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Biden veut « réinventer » l'économie américaine avec un ambitieux budget 2022

Joe Biden lors d'un discours.

Le président américain souhaite adopter plusieurs réformes économiques dans le cadre de son budget, y compris une hausse des impôts des plus fortunés.

Photo : Reuters / Ken Cedeno

Agence France-Presse

Joe Biden ambitionne de « réinventer » l'économie américaine, avec un projet de budget pour 2022 de 6000 milliards de dollars dont les priorités prennent le contre-pied de celles de Donald Trump et dont les dépenses feraient gonfler la dette du pays à un niveau jamais vu.

Éducation, santé, infrastructures, changements climatiques : les priorités dévoilées dans le premier projet de budget présenté par le président américain, dont les grandes lignes avaient été annoncées début avril, sont dans la veine de ses promesses de campagne.

Cependant, il reviendra aux élus du Congrès d'adopter ou non ces dépenses et ces réformes. Et la majorité démocrate de Joe Biden est si étroite qu'il ne peut se permettre quasiment aucune défection.

Le président a appelé, dans un message adressé au Congrès, à saisir le moment pour réinventer et reconstruire une nouvelle économie américaine qui investit dans la promesse et le potentiel de chaque Américain.

L'édifice du Capitole à Washington sous un ciel gris.

Les membres du Congrès américain doivent voter sur le projet de budget du président Joe Biden.

Photo : Associated Press / Susan Walsh

La COVID-19 a plongé les États-Unis dans une crise économique sérieuse, et, si le pays commence à se redresser, il est encore loin des niveaux d'avant la pandémie.

Joe Biden propose ainsi 6000 milliards de dollars de dépenses pour l'exercice fiscal 2022, un montant très élevé, moins toutefois que ce que le gouvernement fédéral a dû décaisser en 2020 et en 2021 à cause des dépenses faramineuses liées à la pandémie de COVID-19.

À titre de comparaison, le budget 2020 présenté par Donald Trump en 2019 prévoyait 4700 milliards de dollars de dépenses.

Le président américain entend augmenter considérablement les montants alloués aux investissements dans l'éducation, la santé et les infrastructures. Le budget consacré à la défense augmente légèrement, à 756 milliards de dollars.

Il veut aussi permettre aux États-Unis de surpasser leurs rivaux, à commencer par la Chine. En effet, s'il est un terrain sur lequel le président s'inscrit dans les pas de Donald Trump, c'est bien celui de la compétition commerciale avec l'empire du Milieu.

Investissements en santé, en éducation et dans les infrastructures

Les républicains, traditionnellement partisans de l'orthodoxie budgétaire, ont dénoncé une proposition imprudente et irresponsable, selon le chef des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy.

Kevin McCarthy affiche un air sérieux.

Kevin McCarthy est le leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Elle noierait les familles américaines dans la dette, les déficits et l'inflation, promet même son homologue au Sénat, Mitch McConnell.

Toutes ces dépenses risquent en effet de faire grimper l'endettement, qui devrait atteindre 111,8 % du produit intérieur brut en 2022 et 117 % en 2031.

Pendant trop longtemps, l'austérité auto-infligée a été confondue avec la responsabilité budgétaire, au détriment des familles américaines et de l'économie de notre nation, a au contraire réagi John Yarmuth, président démocrate de la commission du budget de la Chambre des représentants.

Joe Biden assure par ailleurs que les investissements seront, à terme, graduellement compensés par les économies réalisées et par les recettes supplémentaires.

Hausses d'impôts à venir

Comme promis, il veut en effet augmenter les impôts pour les Américains les plus riches et pour les grosses entreprises, impôts qui vont plus que doubler dans les dix années à venir.

Il lui faudra toutefois déployer des trésors de persuasion pour convaincre les républicains de voter cette réforme, qui détricoterait les baisses d'impôts mises en place par Donald Trump.

L'administration compte aussi profiter des taux d'intérêt historiquement bas pour financer son budget sans pour autant alourdir la dette du pays avec trop d'intérêts à rembourser.

Ne pas réaliser ces investissements à un moment où les coûts d'intérêt sont aussi bas serait une occasion historique manquée, a relevé Shalanda Young, directrice du bureau chargé du budget à la Maison-Blanche (OMB), lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Shalanda Young est assise à une table et parle dans un micro.

Shalanda Young est directrice du bureau chargé du budget à la Maison-Blanche.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

À l'instar de Donald Trump, Joe Biden fonde également son budget sur des perspectives de croissance très optimistes : +6,2 % en 2022, +4,2 % en 2023 puis 3,8 % à 4 % entre 2024 et 2031, soit quasiment le double de ce que prévoit la Banque centrale américaine (Fed).

L'Amérique ne peut pas se permettre de simplement revenir à la situation d'avant la pandémie [...] avec les faiblesses structurelles et les inégalités de l'ancienne économie, a encore averti le président.

Création d'emplois

Pour cela, il compte sur deux plans d'investissements : un premier, pour les familles américaines, de 1800 milliards de dollars sur 10 ans, et un second, sur les infrastructures, objet d'âpres négociations entre l'administration et l'opposition.

Les sénateurs républicains proposent 928 milliards de dollars sur huit ans, contre 1700 milliards pour les démocrates.

Le budget de la Maison-Blanche marque généralement le début du processus interminable qui mène au financement du gouvernement. En cas de désaccord des deux partis sur le projet de loi, l'administration fédérale pourrait être contrainte de fermer : ce serait la paralysie de l'État.

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