses parents que le corps féminin dans lequel il vit depuis sa naissance n'est pas le sien.

J’ai commencé à y penser en quatrième année, que je n’étais pas vraiment qui j’étais, mais c’est vraiment en secondaire deux que j’ai su, se souvient l’adolescent, aujourd’hui âgé de 16 ans.

À l’époque, ces questionnements par rapport à son identité suscitent chez lui beaucoup d’anxiété.

Je ne me regardais pas dans le miroir. Je prenais des douches dans le noir. Il ne fallait pas que je me voie.

Une citation de :Alex Malette, adolescent trans

Puis, un soir, c’en est assez : il décide de se libérer de ce poids et de discuter ouvertement de ce qu'il vit et ressent avec sa mère.

Je l’avais vu venir, mais je pense que [...], en tant que parent, tu ne veux pas que ton enfant soit différent, qu’il se fasse écœurer à l'école. J’avais peur de la suite, [de ce qu’allait] être sa vie, raconte sa maman, Anne-Marie Charron.

Conflit, choc et incompréhension : cette nouvelle déclenche un tourbillon d’émotions au sein de la famille. Après de longues discussions, Alex finit toutefois par entamer sa transition, accompagné de ses parents et de sa sœur.

Ç’a été un bouleversement, mais on a pris le temps de jaser. Je vais toujours m’en rappeler, [quand] Alex m’a dit : "Maman, je mets un masque tous les jours [...], parce qu’au fond de moi, je ne suis pas une fille." Et on a embarqué tranquillement dans l’aventure avec notre enfant, explique Anne-Marie.

Un mélange d’émotions

Pour la mère de famille, accueillir son garçon signifie aussi dire au revoir à sa fille. C’est un deuil très particulier. Ce n’est pas un deuil où on perd : j’ai laissé aller ma fille pour accueillir mon gars, dit-elle. J’ai fait le deuil d’un enfant vivant, qui se transforme. C’est dur à comprendre.

Au cours de la première année de transition, elle navigue entre tristesse, déni et nostalgie, bien qu’elle accepte de mieux en mieux la nouvelle.

Ma fille, je l’avais imaginée plus tard, comme on fait, tous les parents [...]. Un moment donné, j’ai compris que ma fille, elle, son avenir, c’est dans son identité garçon. Il va cheminer là-dedans et faire sa vie, mais il sera beaucoup plus heureux, beaucoup plus authentique.

Une citation de :Anne-Marie Charron, maman d’Alex

Ces sentiments contradictoires, Alex les vit, lui aussi. À la fois libéré et soulagé, il ne peut pas s’empêcher d’éprouver de la colère et du chagrin devant la réaction conflictuelle de ses parents.

Je savais que je venais de faire vivre une peine d’amour à ma mère. Ça fait mal de voir que, à cause de qui tu es, tes parents sont brisés. Ça frappe très fort, déclare-t-il. C’était beaucoup d’émotions en même temps, mais on est passé au travers.

Avoir confiance en l’avenir

Trois ans plus tard, ses parents saluent le courage et la résilience d’Alex. Bien que la route soit parfois parsemée d’embûches, Anne-Marie entrevoit l’avenir de son fils avec beaucoup d’espoir.

J’ai décidé de faire confiance à la vie et de faire confiance à Alex. Je me suis dit [que] s’il a la force de prendre son courage à deux mains et dire : "Maman, je suis un garçon", il a toutes les facultés pour réaliser sa vie à sa façon, affirme cette dernière.

Aujourd’hui, je salue cette différence-là. Je trouve ça beau d’être différent et de s’assumer. Je trouve qu’il nous a fait beaucoup, beaucoup grandir là-dedans, dans cette ouverture-là. C’est un humain extraordinaire.

Une citation de :Anne-Marie Charron, maman d’Alex

Quant à Alex, il sait que le trajet est encore long avant qu’il n’y ait plus aucune discrimination envers les membres de la communauté LGBTQ+. Mais il espère que son histoire puisse contribuer à paver la route pour ceux qui passeront par ce même chemin dans les prochaines années.

On est au début. J’aimerais que les gens comprennent plus [que] si tu t’ouvres, il y a beaucoup de belles choses à apprendre de tout le monde. Une pensée peut toujours s’élargir, conclut l’adolescent.

Avec les informations de Jhade Montpetit

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