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Les républicains bloquent une commission d'enquête sur l'assaut du Capitole

Vue d'ensemble de l'extérieur du Capitole, devant lequel des milliers de personnes sont réunies.

Le 6 janvier, des partisans de Donald Trump ont fait intrusion dans le Capitole au moment où le Congrès débattait de la certification de la victoire de Joe Biden.

Photo : afp via getty images / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Agence France-Presse

Les républicains ont bloqué vendredi la création d'une commission d'enquête indépendante sur l'assaut du Capitole, le 6 janvier, par des partisans de Donald Trump, en affirmant que les investigations policières et parlementaires déjà en cours suffisaient.

Des manifestants pro-Trump forçant l'entrée du vénérable Capitole, les élus fuyant l'arrivée des émeutiers, des membres armés de la sécurité tentant de protéger l'hémicycle et plusieurs morts...

Malgré le profond traumatisme provoqué par le violent assaut du siège du pouvoir parlementaire américain, démocrates et républicains n'ont pas pu parvenir vendredi à un consensus sur une commission d'enquête indépendante.

Un échec symbole des profondes divisions qui tiraillent toujours les États-Unis, près de cinq mois après l'attaque du 6 janvier, et de la profonde influence qu'exerce encore l'ex-président républicain sur son camp.

Les Américains sont plus enclins à se rassembler, selon moi, que le Congrès et les élus, a déclaré Joe Biden vendredi.

Il fallait dix voix républicaines ajoutées aux 50 démocrates pour franchir un vote de procédure et parvenir ensuite au vote final sur sa création, déjà approuvée par la Chambre des représentants.

Toutefois, seuls six républicains ont voté pour la création de la commission : Bill Cassidy, Susan Collins, Lisa Murkowski, Rob Portman, Mitt Romney et Ben Sasse.

Des enquêtes, mais pas de commission

Les autres, derrière leur chef de file au Sénat Mitch McConnell, voyaient dans cette commission un exercice purement politique qui n'ajouterait rien aux enquêtes de police déjà en cours, avec près de 450 arrestations.

Le 19 mai, seuls 35 des 211 républicains de la Chambre des représentants avaient voté pour.

Mitch McConnell devant un drapeau américain.

Le leader républicain au Sénat, Mitch McConnell.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Pourtant, rétorquaient ses défenseurs, la commission, soutenue par Joe Biden, aurait compris cinq membres choisis par les démocrates et cinq autres choisis par les républicains, sur le modèle exact de celle créée après les événements du 11 septembre 2001, qui avait bénéficié d'un fort soutien dans les deux camps.

Mais, la donne est bien différente et l'Amérique très divisée après quatre ans de mandat de Donald Trump. Car c'est bien lui qui se retrouve au cœur des débats et derrière les réticences républicaines.

[De quoi les républicains] ont-ils peur? De la vérité? Avez-vous peur que le grand mensonge de Donald Trump soit démenti?

Une citation de :Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer

La part de Trump

Le milliardaire n'a jamais concédé explicitement sa défaite à la présidentielle du 3 novembre 2020.

Plus de quatre mois après avoir quitté la Maison-Blanche, le 20 janvier, il continue d'affirmer que le scrutin lui a été volé, malgré l'échec de tous ses recours en justice pour dénoncer des fraudes massives.

Arrêtez le vol! : C'est justement sous ce mot d'ordre que des milliers de ses partisans s'étaient rassemblés devant la Maison-Blanche le 6 janvier. Plusieurs centaines avaient ensuite forcé l'entrée du Capitole, où les parlementaires certifiaient la victoire de son rival Joe Biden.

Devant un micro, Donald Trump pointe son doigt devant lui.

Juste avant l'invasion du Capitole, le président américain Donald Trump a participé mercredi à Washington à un rassemblement pour contester la certification des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020 par le Congrès.

Photo : Reuters / Jim Bourg

Juste avant, le président sortant leur avait lancé : Battez-vous comme des diables.

Pour les démocrates, pas de doute : Donald Trump a allumé la mèche des violences.

Accusé d'incitation à l'insurrection par la Chambre des représentants, l'ancien président Donald Trump avait été acquitté en février à l'issue d'un procès au Sénat, faute de voix suffisantes chez les républicains.

Les chefs de son parti au Congrès avaient toutefois souligné la responsabilité de l'ex-président dans l'attaque, tout en martelant que le Sénat n'était pas compétent pour le juger.

Les élections de mi-mandat en ligne de mire

La plupart des élus républicains sont désormais déterminés à tourner la page, avec un objectif en vue : les élections parlementaires de mi-mandat de novembre 2022. Ils espèrent reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès à cette occasion.

Pour Calvin Jillson, professeur de sciences politiques à l'Université Southern Methodist de Dallas, les chefs du Grand Old Party ont fait un pari :

Assumer aujourd'hui l'avalanche de critiques provoquée par leur blocage de cette commission indépendante plutôt que d'avoir à répondre aux conclusions potentiellement embarrassantes de son rapport, prévu d'ici le 31 décembre et qui deviendrait donc le centre d'attention début 2022, lorsque la longue campagne des élections de mi-mandat se sera ébranlée.

D'autre part, ils craignent de [s]'aliéner la base [d'électeurs] de Donald Trump s'ils sont trop proactifs dans l'examen des événements de janvier, renchérit Capri Cafaro, enseignante à l'American University et ancienne élue démocrate de l'Ohio.

Interrogé sur la commission cette semaine, Mitch McConnell avait admis ses visées électorales.

Nous pensons que les Américains veulent aller de l'avant. Et à l'automne 2022, ils doivent se concentrer sur ce que cette administration [celle de Joe Biden] fait au pays.

Une citation de :Mitch McConnell, leader républicain au Sénat

Favorable à la création d'une commission, Lisa Murkowski s'est, elle, indignée jeudi soir devant des journalistes de la décision de ses chefs de s'intéresser aux gains politiques à court terme plutôt que de reconnaître ce qu'il s'est passé le 6 janvier.

On ne se soucie vraiment que de cela? D'un cycle électoral après l'autre?, a-t-elle conclu.

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